Dans la marée des mauvaises nouvelles économiques, Ryanair fait exception. La compagnie low cost annonce des résultats records pour son premier semestre clôturé fin septembre : 1 371 milliards d'euros de bénéfice net (dépassant le niveau des années précovid), 95 millions de passagers et des avions quasi pleins (94% de taux de remplissage).
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Dans la marée des mauvaises nouvelles économiques, Ryanair fait exception. La compagnie low cost annonce des résultats records pour son premier semestre clôturé fin septembre : 1 371 milliards d'euros de bénéfice net (dépassant le niveau des années précovid), 95 millions de passagers et des avions quasi pleins (94% de taux de remplissage).Un été globalement très profitableCes chiffres reflètent les résultats de la saison d'été, dont Ryanair a encore mieux profité que ses concurrents. Notamment parce qu'elle n'a pas trop souffert des soucis de pénurie de personnel des grands aéroports (Heathrow, Schipol, Paris) où elle n'est pas ou peu présente. Elle décolle surtout d'aéroports secondaires, moins perturbés. Quelques grèves ont touché la compagnie, notamment en Belgique, sans impact significatif sur les résultats. L'offre de Ryanair était cet été supérieure à celle de la période pré-Covid.Impact limité de l'inflationL'inflation ne semble pas trop affecter l'activité de Ryanair. "Ayant les coûts les plus bas en Europe, nous nous attendons à croître fortement à travers la récession, car les consommateurs ne vont pas arrêter de voyager, mais ils seront plus sensibles aux prix" commente crânement le communiqué des résultats. Ryanair, "comme Aldi, Lidl, Ikea et d'autres leaders dans les prix" devrait tirer son épingle du jeu. A moins, bien sûr, que la crise ukrainienne ou un variant du covid ne viennent perturber les choses. La compagnie a augmenté les couvertures financières pour le carburant et les dollars nécessaires aux achats d'avions Boeing pour limiter l'impact de mauvaises surprises sur les cours du jetfuel et des devises.Le niveau des réservations pour les périodes des congés de l'automne et les fêtes de fin d'année est "très élevé" indique la compagnie, qui reconnaît n'avoir aucune visibilité sur les premiers mois de l'année 2023, habituellement calmes, qui devraient être déficitaires.Ryanair fait mieux que les groupes les plus disciplinés comme Lufthansa, maison mère de Brussels Airlines, qui publiait un milliard d'euros de résultat net sur la même période (mars-septembre). Elle sème ses grands concurrents low cost easyJet et Wizz air qui sont toujours dans le rouge, et estime bénéficier des restructurations qui ont touché les concurrents durant les deux premières années de la pandémie.Le groupe irlandais prévoit un exercice 2022-2023 (clôturé fin mars 2023) avec un bénéfice net entre 1 milliard et 1,2 milliard d'euros. Ce sera la premier exercice en positif depuis le début de la pandémie Il a relevé la prévision de trafic de 166,5 à 168 millions de passagers. La compagnie a bénéficié notamment des réductions salariales négociées avec le personnel pendant la période de crise. Elle annonce que, vu les bons résultats financiers, ce régime prendra fin plutôt que prévu, en décembre prochain, au lieu d'avril 2023.L'activité de Ryanair est freinée par les difficultés éprouvées par Boeing à livrer de nouveaux avions. "Nous estimons que Boeing ne livrera que 10 ou 12 des 21 Gamechangers promis d'ici Noël" indique le communiqué du groupe (Gamechangers = Boeing 737 Max). Ryanair a commandé une version allongée qui compte une dizaine de places supplémentaires et consomme 16% de carburant en moins par siège.