Pendant une quinzaine d'années, Philippe Bodart a été business analyst pour le compte de Kone, le groupe finlandais membre du top mondial du secteur des ascenseurs. Il a beaucoup voyagé puisqu'il implémentait des solutions IT opérationnelles dans les différentes filiales. En 2019, le groupe s'est réorganisé et Philippe Bodart a été licencié. Un mal pour un bien, en fin de compte.
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Pendant une quinzaine d'années, Philippe Bodart a été business analyst pour le compte de Kone, le groupe finlandais membre du top mondial du secteur des ascenseurs. Il a beaucoup voyagé puisqu'il implémentait des solutions IT opérationnelles dans les différentes filiales. En 2019, le groupe s'est réorganisé et Philippe Bodart a été licencié. Un mal pour un bien, en fin de compte. "Avant mon licenciement, je réfléchissais déjà à un petit projet complémentaire dans l'optique de m'y reconvertir, raconte-t-il. Actif dans l'IT, je n'arrêtais pas d'entendre que la Belgique était à la traîne dans l'e-commerce. Mais quel produit typique pouvait-on encore imaginer vendre via internet? Le chocolat s'est imposé vu les défis logistiques qu'il implique. J'ai fait des commandes chez des chocolatiers un peu partout en Europe pour voir comment ils s'y prenaient. J'ai reçu des pralines dans des états parfois innommables..." Philippe Bodart s'est alors mis au travail et a conçu un packaging 100% renouvelable, spécialement adapté à la vente de chocolat par internet. Ce packaging, il l'a testé auprès de ses nombreux contacts dans le monde entier afin de savoir dans quel état arrivaient ses pralines. Puis, restait évidemment à convaincre des chocolatiers de lui faire confiance. "A côté de Marcolini, quel autre artisan chocolatier adepte du bean-to-bar (travail au départ de la fève jusqu'à obtention du produit fini, Ndlr) le grand public connaît-il vraiment? sourit-il. Thibaut Legast est le premier que j'ai rencontré et qui a cru dans mon projet de rassembler sous une même enseigne des artisans comme lui. Frédéric Blondeel aussi mais, au départ, il pensait que je voulais simplement revendre ses produits par internet. Ça ne l'intéressait pas du tout. Comme le milieu est petit, une saine émulation s'est mise en place en même temps qu'un effet d'entraînement. Aujourd'hui, ils sont neuf dont six sont de la mouvance bean-to-bar comme Herman Van Dender et François Deremiens." Sur son e-shop (www. belgiumchocolatiers.com), Philippe Bodart présente des coffrets à la carte à destination des entreprises et des particuliers. Chaque chocolatier propose trois pralines et les coffrets sont vendus, suivant leur taille, à des prix variant de 17,90 à 49,90 euros. Des produits annexes comme des pâtes à tartiner ou des pépites de chocolat sont aussi disponibles. A la fin 2020, Philippe Bodart a ajouté un joli point de vente dans sa maison, à Walhain. E-shop compris, Belgium Chocolatiers aura nécessité un investissement de 50.000 euros financés sur fonds propres grâce au package de licenciement reçu de Kone. "A côté du magasin, j'ai aussi créé un atelier qui me permet de conserver la praline dans les meilleures conditions, conclut Philippe Bodart. Je gère les stocks au plus près pour garantir la fraîcheur des produits. Aujourd'hui, le B to B représente 40% des ventes, le B to C pareil et le magasin les 20% restants." Au bout de deux ans, même si Belgium Chocolatiers se considère encore en phase de développement et d'ajustement, les affaires décollent bien. La preuve, trois autres chocolatiers vont rejoindre l'équipe cette année.