Les années passent et les plans reviennent à Brussels Airlines, qui a donné des précisions sur le plan Reboot, destiné à booster de 8% les résultats d'exploitation (Ebit, profit avant intérêt et taxes) pour 2022. Christina Foerster, CEO de la compagnie, a confirmé qu'elle cherchait à économiser 160 millions d'euros d'ici trois ans pour arriver à ce résultat. Surtout via des départs volontaires au sein des employés administratifs et, dans une moindre mesure, du personnel au sol, soit un périmètre de 1.625 personnes sur un effectif total de 4.175 salariés, en comptant les navigants.

Le précédent plan, annoncé fin 2012, Beyond 2012-2013, visait à revenir aux bénéfices en améliorant les coûts et la productivité, et en poussant la croissance des vols et des passagers. Ce qui permettait de garder tout le monde à bord.

Benchmark défavorable

Le plan Reboot, détaillé ce 7 novembre par la direction de Brussels Airlines, mise sur une baisse des coûts, non sur une croissance, le marché étant moins porteur. La rentabilité de la compagnie est symbolique (0,5% d'Ebit en 2018). " Elle a connu une forte croissance et peu de profit, déclare Christina Foerster. Nous avons fait un benchmark avec d'autres compagnies comparables ( notamment Aer Lingus, Finnair ou LOT, Ndlr), nous sommes moins bons sur tous les critères. "

Brussels Airlines a été absorbée à 100% par le groupe Lufthansa en 2017. Dans ce genre d'opération, la suite logique est la recherche d'économies par synergies, surtout dans l'administratif. La gestion commerciale a ainsi été intégrée au groupe. " Nous examinons tout ce qui peut nous permettre de réduire les coûts. Par exemple, nous avons un site de réservation géré en interne, il serait peut-être plus logique et moins coûteux d'utiliser les ressources de Lufthansa ", indique la CEO. L'opportunité de maintenir deux programmes de fidélité parallèles, Miles & More, pour tout le groupe, et Loop, propre à Brussels Airlines, est en discussion.

Le point le plus délicat porte sur le personnel. La compagnie préfère l'option des départs volontaires. " Ce n'est pas un plan social ", insiste Christina Foerster. Le dispositif prévoit un " outplacement musclé ", efficace, promet le manager HR de la compagnie, Bert Van Rompaey. " Le partenaire que nous avons choisi obtient 93% de succès après deux à sept mois de recherche ", dit-il. Il ajoute que le package financier est 37% à 55% plus avantageux qu'un package normal. Il espère un accord avec les syndicats d'ici la fin de l'année.

La compagnie n'annonce pas de chiffres sur le nombre de départs attendus, le processus s'étirant sur plusieurs années. L'appel aux départs volontaires sera fait département par département, progressivement, au fil des analyses et des programmes de réorganisation, de début 2020 à la fin 2021.

Le groupe Lufthansa, coté en Bourse, annonce pour 2019 un Ebit de 7 à 9% pour sa division Networks (Lufthansa, Swiss, Austrian et bientôt Brussels Airlines). Il mène des plans d'économie un peu partout dans ses divisions et filiales.