Ne dites plus au fondateur de BePark qu'il dirige une start-up ! Julien Vandeleene ne veut plus s'inscrire dans la vague de ces jeunes pousses qui font du buzz, lèvent des fonds mais ne parviennent que rarement à atteindre le seuil de rentabilité. " Après sept années de développement, je préfère que l'on parle de BePark comme d'une scale-up et non plus comme d'une start-up ", avance-t-il. C'est vrai que BePark, qui met aujourd'hui à disposition des particuliers et des entreprises près de 10.000 emplacements dans ses parkings partenaires, a fortement évolué, devenant une entreprise qui a généré 3,5 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2017, employant 25 personnes. Si Julien Vandeleene insiste donc sur cette notion de scale-up c'est bien parce qu'après des années de tâtonnements, l'entreprise a aujourd'hui trouvé un business model viable qu'elle doit à présent " scaler ".
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Ne dites plus au fondateur de BePark qu'il dirige une start-up ! Julien Vandeleene ne veut plus s'inscrire dans la vague de ces jeunes pousses qui font du buzz, lèvent des fonds mais ne parviennent que rarement à atteindre le seuil de rentabilité. " Après sept années de développement, je préfère que l'on parle de BePark comme d'une scale-up et non plus comme d'une start-up ", avance-t-il. C'est vrai que BePark, qui met aujourd'hui à disposition des particuliers et des entreprises près de 10.000 emplacements dans ses parkings partenaires, a fortement évolué, devenant une entreprise qui a généré 3,5 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2017, employant 25 personnes. Si Julien Vandeleene insiste donc sur cette notion de scale-up c'est bien parce qu'après des années de tâtonnements, l'entreprise a aujourd'hui trouvé un business model viable qu'elle doit à présent " scaler ". Au départ, quand il avait voulu lancer son système de parksharing, en 2011, Julien Vandeleene entendait permettre à tout particulier de mettre son emplacement de parking à disposition des internautes. Mais le fondateur s'est très rapidement rendu compte des difficultés qu'il allait rencontrer dans ce genre de modèle où faire concorder l'offre et la demande constitue un défi de tous les instants. Il décide alors de corriger le tir, visant plutôt l'offre des professionnels. En tête, les enseignes de la grande distribution dont les parkings ne sont pas utilisés la nuit, les hôtels dont le taux d'occupation des parkings est très variable et ceux d'immeubles sous-occupés. Leur intérêt ? Rentabiliser leurs emplacements. Et pour le particulier qui choisit de s'abonner à BePark, la garantie d'avoir une place de stationnement proche. Pour assurer la gestion de l'entrée des clients dans les parkings, BePark développe ensuite des solutions technologiques adaptées : contrôleurs d'accès sur toutes les barrières, système de gestion des horaires et de reconnaissance des clients, accès via téléphone portable ou encore call centers. Dès le départ, le jeune entrepreneur parvient à bien s'entourer : ses premiers actionnaires furent Jean Zurstrassen et Grégoire de Streel (Belcube), suivis de Roland Vaxelaire (ancien administrateur délégué du groupe GIB) et Maurice de Montjoye. Sur le papier, tout est donc hyper prometteur. La start-up qui avait levé 60.000 euros pour démarrer rajoute 250.000 euros un an après son lancement, puis encore 150.000 l'année suivante. A ces différents apports en equity pure s'ajoute une série d'aides (subsides d'Innoviris, etc.) et de prêts. " On était persuadé qu'on pouvait totalement révolutionner le parking " se souvient, un brin amusé, Julien Vandeleene. Entre 2011 et 2013, sans même avoir validé une réelle traction pour son modèle, BePark se lance même à l'international et s'installe en Espagne, en France et aux Pays-Bas. Un choix " dangereux et hâtif qui a précipité la société vers des défis non anticipés qui ont bien failli mettre un terme à l'aventure pour de bon, reconnaît le jeune homme aujourd'hui. Avoir quelques centaines de milliers d'euros sur notre compte nous a fait prendre de mauvaises décisions. On est parti trop tôt à l'étranger ! ". De plus, durant les premières années, BePark, comme toute jeune pousse, a fait face aux difficultés opérationnelles : les barrières cassées, les coupures de courant, le support client pas à la hauteur, etc. Résultat ? " On n'avait plus beaucoup de cash, se souvient Julien Vandeleene. Un fonds d'investissement s'était pourtant montré intéressé mais les actionnaires, toujours confiants dans l'entreprise, s'y étaient opposés et avaient préféré libérer un peu de cash eux-mêmes. "Jusqu'à ce que le fondateur trouve une nouvelle piste : le soutien à 300.000 euros de la branche immobilière du groupe français Bouygues. Malgré ce que beaucoup pensent, il ne s'agissait pas d'une entrée au capital mais d'obligations convertibles. A ce jour, BePark reste donc indépendante. " Mais ce soutien nous a ouvert les portes du marché français, avance Julien Vandeleene, et nous a crédibilisés sur le marché belge. Malgré ce qu'on pouvait penser au départ, nous avons un business très local, hautement basé sur le réseau et qui ne se réplique pas si facilement. " L'apport de cash de Bouygues a aussi permis à BePark d'engager un responsable pour l'Hexagone. " Nous avons misé sur un profil plus expérimenté, donc plus onéreux, admet le CEO. Et cela nous a permis d'intensifier notre développement en région parisienne, de démarrer nos activités sur Lille et Lyon et d'arriver aujourd'hui à générer plus de 25 % de notre chiffre d'affaires en France sur près de 70 parkings ! " C'est ainsi, et après avoir échappé au pire, que l'équipe de BePark s'est notamment attachée à l'amélioration technique de son infrastructure et de sa signalétique, à opérer une diversification sectorielle en allant chercher les parkings d'autres acteurs immobiliers, tout en continuant à signer de nouveaux clients. Cette mécanique, Julien Vandeleene a dû l'accompagner d'une légère restructuration " en vue d'avoir des leviers sains d'économie réelle, insiste-t-il. Trop de start-up lèvent de l'argent sans s'assurer que le business tient vraiment la route, sans s'appuyer sur une activité réelle et des revenus récurrents. Je voulais absolument m'éloigner de ce modèle et ancrer BePark comme une scale-up qui tourne plutôt que comme une jeune pousse qui brûle du cash sans raccord avec l'économie réelle. Nous y parvenons aujourd'hui ! " Pour se justifier, Julien Vandeleene avance quelques chiffres. " Après une année 2017 terminée sur un chiffre d'affaires de 3,5 millions d'euros, la société devrait atteindre 4,3 ou 4,5 millions cette année puisqu'on a passé la barre des 2 millions au premier semestre" dit-il. Reste la question de la rentabilité... Elle n'était pas encore atteinte l'an passé et la perte s'est même creusée en 2017. Mais pour 2018, le CEO s'avance sans problème et annonce " un résultat net positif sur le deuxième semestre ".