"Dans notre société d'instantané où l'on communique en direct via WhatsApp et courriels, envoyer des cartes postales est devenu désuet. Ou alors, on le fait seulement lorsqu'on est en vacances, et souvent plus par obligation que par plaisir. J'avais envie de remettre ce geste au goût du jour ", résume Céline Bilquin, créatrice de Bilpaper.
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"Dans notre société d'instantané où l'on communique en direct via WhatsApp et courriels, envoyer des cartes postales est devenu désuet. Ou alors, on le fait seulement lorsqu'on est en vacances, et souvent plus par obligation que par plaisir. J'avais envie de remettre ce geste au goût du jour ", résume Céline Bilquin, créatrice de Bilpaper. Voici un peu plus de deux ans, cette architecte a quitté plans et chantiers, ne conservant que son crayon pour dessiner de jolies cartes postales. L'idée est née sur une plage de Bretagne, là où la jeune femme a grandi. " Ma famille et moi sommes amoureuses de la petite île de Hoedic, où nous nous rendons régulièrement. Depuis toujours, je collectionne les cartes postales des lieux que je visite. C'est facile, une carte postale, cela ne coûte pas cher, ça se glisse dans un livre, s'accroche au mur... Or, sur ce caillou que j'aime tant, je n'en trouvais pas qui soient représentatives de l'endroit. Un été, je me suis donc mise à dessiner les cartes que j'avais envie de trouver. De fil en aiguille, j'en ai dessiné toute une série que j'ai présentée lors d'un festival local. " Le succès fut tel que très vite, des représentants d'îles et villes voisines l'ont contactée pour qu'elle leur imagine à leur tour des cartes personnalisées. Mue par cet accueil, la Namuroise décide alors d'imaginer de nouveaux dessins pour la Belgique, pour Namur évidemment, mais aussi pour Bruxelles. Maman, elle développe également en parallèle une collection pour enfants. " J'ai réuni le tout sous un catalogue, Bilpaper (contraction de Bilquin et paper) et décidé de mettre un terme à ma carrière d'architecte pour m'y consacrer à temps plein. " Ses créations, on les trouve aujourd'hui dans divers points de vente : concept-stores, offices du tourisme, librairies, etc. " Je traite essentiellement avec des revendeurs qui achètent les cartes par lots pour les revendre ensuite aux particuliers à la pièce dans leur magasin. Mes cartes se vendent bien, c'est un achat facile, spontané, pas cher. J'en écoule chaque jour. Mais à 2 euros pièce, je dois en vendre beaucoup pour rentrer dans mes frais ( matériel, impression, livraison, participations aux salons, etc. Ndlr). " Céline Bilquin a vendu environ 20.000 cartes en 2018, soit le double de 2017. Pour être rentable, elle devrait en vendre 50.000. Autodidacte, elle a découvert le fonctionnement d'une société petit à petit. " J'ai reçu quelques conseils d'Azimut ( une structure d'accompagnement à l'autocréation d'emploi, Ndlr) et je viens de demander un soutien à l'Awex, qui aide les jeunes entrepreneurs à exporter leurs produits. Mais pour le reste, je fais tout toute seule. " Son bureau ? Sa maison, à Waterloo. " Parfois, je consacre une journée à la création, que je vais alors passer dans l'espace de coworkingWo ! pop à Wezembeek-Oppem. J'aimerais m'y rendre plus souvent mais je suis souvent en déplacement car je m'occupe aussi de la gestion du stock, de la correspondance, de la recherche de points de vente, de la livraison, des contacts avec l'imprimerie. Pour celle-ci, j'ai tenu à travailler localement, avec un imprimeur belge situé à Rhode-Saint-Genèse, qui propose une impression de qualité, sur du papier épais, mat. " Un point noir dans son univers fait de poésie ? " Travailler seule ", mais Céline Bilquin espère y remédier à moyen terme. " J'aimerais me développer, m'associer avec un partenaire, entre autres pour gérer la partie commerciale. J'aimerais aussi imaginer un espace de vente en ligne mais je peux difficilement vendre les cartes à la pièce : les frais de transport seraient trop onéreux. Je ne peux pas dire que je vis de mon travail actuellement, mais je suis positive. Rien que cet été, par exemple, les ventes ont doublé par rapport à l'an passé. Les gens n'achètent pas nécessairement mes cartes pour les envoyer, elles servent aussi de décoration. " Et pour info, en cette période, elles se déclinent aussi en cartes de... voeux !Par Sigrid Descamps.