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Les Belges travaillent en moyenne 39 heures par semaine (42 heures pour les hommes contre 37 heures pour les femmes). Seules 8,5% des personnes ayant un emploi se rendent effectivement au travail à contrecoeur. L'idée que de nombreux Belges vont travailler avec des pieds de plomb est donc fausse. Un tiers effectuent un travail dans lequel ils s'investissent corps et âme. Il existe toutefois une différence nette entre les PDG et les indépendants, d'une part, et les travailleurs salariés, d'autre part. La grande majorité des PDG (72,2%) et plus de la moitié des indépendants (57,5%) s'investissent corps et âme, alors que chez les salariés, ce n'est qu'un bon cinquième (22,7%). On constate également une nette différence lorsque l'on ventile les chiffres par âge. Les personnes âgées de 55 à 64 ans sont deux fois plus nombreuses à dire s'investir à fond (44,4%) que les répondants de 25 à 34 ans (22,9%). Environ un quart des sondés déclarent surveiller leurs courriels professionnels après les heures de bureau, en semaine ou le week-end lorsqu'ils attendent quelque chose d'urgent. C'était prévisible mais il est frappant de constater qu'un quart d'entre eux consultent également leurs mails professionnels pendant les vacances. Etonnamment, c'est le groupe le plus jeune, les 25-34 ans qui sont des digital natives, qui est le plus discipliné. Seuls 67,7% d'entre eux consultent leurs mails pros après les heures de travail. Chez les 55-64 ans, par exemple, il est de 80,5%. Neuf PDG et indépendants sur dix lisent des courriels professionnels pendant leur temps libre, contre sept salariés sur dix. Plus de 70% des personnes interrogées disent également avoir du mal à se déconnecter du travail. 70,4% disent ne pas avoir connu d'épuisement professionnel. Mais ce n'est malheureusement pas le cas pour un cinquième des personnes sondées, ce qui demeure un chiffre particulièrement élevé. Une personne sur dix n'a peut-être pas subi de burn-out mais a cherché de l'aide pour éviter d'en arriver là. Fait remarquable, parmi le groupe le plus jeune, celui des 25-34 ans, 14,9% ont déjà demandé de l'aide. C'est beaucoup plus que les autres groupes d'âge, qui se situent tous en dessous de 10%. Plus d'un PDG sur 10 a déjà fait face à un épuisement professionnel (13,1%), tandis que chez les indépendants (18,1%) et les salariés (19,6%), ce chiffre atteint presque deux sur 10. Avec 49,5%, seule la moitié des salariés disent se sentir bien dans leur peau, contre 63,8% pour les PDGet 62,1% pour les indépendants. Trois quarts des Belges qualifient leur bien-être au travail de très bon. Lorsqu'on leur demande ce qui peut améliorer le bien-être mental, un salaire plus élevé arrive en tête. Cela ne correspond pas à d'autres recherches récentes similaires ; peut-être la crise énergétique a-t-elle influencé les répondants . Les moins de 45 ans s'attendent clairement à ce qu'un salaire plus élevé améliore leur bien-être au travail, davantage que les plus de 45 ans. Les salariés s'attendent à un effet plus salutaire d'un salaire plus élevé que les PDG ou les travailleurs indépendants. Après le salaire, ce sont les aspects liés à une plus grande autonomie qui reviennent le plus souvent, tels qu'un espace plus important pour façonner son propre travail, des horaires flexibles ou le droit d'être injoignable. Un quart des salariés s'attendent à ce que les horaires flexibles les aident à se sentir mieux dans leur travail, alors que cette proportion n'est que d'un peu plus de 10% chez les PDG et les travailleurs indépendants. Seuls 37,5% des répondants ont répondu par l'affirmative à la question de savoir si leur entreprise prête attention à l'épuisement professionnel du personnel. 22,9% n'en ont aucune idée. Plus l'entreprise est grande, plus l'attention est grande. Interrogés sur ce que les entreprises peuvent faire pour prévenir le burn-out, les hommes et les femmes diffèrent sur deux points. Les deux sexes s'accordent à dire qu'embaucher davantage de personnel est le meilleur moyen d'éviter l'épuisement professionnel. Chez les femmes, cependant, ce phénomène est beaucoup plus prononcé, avec 48,5% contre 32,8%. Il n'est pas surprenant que les salariés (44,1%) soient beaucoup plus nombreux que les PDG (25,7%) ou les indépendants (23,5%) à être de cet avis. Il est également frappant de constater que les hommes (24,6%) sont plus nombreux que les femmes (18,4%) à penser qu'une culture d'entreprise qui décourage les heures supplémentaires contribue à lutter contre le burn-out. Interrogés sur ce qu'ils peuvent faire eux-mêmes pour réduire le risque de burn-out, l'exercice physique et une alimentation saine ressortent dans les réponses. Les sondés semblent en attendre davantage que le fait de se déconnecter ou de ne pas remplir le temps libre d'une multitude d'activités. Donner aux Belges la possibilité d'apprendre au travail est la mesure par excellence pour rendre une entreprise plus attrayante dans la guerre des talents, estiment les personnes interrogées. Plus que des possibilités d'évolution de carrière, les avantages sociaux, un environnement de bureau agréable ou un salaire plus élevé. Ce n'est qu'ensuite que viennent la réduction du temps de travail et la semaine de quatre jours, qui a fait l'objet d'une législation récente. Les PDG, les salariés ainsi que les travailleurs indépendants ont des opinions divergentes. Les PDG comptent principalement sur un environnement de bureau agréable et sur la formation continue pour rendre leur entreprise plus attrayante, tandis que les possibilités d'avancement ont plus d'importance pour les salariés et les indépendants. Plus il est jeune, plus le Belge attache de l'importance aux possibilités d'avancement et aux avantages sociaux.