Il faut avouer qu'à l'aveugle, Botaniets va en piéger plus d'un. Impossible, au premier verre, de se rendre compte que ce gin qui a le goût d'un vrai gin titre à 0% d'alcool. A la base de cette réussite gustative se trouve une triple distillation.
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Il faut avouer qu'à l'aveugle, Botaniets va en piéger plus d'un. Impossible, au premier verre, de se rendre compte que ce gin qui a le goût d'un vrai gin titre à 0% d'alcool. A la base de cette réussite gustative se trouve une triple distillation. "Je me suis basé sur des vieux livres de botanique retrouvés dans les archives familiales, raconte Alexandre Hauben, le fondateur de Botaniets. Des spiritueux sans alcool existaient déjà au 19e siècle. Pour arriver à Botaniets, nous enchaînons trois distillations, ce qui explique qu'il faut une semaine pour le produire là où les gins alcoolisés sont réalisés en quelques heures. La première distillation est classique. La deuxième se fait à 35° avec du CO2 supercritique. Elle fait évaporer l'alcool tout en exaltant les arômes de romarin, de cardamone, de baies de genévrier et d'écorces d'agrumes siciliennes. Enfin, la troisième distillation se fait à froid et dure quatre à cinq jours. Elle amène le distillat à 0% d'alcool. Il existe deux machines en Europe capables de faire ça, dont une qui travaille pour nous aux Pays-Bas." La qualité du produit lui a assuré un succès immédiat lors de son lancement en février 2020. Via la dégustation, Botaniets a convaincu moult sommeliers du secteur horeca. Au moment de la deuxième fermeture du secteur, 250 restaurants l'avaient déjà mis à la carte. "L'arrêt de l'horeca a clairement coupé notre élan, poursuit Alexandre Hauben, un ancien de Spadel, Delhaize et BMW. Mais cette période nous a permis de bien nous structurer et de développer un vrai circuit de distribution, pôle essentiel d'investissement au même titre que le produit et la marque. Nous sommes référencés chez des distributeurs spécialisés horeca comme Spirigros, Covivins ou Wijnen De Clerck. Nous avons aussi développé une présence dans les magasins spécialisés et dans le retail premium : Delitraiteur et des épiceries haut de gamme comme la Grande Epicerie ou les traiteurs de la Villa Lorraine à Bruxelles. Nous hésitons pour Delhaize mais avons refusé Bioplanet. Pour offrir un produit complet, nous importons aussi London Essence, un tonic britannique de haut niveau." Botaniets marche bien à l'export. Il a ainsi été choisi par le Pavillon belge de l'Expo de Dubaï pour être servi sur le bar rooftop et dans le restaurant à partir du 1er octobre. Son caractère non alcoolisé casse les codes dans les pays musulmans et il y est bien accueilli avec un distributeur, outre à Dubaï, à Abou Dhabi et en Turquie. Il s'en est écoulé 6.000 bouteilles (32 euros/pièce) en 2020. Les prévisions tournent autour de 30.000 pour cette année et 100.000 pour l'an prochain. La société était déjà à l'équilibre à la fin 2020. Au début, Alexandre Hauben a tout financé sur fonds propres. Aujourd'hui, même s'il reste majoritaire dans la société, il a accepté trois partenaires actionnaires et vient de clôturer une levée de fonds par crowdfunding auprès de Spreds. Au lieu des 75.000 euros espérés, Botaniets a levé 284.000 euros en un mois, auxquels sont venus s'ajouter les 25.000 euros d'un investisseur privé. Spreds a, à cette occasion, pré-valorisé la société à 10 millions d'euros. Botaniets tourne avec 10 personnes. Ils seront 15 fin de cette année. De quoi développer Botaniets et accompagner la naissance de Havaniets...