Depuis Gutenberg, les techniques d'impression n'ont cessé d'évoluer. Aujourd'hui, grâce à la révolution numérique, il est possible d'imprimer quasiment tout ce que l'on souhaite sur tout type de support. Les acteurs de l'industrie des arts graphiques doivent donc réinventer leur business model à l'aune de cette révolution numérique. Et doivent intégrer ses potentialités dans leurs modes de production et de commercialisation. Ainsi, l'imprimerie liégeoise Snel a décidé de jouer la carte de la personnalisation.
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Depuis Gutenberg, les techniques d'impression n'ont cessé d'évoluer. Aujourd'hui, grâce à la révolution numérique, il est possible d'imprimer quasiment tout ce que l'on souhaite sur tout type de support. Les acteurs de l'industrie des arts graphiques doivent donc réinventer leur business model à l'aune de cette révolution numérique. Et doivent intégrer ses potentialités dans leurs modes de production et de commercialisation. Ainsi, l'imprimerie liégeoise Snel a décidé de jouer la carte de la personnalisation. L'entreprise wallonne située dans le zoning industriel des Hauts-Sarts à Vottem vient ainsi d'investir 2,5 millions d'euros dans une nouvelle rotative digitale qui lui permet de personnaliser ses imprimés. " Il n'y a que cinq rotatives ProStream Canon Océ de par le monde, dont une ici ", se félicite Stephane de Beni, administrateur délégué de Snel. " Cette machine permet de réduire certains frais de démarrage, de produire uniquement la quantité nécessaire et surtout de personnaliser les imprimés avec des données variables comme le texte et les images ", poursuit Roland Soubras, l'autre administrateur délégué. Stephane de Beni et Roland Soubras possèdent chacun 50% de la société, qui emploie aujourd'hui 75 personnes et a réalisé l'année passée un chiffre d'affaires de 12 millions d'euros. Pour faire savoir à leurs clients et aux éventuels prospects qu'ils possèdent cette nouvelle rotative permettant " une personnalisation de masse ", les deux entrepreneurs ont réussi à attirer une tête de gondole de renom, le Chat. En effet 5.000 exemplaires du 22e album de ses aventures ( La rumba du Chat, prévue le 30 octobre prochain) y seront personnalisés. Le père du Chat est venu en personne présenter cette première mondiale. " Quand Roland Soubras m'a parlé de sa nouvelle machine, j'ai tout de suite su que nous allions nous amuser, raconte Philippe Geluck. Nous allons tenter une expérience inédite et j'ai l'intuition qu'elle va rendre les fans du Chat fous de désir. " L'album est triplement personnalisable : il est possible d'intégrer le nom de celui ou celle à qui il est destiné en première et dernière page de l'album et d'y intégrer sa photo en page 30. Bénéficier de la notoriété de Philippe Geluck et de son Chat, c'est évidemment tout bon. Mais l'objectif de l'imprimerie Snel n'est pas de se focaliser sur la BD, que du contraire. " Avec notre investissement, plein de possibilités B to B s'ouvrent à nous, précise Stephane de Beni. Produire un même catalogue à des centaines de milliers d'exemplaires devient de plus en plus rare. Ce n'est en effet pas toujours efficace, moins écologique et le retour sur investissement est difficile à mesurer. Aujourd'hui, nos clients rêvent davantage de ciblage comportemental. Une fois qu'ils ont défini la cible à atteindre, ils veulent la toucher avec le message le plus pertinent et en utilisant le canal le plus approprié, pour un coût aussi minime que possible. Dans ce contexte, la tendance générale consiste à produire intelligemment. Les possibilités que nous offrons sont infinies : on peut personnaliser des catalogues, des magazines, des tarifications avec des critères aussi différents que la délimitation géographique, la périodicité, la différence linguistique, etc. "Par Jérémie Demeyer.