Pourquoi avez-vous décidé de vous joindre à IPM et trois autres investisseurs wallons pour le rachat des Editions de l'Avenir ?

Ma motivation première, c'est la curiosité intellectuelle. Le monde de la presse m'intéresse depuis toujours et je suis d'ailleurs un grand lecteur de journaux et de magazines. J'attache beaucoup d'importance à la liberté de la presse et aussi à la notion de pluralisme. Lorsque, de proche en proche, la question s'est posée de pérenniser l'activité rédactionnelle des Editions de l'Avenir, j'ai trouvé intéressant de me joindre à l'aventure, d'autant plus que la participation d'IPM, en tant qu'opérateur industriel, permet de réaliser de belles synergies au niveau de la logistique, de l'informatique, du marketing ou encore de la stratégie publicitaire. Cela apporterait aussi de la valeur ajoutée à IPM qui ne dispose pas de médias locaux. A côté de cela, d'un point de vue plus personnel, je pense que je peux aussi apporter mon expérience en tant que CEO dans ce dossier.

La démission surprise du conseil d'administration de Nethys, propriétaire des Editions de l'Avenir, est-elle une bonne nouvelle pour vous ?

Je ne peux pas répondre à cette question. Nous avons envoyé notre offre il y a déjà deux semaines de manière très officielle et, depuis, il y a eu effectivement quelques remous au niveau de Nethys. Tout ce que je peux vous dire, c'est que nous avons remis un projet qui est intéressant pour tous les stakeholders et dans lequel Nethys deviendrait minoritaire puisque nous proposons une augmentation de capital. Quand on examine le dossier de L'Avenir dans le paysage de la Fédération Wallonie- Bruxelles, il n'y a pas énormément d'acteurs autres que le groupe IPM qui peuvent jouer le rôle d'opérateur industriel tout en garantissant une certaine pluralité. Est-ce suffisant ou pas ? Nous le verrons bientôt...

Votre participation financière dans ce projet est-elle uniquement une démarche sociétale ou y a-t-il malgré tout, de votre part, la volonté d'obtenir un jour un véritable retour sur investissement ?

Soyons clairs : si mon objectif était purement financier, vous pensez bien que je me serais tourné vers d'autres opportunités d'investissement beaucoup plus rentables ! La presse, c'est bien connu, n'est pas un secteur où l'on gagne de l'argent. Encore une fois, je le fais par passion et par curiosité intellectuelle. Le souci de rentabilité n'est donc pas prioritaire, mais si cela peut me rapporter un peu d'argent, c'est tant mieux. Au final, le but n'est pas non plus de perdre toutes mes billes !