Le réseau social Twitter vient de lancer des abonnements payants. La plateforme reste évidemment gratuite pour les utilisateurs, mais certains peuvent décider de devenir des "super follower" en s'abonnant pour 3, 5, ou 10 euros à des comptes d'influenceurs. Grâce à cet abonnement, les utilisateurs pourront profiter ainsi de contenus exclusifs de la part de l'influenceur, mais pas seulement. D'après Esther Crawford, directrice produit chez Twitter les "super follower" pourront aussi "participer à des conversations auxquelles seuls les autres abonnés payants ont accès". La fonctionnalité fait ses débuts aux Etats-Unis et au Canada, pour un groupe limité de créateurs et de créatrices.

Ce n'est pas la première offre payante de Twitter. En mai, la plateforme a lancé "Tip Jar" qui permet de donner des pourboires à des comptes. Depuis juin, le réseau social propose aussi aux utilisateurs canadiens et australiens un abonnement à 3,50 dollars par mois, qui offre de nouvelles fonctionnalités comme ranger ses tweets dans des catégories, un mode "lecture" et un bouton "annuler" permettant de visualiser les tweets avant envoi définitif et de les modifier.

Gagner en indépendance par rapport aux recettes publicitaires

Twitter n'est pas la première plateforme à lancer ce genre de fonctionnalité. Depuis 2018, la plateforme de streaming de vidéo et d'audio YouTube a elle aussi lancé plusieurs abonnements payants. Tout comme sur Twitter, certains abonnements permettent d'avoir plus de fonctionnalités sur l'application (Youtube Prenium). On retrouve aussi la possibilité de s'abonner en payant à un compte pour avoir du contenu exclusif (Channel Membership).

Difficile de comprendre pourquoi ces géants de la Big Tech, qui ont construit leur empire sur la gratuité, décident aujourd'hui de proposer des offres payantes sur leurs plateformes. Le fait est que leur revenu est en partie basé sur les revenus publicitaires, des revenus qui ne sont donc pas stables. En proposant ces abonnements, cela leur permet une rentrée d'argent sûre et connue. En effet, certains annonceurs ont aujourd'hui des réticences à passer par ces plateformes, de peur d'être associés à des vidéos pouvant être controversées. Par exemple, le journal du Guardian s'était aperçu que ses campagnes publicitaires étaient proposées sur des vidéos de suprématistes blancs.

Capture d'écran., YouTube
Capture d'écran. © YouTube

Attirer les créateurs de contenus

Mais ce n'est pas que par peur de voir partir les annonceurs que ces plateformes tentent leur chance dans le payant. Le fait est qu'aujourd'hui leur succès repose majoritairement sur les créateurs de contenus qui font vivre les plateformes en ramenant du trafic, ce qui attire donc les annonceurs. Problème, les créateurs de contenus commencent à tirer la langue. Pour pouvoir monétiser leur audience - grâce aux revenus publicitaires - ces derniers se voient dans l'obligation de poster toujours plus, et à un rythme effréné. Sans compter la pression de ces mêmes annonceurs qui désirent un contenu toujours plus lisse, ce qui entraîne censure et démonétisation - notamment de la part de YouTube et de son algorithme.

De nombreux créateurs passent déjà par d'autres plateformes pour toucher de l'argent directement de la part de leurs abonnés, comme la plateforme Patreon - qui a reversé 1 milliard de dollars en 2020 aux créateurs de contenu. Mais ici, le but est bien de simplifier la démarche et permettre aux créateurs de monétiser plus facilement leur audience, tout en s'inquiétant moins des problèmes de censure qui mènent à la démonétisation de leur contenu. En gros, les garder le plus longtemps chez eux pour pouvoir profiter des revenus qu'ils génèrent.

Marine Andrieu

Le réseau social Twitter vient de lancer des abonnements payants. La plateforme reste évidemment gratuite pour les utilisateurs, mais certains peuvent décider de devenir des "super follower" en s'abonnant pour 3, 5, ou 10 euros à des comptes d'influenceurs. Grâce à cet abonnement, les utilisateurs pourront profiter ainsi de contenus exclusifs de la part de l'influenceur, mais pas seulement. D'après Esther Crawford, directrice produit chez Twitter les "super follower" pourront aussi "participer à des conversations auxquelles seuls les autres abonnés payants ont accès". La fonctionnalité fait ses débuts aux Etats-Unis et au Canada, pour un groupe limité de créateurs et de créatrices.Ce n'est pas la première offre payante de Twitter. En mai, la plateforme a lancé "Tip Jar" qui permet de donner des pourboires à des comptes. Depuis juin, le réseau social propose aussi aux utilisateurs canadiens et australiens un abonnement à 3,50 dollars par mois, qui offre de nouvelles fonctionnalités comme ranger ses tweets dans des catégories, un mode "lecture" et un bouton "annuler" permettant de visualiser les tweets avant envoi définitif et de les modifier.Gagner en indépendance par rapport aux recettes publicitairesTwitter n'est pas la première plateforme à lancer ce genre de fonctionnalité. Depuis 2018, la plateforme de streaming de vidéo et d'audio YouTube a elle aussi lancé plusieurs abonnements payants. Tout comme sur Twitter, certains abonnements permettent d'avoir plus de fonctionnalités sur l'application (Youtube Prenium). On retrouve aussi la possibilité de s'abonner en payant à un compte pour avoir du contenu exclusif (Channel Membership).Difficile de comprendre pourquoi ces géants de la Big Tech, qui ont construit leur empire sur la gratuité, décident aujourd'hui de proposer des offres payantes sur leurs plateformes. Le fait est que leur revenu est en partie basé sur les revenus publicitaires, des revenus qui ne sont donc pas stables. En proposant ces abonnements, cela leur permet une rentrée d'argent sûre et connue. En effet, certains annonceurs ont aujourd'hui des réticences à passer par ces plateformes, de peur d'être associés à des vidéos pouvant être controversées. Par exemple, le journal du Guardian s'était aperçu que ses campagnes publicitaires étaient proposées sur des vidéos de suprématistes blancs.Attirer les créateurs de contenusMais ce n'est pas que par peur de voir partir les annonceurs que ces plateformes tentent leur chance dans le payant. Le fait est qu'aujourd'hui leur succès repose majoritairement sur les créateurs de contenus qui font vivre les plateformes en ramenant du trafic, ce qui attire donc les annonceurs. Problème, les créateurs de contenus commencent à tirer la langue. Pour pouvoir monétiser leur audience - grâce aux revenus publicitaires - ces derniers se voient dans l'obligation de poster toujours plus, et à un rythme effréné. Sans compter la pression de ces mêmes annonceurs qui désirent un contenu toujours plus lisse, ce qui entraîne censure et démonétisation - notamment de la part de YouTube et de son algorithme.De nombreux créateurs passent déjà par d'autres plateformes pour toucher de l'argent directement de la part de leurs abonnés, comme la plateforme Patreon - qui a reversé 1 milliard de dollars en 2020 aux créateurs de contenu. Mais ici, le but est bien de simplifier la démarche et permettre aux créateurs de monétiser plus facilement leur audience, tout en s'inquiétant moins des problèmes de censure qui mènent à la démonétisation de leur contenu. En gros, les garder le plus longtemps chez eux pour pouvoir profiter des revenus qu'ils génèrent. Marine Andrieu