Si le résultat est inférieur aux attentes des analystes sondés par Factset (1,7 milliard d'euros), BMW a confirmé ses objectifs annuels, relevant toutefois le "contexte de marché difficile" marqué par le ralentissement conjoncturel mondial.

Le constructeur s'attend à un "net recul" -- soit au moins 10% de baisse -- de son bénéfice avant impôts, déjà en baisse de 8,1% en 2018.

"Nous avons prouvé notre performance opérationnelle malgré de lourds investissements", note Nicolas Peter, directeur financier, cité dans un communiqué.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net s'est vu divisé par deux en raison d'une provision de 1,4 milliard d'euros dans le cadre d'une enquête anticartel européenne comptabilisée au premier trimestre.

La Commission européenne a accusé début avril BMW, Volkswagen et Daimler de s'être entendus pour éviter de se faire concurrence sur les technologies réduisant les émissions polluantes.

Le chiffre d'affaires au deuxième trimestre a augmenté de 2,9% à 25,7 milliards d'euros, mais les ventes sont moins profitables: la marge opérationnelle de sa branche automobile, très observée par les marchés, était de 6,5% contre 8,6% en 2018. Mais il s'agit d'une amélioration par rapport au premier trimestre où la marge hors effet exceptionnel de la provision était ressortie à 5,6%.

La marge de la branche automobile devrait s'établir entre 4,5% et 6,5% en 2019, incluant 1,5 point de baisse due à la provision.

Les investissements ont augmenté de 39% au deuxième trimestre à 1,2 milliard d'euros, et les coûts de recherche et de développement de 5,9% sur un an, à 1,4 milliard.

En plus de l'électrification et la hausse des prix des matières premières, "les ambitieuses normes de CO2" européennes font "augmenter les coûts côté constructeur", indique BMW.

D'ici 2022, le groupe prévoit 12 milliards d'euros d'économies en réduisant la complexité de son offre tout en augmentant l'efficacité de ses opérations.

Le patron Harald Krüger, critiqué pour avoir traîné dans l'électrification de la gamme BMW, quittera son poste et sera remplacé le 16 août prochain par Oliver Zipse, actuel directeur de la production.