"Si un camion n'a pas les bons documents, nous ne pourrons pas l'accepter à bord. Nous ne pouvons pas transporter de camions qui ne peuvent pas entrer dans le pays", a expliqué Gert Jakobsen, un porte-parole de la compagnie DFDS qui transporte chaque année 1,2 million de camions entre Douvres et Dunkerque/Calais. De nombreux exportateurs britanniques doivent encore obtenir les papiers administratifs nécessaires.

"Durant un certain temps, quelques semaines ou quelques mois, nous supposons que les problèmes seront les plus importants. Il y aura encore beaucoup de gens qui ne seront pas familiarisés avec les documents nécessaires. Après une période d'apprentissage, le choses devraient aller mieux", explique le porte-parole. "Si on a un flux constant de camions qui n'ont pas les bons documents et qu'il faut de 24 à 48 heures pour les obtenir, on aura potentiellement une masse de camions qui n'auront nulle part où aller", indique une autre source.

Côté français, Jean-Marc Puissessau, patron du Port Boulogne Calais a aussi indiqué à la BBC que les compagnies de ferries s'attendaient à refuser des camions en partance pour le Royaume-Uni qui n'auront pas les bons documents. "Si les transporteurs n'ont pas les bons papiers, ils ne seront pas admis à bord. C'était la règle le 29 mars et cela s'appliquera le 31 octobre (date du Brexit)", a-t-il déclaré.

Les autorités britanniques ont rappelé qu'elles avaient des plans pour gérer de potentiels bouchons dans le Kent. Une étude menée en 2018 par l'Imperial College de Londres estimait que des contrôles supplémentaires de seulement 2 minutes pourraient causer jusqu'à 50km de bouchons autour de Douvres. Environ 10.000 camions transitent chaque jour par le port de Douvres qui assure 17% du commerce de biens au Royaume-Uni.