Carsten Spohr a voulu éclaircir les choses en précisant les intentions du groupe Lufthansa, qui sont claires: Brussels Airlines, qui occupe plus de 3.000 personnes, sera intégrée dans la compagnie low cost Eurowings que construit le groupe allemand. Et perdra à terme son nom, pour en recevoir un autre en harmonie avec son nouvel hébergement, comme Brussels Wings (la question n'est pas tranchée). "Ce sera une seule marque, avec un élément belge, pour la compagnie et pour tous ses vols", a-t-il expliqué. "Avec tous ses ingrédients, on construira quelque chose en 2017 et le management belge à Bruxelles aura la main pour développer cette future marque."

"Davantage de vols long-courriers depuis Bruxelles"

Il réfute la rumeur d'un dépeçage pour favoriser les hubs allemands de Lufthansa. "Nous avons des idées de lancer davantage de vols long-courriers depuis Bruxelles, y placer davantage d'avions et cela va créer beaucoup de jobs dans votre pays." Il promet d'augmenter sa part de marché en Belgique.

Pas de participation de l'État fédéral envisagée

Lufthansa a racheté 45% de Brussels Airlines en 2009, et disposait d'une option d'achat (call) sur le solde. Il a annoncé en septembre son intention de l'exercer. Certains actionnaires contestent le prix calculé (2,6 millions d'euros) et s'inquiètent de l'ancrage belge futur de la compagnie. Carsten Spohr a exclu que l'État fédéral puisse conserver une participation dans Brussels Airlines, "car Lufthansa a une option pour acquérir 100% de la compagnie." Il refuse aussi que Brussels Airlines, comme filiale, agisse comme une compagnie totalement autonome. "Brussels Airlines ne sera pas une compagnie indépendante, ce qui, de toute façon, n'existe pas au sein du groupe Lufthansa." Une discussion est prévue à la mi-octobre pour trouver un accord avec les actionnaires, "les rassurer et les convaincre" dit le CEO du groupe allemand.

Brussels Airlines a des coûts plus bas qu'Eurowings

Le CEO de Lufthansa a contesté qu'Eurowings soit un low cost, "c'est un terme du passé." En fait, Eurowings a justement un souci: il n'est pas assez low cost alors que cette marque vise à concurrencer Ryanair, easyJet ou Norwegian, avec des coûts nettement plus élevés, même s'ils sont plus bas que ceux des vols Lufthansa.

Selon le bureau d'étude CAPA, Brussels Airlines a même des coûts au siège offert par km inférieurs à ceux d'Eurowings, ce qui est un atout pour les Belges (et une raison de plus de racheter la compagnie). Une note de CAPA qui vient de sortir indique: "La décision de Lufthansa de prendre le contrôle total donne à Brussels Airlines une plus grande sécurité et stabilité comme membre à part entière du groupe Lufthansa. Il donne à Lufhansa l'opportunité de changer rapidement la taille de sa marque low cost Eurowings (...) Néanmoins, Brussels Airlines est une compagnie à réseau (correspondances), intégrée dans une alliance (Star Alliance), alors qu'Eurowings est principalement une compagnie point à point (hors de toute alliance NDLR)."

Il y a donc encore beaucoup de choses à clarifier et à préciser. La note de CAPA indique que Lufthansa a longtemps préféré ne pas exercer l'option d'achat sur les 100% de Brussels Airlines et que sa seule motivation de le faire à présent est sa volonté de développer rapidement Eurowings.