Il aura fallu plus de trois mois pour qu'un accord intervienne entre le gouvernement et Lufthansa Group, la maison mère de Brussels Airlines. L'Etat belge prêtera 290 millions d'euros, remboursable sur six ans, Lufthansa injectera 170 millions d'euros dans sa filiale belge. L'accord paraît aussi équilibré que possible, compte tenu de la situation.
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Il aura fallu plus de trois mois pour qu'un accord intervienne entre le gouvernement et Lufthansa Group, la maison mère de Brussels Airlines. L'Etat belge prêtera 290 millions d'euros, remboursable sur six ans, Lufthansa injectera 170 millions d'euros dans sa filiale belge. L'accord paraît aussi équilibré que possible, compte tenu de la situation. L'Etat belge n'a pas obtenu de participation mais deux postes d'administrateurs pour suivre les engagements de Lufthansa sur le maintien de Brussels Airlines en Belgique, sa relance et s'assurer que l'argent prêté sera utilisé uniquement pour la compagnie belge. L'emprunt et les engagements de Lufthansa sont garantis par les actions de la compagnie belge. Les négociations ont été longues et rudes. Lufthansa Group, dirigé par le bouillant Carsten Spohr, ne voulait pas voir le gouvernement belge mettre son nez dans la gestion de Brussels Airlines et en détenir des actions. Il préférait un subside et restructurer la filiale. Lufthansa s'est montré distant avec la Belgique en jouant sur la faible importance de Brussels Airlines dans ses comptes, malgré son réseau africain : à peine quelques pour cent des ventes du groupe et rien en dividende. Alexander De Croo, vice-Premier ministre en charge du dossier, a tenu bon. Ancien consultant du Boston Consulting Group, porteur d'un MBA, il ne s'est pas laissé intimider mais n'a pas été jusqu'à nationaliser l'entreprise, comme l'a fait le Portugal avec TAP. Le gouvernement belge n'était pas pressé. Il ne voulait rien signer avant que le groupe Lufthansa, lui-même en difficulté, n'ait obtenu une aide de l'Etat allemand, ce qui n'a été réalisé qu'à la mi-juin, à hauteur de 9 milliards d'euros. Pendant ce temps, Dieter Vranckx, le CEO de Brussels Airlines, négociait une restructuration avec les syndicats. Avec une réduction d'effectifs de l'équivalent d'un millier de salariés (sur environ 4.200), notamment sous forme de départs volontaires et de partage du temps de travail. La mise en oeuvre, presque achevée, devrait déboucher sur environ 300 départs contraints. La flotte, qui comportait 54 avions, sera réduite de 30%. Le plan vise au break-even en 2021 ou 2022, et une rentabilité opérationnelle de 8% des ventes en 2023. Pour parvenir à un accord, il semble que le fédéral soit passé par la case politique, à Berlin. Le deal doit encore faire l'objet d'un accord de la Commission européenne et du Fonds de stabilisation économique de la République fédérale d'Allemagne. La voie est donc quasiment libre pour une relance " durable " de Brussels Airlines. En espérant, bien sûr, que la crise du Covid-19 ne réserve pas trop de rebondissements, alors que l'on consate une reprise de la pandémie observée ici et là. Brussels Airlines a rétabli cet été 35% de sa capacité normale (50% des destinations) avec une vingtaine d'avions. Elle n'a pu relancer les longs-courriers comme elle l'espérait.