L'année 2018 fut la deuxième meilleure de l'histoire de Skeyes, tout comme 2017, avec un seul incident de catégorie A ("sévère") et trois de catégorie B ("majeur"). Aucun fait dans ces deux classes n'avait par contre été répertorié en 2016. Compte tenu de l'augmentation du nombre de mouvements aériens l'an dernier, le résultat est même un peu meilleur que l'année précédente.

Skeyes a investi 100 millions d'euros entre 2014 et 2019 dans ses systèmes, dont une majeure partie dans des projets liés à la sécurité, mais aussi dans les procédures et les ressources humaines. Les effectifs sont ainsi passés à 14 personnes au sein de la 'Safety unit'.

Depuis plusieurs années, l'entreprise a en outre développé une culture du signalement ('just culture') sans sanction à la clé pour des erreurs humaines non intentionnelles. Chaque incident est signalé afin de voir comment il est possible d'éviter des incidents similaires à l'avenir. La société a toutefois constaté une légère diminution du nombre de signalements (1.489 contre 1.809 un an plus tôt). Elle réinvite donc le ministre de la Mobilité François Bellot à prendre un arrêté royal ancrant ce principe et créant un cadre juridique à cet effet.

Dans seulement 5,5% des cas (soit 83 signalements sur les 1.489), l'entreprise porte au moins une responsabilité partielle: 61 fois pour des incidents de catégorie E ("sans impact sur la sécurité"), un nombre qui la conforte de l'importance de sa culture du signalement, et 17 fois pour des incidents de catégorie C ("significatif").

L'ex-Belgocontrol est par ailleurs frappée par la hausse du nombre d'incidents avec des drones, qui est passé de 15 à 31. Si, à l'étranger, des problèmes beaucoup plus importants se sont déjà produits, ce n'est pas le cas en Belgique. Skeyes a d'ailleurs pris plusieurs initiatives pour tenir ces appareils à l'écart des aéroports et pour mettre en place des procédures si des incidents devaient néanmoins se produire. Elle va en outre tester un certain nombre de systèmes de détection dans les mois à venir, précise-t-elle. Enfin, les soucis causés par des pointeurs laser continuent de baisser. Il y en a eu 83 l'an dernier, pour 101 en 2017.