M. Musk, connu pour ses déclarations fracassantes, a prévenu que les annonces concerneraient la "production à long terme, en particulier celle du Semi (semi-remorque), du Cybertruck et du Roadster". Mais ce que le groupe présentera "n'atteindra pas une réelle production de masse avant 2022", a-t-il ajouté sans donner davantage de détails.

Les rumeurs fourmillent depuis plusieurs semaines sur ce que le groupe pourrait présenter juste après son assemblée générale annuelle, prévue à 20h30 GMT.

Certains observateurs se demandent si Tesla ne souhaite pas se lancer dans la fabrication de ses propres cellules, ce qui donnerait un coup de semonce pour les acteurs du secteur comme Panasonic et LG. M. Musk n'a ni démenti ni confirmé ces spéculations: il a ainsi assuré, toujours sur son compte Twitter, que Tesla avait bien l'intention "d'augmenter, et non de réduire, ses achats de cellules de batteries auprès de Panasonic, LG et CATL (et possiblement auprès d'autres partenaires)".

Avant d'ajouter: "Toutefois, même si nos fournisseurs fonctionnent à vitesse maximum, nous faisons toujours face à des pénuries importantes jusque 2022 et au-delà, sauf si nous prenons les choses en main nous-mêmes."

Habitué des coups médiatiques, l'entrepreneur d'origine sud-africaine avait promis sur Twitter, le 11 septembre, qu'il lèverait le voile sur de "nombreuses choses passionnantes" lors de cet événement déjà reporté plusieurs fois.

Tesla tient à jouer les premiers rôles dans les batteries, l'élément clé pour le futur des véhicules électriques, afin d'accentuer son avance sur les autres constructeurs automobile.

- "Le diable dans les détails" -

La société va-t-elle annoncer d'ambitieux objectifs sur sa capacité à générer de l'énergie au cours des prochaines années? Une nouvelle méthode de conception de ses batteries? Des avancées sur leur densité, ou leur longévité? Une technologie permettant de réduire ou d'éliminer complètement l'usage du cobalt? Voire affirmer qu'elle peut réduire beaucoup plus vite que prévu le coût des batteries?

L'analyste de Morgan Stanley, Adam Jonas, s'interroge, mais il estime que l'événement pourrait "changer le discours" sur Tesla et le marché de la batterie.

La présentation sera d'autant plus importante que les annonces se sont multipliées ces dernières semaines dans le secteur des véhicules électriques, remarque Dan Ives, analyste pour Wedbush.

M. Musk pourrait notamment, selon lui, présenter une batterie capable de rouler sur un million de miles (1,61 million de kilomètres). Ce qui représenterait un avantage compétitif majeur face aux véhicules fonctionnant au carburant, aussi bien en termes de retour sur investissement que d'environnement.

Les observateurs seront aussi particulièrement attentifs à tout élément relatif à la réduction du coût de la batterie sous le seuil des 100 dollars au kilowatt-heure, ce qui pourrait in fine faire baisser le prix des voitures électriques, avance M. Ives.

Pour Jed Dorsheimer de Canaccord, l'événement suscitera louanges et critiques, à l'image de la personnalité de M. Musk qui divise à Wall Street.

Les plus optimistes salueront les éventuelles annonces technologiques, tandis que les plus pessimistes "rappelleront que les grandes annonces de Tesla tendent à ne pas se concrétiser", développe M. Dorsheimer.

Qu'il s'agisse de la batterie en elle-même, de son logiciel ou de son système de refroidissement, Tesla doit de toute façon faire des progrès s'il veut alimenter son pick-up électrique Cybertruck ou son semi-remorque Semi, remarque l'expert.

"Comme souvent avec Tesla, le diable sera dans les détails, qui malheureusement mettront du temps à se révéler", conclut l'expert.

Tout ce qu'il faut savoir sur les batteries électriques

Elles sont partout: dans nos smartphones, nos tablettes, dans les pacemakers. Mais c'est dans l'automobile, secteur en pleine transformation, que les batteries électriques représentent un réel enjeu face à la transition énergétique.

A quoi servent-elles? Qui les fabrique? Quelles sont leurs limites? Ce qu'il faut savoir sur les batteries électriques, au moment où le géant américain Tesla organise son "Battery Day" (Journée de la batterie).

Le lithium-ion, au coeur des batteries

Les batteries rechargeables de voitures électriques fonctionnent aujourd'hui avec les cellules lithium-ion.

Une telle batterie est composée de lithium, de cobalt et d'oxygène sur son électrode positive, et de graphite sur son électrode négative. Entre les deux, il y a un liquide où le lithium circule. Le mouvement des électrons et du lithium va provoquer une réaction électrique permettant de faire fonctionner un appareil ou de le recharger.

L'avantage principal du véhicule électrique, c'est "d"être plus économe en CO2 et de contribuer à la réduction de l'effet de serre", explique à l'AFP Xavier Bosquet, directeur associé senior au sein du cabinet BCG.

Une production dominée par l'Asie

"Aujourd'hui les grands fabricants mondiaux de batteries sont chinois, coréens et japonais", précise le spécialiste, tandis que l'Europe représente seulement 1% de la production mondiale.

La Chine, qui totalise la moitié des ventes mondiales de voitures électriques, mène la danse: le pays abrite les deux tiers des capacités mondiales de production de cellules.

Parmi les principaux fabricants mondiaux, le chinois Contemporary Amperex Technology (CATL), le japonais Panasonic ou encore le sud-coréen LG-Chem.

Tesla a lui implanté sa "Gigafactory", une énorme fabrique de batteries au lithium, au Nevada (Etats-Unis).

Des investissements en masse dans un marché en expansion

Malgré un marché automobile en berne en raison de la crise sanitaire, les investissements dans les batteries électriques se multiplient. Volkswagen a annoncé en mai un investissement de 1,1 milliard d'euros dans un fabricant chinois de batteries, Gotion High-Tech.

Mais l'Europe tente de percer. Bruxelles a donné en décembre dernier son feu vert à un "Airbus des batteries", avec des aides d'État de 3,2 milliards d'euros.

En France, PSA et Saft, filiale de Total, ont lancé une société conjointe (ACC) afin de produire des batteries pour véhicules électriques d'ici à 2023.

Selon BCG, le marché mondial des batteries automobiles pourrait atteindre 45 milliards d'euros en 2027, dont 20% à 30% en Europe.

Autonomie, environnement: les batteries ne font pas l'unanimité

Problème: il est fréquemment reproché aux batteries des voitures électriques de ne pas offrir une autonomie suffisante, comparé aux moteurs thermiques (diesel ou essence), constituant le principal frein à l'achat.

Le nombre de bornes et le temps de recharge fait également débat. La France prévoit d'atteindre 100.000 bornes en accès public fin 2021, soit un an plus tôt que prévu.

Autre point sensible: l'impact social et environnemental. L'extraction du cobalt, un des composants des batteries, "pose problème en termes de violation des droits humains", souligne auprès de l'AFP Sabine Gagnier, chargée de plaidoyer à Amnesty International.

L'ONG a mené une enquête en République démocratique du Congo, montrant que le cobalt était extrait des mines par des enfants. Or, le pays "totalise 50% des ressources au niveau mondial",ajoute-t-elle.

Les industriels s'attellent également à améliorer le recyclage de ces batteries, dont certains composants usés finissent dans les décharges.

Concurrence

La concurrence est rude pour rivaliser avec Tesla, de très loin le plus méditiqu acteur du secteur. Le groupe américain General Motors a dévoilé en mars sa batterie Ultium, qui pourrait permettre à un véhicule de parcourir jusqu'à 645 kilomètres (400 miles) avec une seule recharge.

Les batteries solides doivent également augmenter l'autonomie des véhicules, en plus de réduire les temps de recharge.

Enfin, l'hydrogène est considéré comme un moyen d'accompagner la transition énergétique en permettant de stocker à grande échelle de l'électricité et en servant de carburant dans les véhicules électriques, garantissant une meilleure autonomie que les batteries.

M. Musk, connu pour ses déclarations fracassantes, a prévenu que les annonces concerneraient la "production à long terme, en particulier celle du Semi (semi-remorque), du Cybertruck et du Roadster". Mais ce que le groupe présentera "n'atteindra pas une réelle production de masse avant 2022", a-t-il ajouté sans donner davantage de détails.Les rumeurs fourmillent depuis plusieurs semaines sur ce que le groupe pourrait présenter juste après son assemblée générale annuelle, prévue à 20h30 GMT.Certains observateurs se demandent si Tesla ne souhaite pas se lancer dans la fabrication de ses propres cellules, ce qui donnerait un coup de semonce pour les acteurs du secteur comme Panasonic et LG. M. Musk n'a ni démenti ni confirmé ces spéculations: il a ainsi assuré, toujours sur son compte Twitter, que Tesla avait bien l'intention "d'augmenter, et non de réduire, ses achats de cellules de batteries auprès de Panasonic, LG et CATL (et possiblement auprès d'autres partenaires)". Avant d'ajouter: "Toutefois, même si nos fournisseurs fonctionnent à vitesse maximum, nous faisons toujours face à des pénuries importantes jusque 2022 et au-delà, sauf si nous prenons les choses en main nous-mêmes."Habitué des coups médiatiques, l'entrepreneur d'origine sud-africaine avait promis sur Twitter, le 11 septembre, qu'il lèverait le voile sur de "nombreuses choses passionnantes" lors de cet événement déjà reporté plusieurs fois.Tesla tient à jouer les premiers rôles dans les batteries, l'élément clé pour le futur des véhicules électriques, afin d'accentuer son avance sur les autres constructeurs automobile.- "Le diable dans les détails" -La société va-t-elle annoncer d'ambitieux objectifs sur sa capacité à générer de l'énergie au cours des prochaines années? Une nouvelle méthode de conception de ses batteries? Des avancées sur leur densité, ou leur longévité? Une technologie permettant de réduire ou d'éliminer complètement l'usage du cobalt? Voire affirmer qu'elle peut réduire beaucoup plus vite que prévu le coût des batteries? L'analyste de Morgan Stanley, Adam Jonas, s'interroge, mais il estime que l'événement pourrait "changer le discours" sur Tesla et le marché de la batterie.La présentation sera d'autant plus importante que les annonces se sont multipliées ces dernières semaines dans le secteur des véhicules électriques, remarque Dan Ives, analyste pour Wedbush. M. Musk pourrait notamment, selon lui, présenter une batterie capable de rouler sur un million de miles (1,61 million de kilomètres). Ce qui représenterait un avantage compétitif majeur face aux véhicules fonctionnant au carburant, aussi bien en termes de retour sur investissement que d'environnement. Les observateurs seront aussi particulièrement attentifs à tout élément relatif à la réduction du coût de la batterie sous le seuil des 100 dollars au kilowatt-heure, ce qui pourrait in fine faire baisser le prix des voitures électriques, avance M. Ives.Pour Jed Dorsheimer de Canaccord, l'événement suscitera louanges et critiques, à l'image de la personnalité de M. Musk qui divise à Wall Street.Les plus optimistes salueront les éventuelles annonces technologiques, tandis que les plus pessimistes "rappelleront que les grandes annonces de Tesla tendent à ne pas se concrétiser", développe M. Dorsheimer. Qu'il s'agisse de la batterie en elle-même, de son logiciel ou de son système de refroidissement, Tesla doit de toute façon faire des progrès s'il veut alimenter son pick-up électrique Cybertruck ou son semi-remorque Semi, remarque l'expert."Comme souvent avec Tesla, le diable sera dans les détails, qui malheureusement mettront du temps à se révéler", conclut l'expert.