"Tout le monde le demande: les clients, les responsables d'agence, les actionnaires", relève Marc Lauwers, CEO du groupe anversois Argenta depuis septembre 2016. "Et nous devons oser avouer qu'en numérisation, Argenta accuse un retard vis-à-vis des grandes banques".
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"Tout le monde le demande: les clients, les responsables d'agence, les actionnaires", relève Marc Lauwers, CEO du groupe anversois Argenta depuis septembre 2016. "Et nous devons oser avouer qu'en numérisation, Argenta accuse un retard vis-à-vis des grandes banques".Et la cinquième banque du pays met ainsi tout en oeuvre pour éliminer son retard numérique. Cela s'accompagne d'un investissement dans une plateforme informatique flambant neuve. Mais la nouvelle stratégie numérique a aussi des conséquences sur l'approche client et le réseau d'agences."Si nous offrons plus de services par voie numérique, les collaborateurs dans les agences pourront libérer davantage de temps pour le conseil aux clients", explique Lauwers. "Les agences restent très importantes pour Argenta, elles n'auront certainement pas un rôle de second rang. Mais nous comptons actuellement environ 500 agences, principalement en Flandre. Et je ne suis pas certain que nous en aurons encore besoin de 500 dans le futur".Lauwers affirme qu'il désire jouer cartes sur table avec ses responsables d'agence. Le réseau d'Argenta emploie exclusivement des agents indépendants. Pour l'expansion en Wallonie aussi, un choix s'impose, réalise Lauwers: "Nous avons à ce jour 25 agences en Wallonie. Nous devons décider si nous désirons encore y investir dans des localisations physiques, ou alors miser sur une numérisation poussée."La stratégie numérique pour Argenta Belgique n'est clairement pas encore entièrement définie. Le nouveau chief digital officer Geert Van Hove (débauché chez Belfius) n'est en fonction que depuis quelques semaines. Sur base de ses propositions, le conseil d'administration d'Argenta prendra des décisions vers le milieu de cette année, selon Lauwers.Aux Pays-Bas, la donne est différente. Chez nos voisins, Argenta est une banque entièrement numérique, avec 300.000 clients et une plateforme informatique implémentée. "Les Pays-Bas font un peu office de laboratoire numérique pour nous", continue Lauwers. "Nous pouvons apprendre sur base de leurs expériences." Ensuite, Argenta est également un courtier en crédits hypothécaires, aux Pays-Bas.Le CEO d'Argenta ajoute que la banque n'est pas soumise à de lourdes contraintes de temps pour ses transformations belges. Les résultats de 2016 se sont avérés bons. Argenta a enregistré 246 millions d'euros de bénéfice, un peu plus que les 245 millions d'euros de 2015. Malgré la faiblesse des taux d'intérêt, les revenus d'intérêts nets augmentent légèrement, à 666 millions d'euros. Et la vente des fonds et des produits d'assurance a généré 50 millions d'euros de revenus de commissions.Ces commissions augmentent année après année, mais elles ne représentent toujours que 8% des revenus globaux. Cette proportion devrait être bien plus importante, selon Lauwers, si Argenta désire moins dépendre des revenus d'intérêts. Certainement maintenant que d'importants investissements en numérisation sont au programme des prochaines années. Ces investissements auront immanquablement un impact négatif sur les coûts et sur le ratio cost-income actuellement favorable d'Argenta (51%). Argenta ambitionne une plus grande part de marché dans les fonds d'investissement et les assurances. "Le potentiel de croissance est considérable", estime Lauwers. "Notre part de marché dans les fonds a crû jusqu'à 3,2%, mais elle peut encore progresser. Dans les assurances aussi, il y a encore beaucoup de marge de croissance". Dans les assurances vie, le marché s'est toutefois effondré du fait de la faiblesse des taux d'intérêt, des taxes élevées sur les primes et de l'insécurité sur les marchés financiers. Dans les assurances non-vie (ou assurances dommage), Argenta croît de 10% l'an, mais la base reste très étroite. En 2016, à peine 128 millions de revenus de primes ont été comptabilisés en non-vie."Grâce aux investissements dans les technologies de l'information, nous désirons offrir davantage d'options aux clients et développer notre position dans les assurances dommage", précise Lauwers. "Nous avons aussi du travail sur le plan commercial. Un client Argenta moyen achète seulement 0,6 assurance non-vie, alors que la moyenne du secteur est de 1,2 produit de ce type par client". Pour 2017, Argenta prévoit que la pression sur les marges bénéficiaires augmentera. En 2016, la marge d'intérêts a reculé pour la première fois, certes d'à peine deux points de base. "Nous prévoyons une poursuite de cette tendance en 2017", précise le CFO Geert Ameloot. "L'an dernier, nous avons pu compenser l'érosion des marges par la vente de plus de crédits."Hors refinancements internes, Argenta a vendu l'an dernier pour 5,1 milliards d'euros de nouveaux crédits logement. Le portefeuille hypothécaire a dès lors progressé de 9%, à 26,8 milliards d'euros. Dont 16,4 milliards d'euros aux Pays-Bas et 10,4 milliards d'euros en Belgique. Les fonds sous gestion ont également crû de 2,3 milliards d'euros, à 42,5 milliards. La progression se situe surtout au niveau des comptes d'épargne et des comptes courants.