On va parler aujourd'hui des choses invisibles à l'oeil nu. On démarre avec le fait qu'en Flandre, le taux de chômage n'est que de 5.9% alors qu'il est de 15 % à Bruxelles et de presque 8 % en Wallonie.

Et encore, ça ce sont les chiffres officiels, la réalité est hélas sans doute plus dure encore si l'on tient compte des exclus du chômage et qui ne sont pas non plus dans les statistiques des CPAS.

En temps normal, en tout cas c'était comme ça pendant des siècles, les hommes et les femmes migraient pour trouver du travail. Ils allaient là où le travail se trouve.

En Belgique, tout cela est compliqué par la barrière linguistique, même si pour certains métiers, les employeurs flamands n'en font pas une barrière infranchissable.

La preuve, c'est que des ouvriers français sont aujourd'hui employés en Flandre. C'est vrai aussi que ce divorce entre le nord et le sud du pays peut choquer, surtout que le Forem vient de publier une étude qui montre que malgré ses 200.000 chômeurs, la Wallonie compte 126 métiers en pénurie.

Si je parle de cette migration ou absence de migration des travailleurs vers les lieux où se trouvent les emplois, c'est parce qu'elle en dit long sur l'état d'esprit d'un pays.

Aux Etats-Unis, par exemple, les maisons sont très souvent fabriquées en bois car les Américains sont habitués à bouger pour trouver un emploi. En Belgique, la barrière de la langue et les droits d'enregistrement à 12.5% sont autant de freins réels ou perçus comme tel pour empêcher cette migration du travail.

J'en parle aujourd'hui parce qu'un économiste Richard Baldwin, rejoint en cela par d'autres études sur le sujet, pense que si hier encore les hommes migraient pour trouver du travail, demain, c'est le travail qui va migrer là où les hommes coûtent moins cher.

Pourquoi ? Mais à cause du télétravail ! Le télétravail est plébiscité par les Belges, et c'est normal, travailler à domicile et éviter les trajets domicile-travail, c'est un plaisir.

Le souci, c'est que si le travail de l'employé belge ou français peut être effectué plusieurs jours semaine de son village, alors pourquoi ne pourrait-il pas être effectué de Tunisie ou d'Asie ? C'est ce que pense l'économiste Richard Baldwin. D'autres études confirment son sentiment. Baldwin parle de "télémigration".

En d'autres mots, il parle d'une époque qui pourrait s'ouvrir et dans laquelle, ce n'est pas l'emploi de l'ouvrier qui serait délocalisé, mais bien celui de l'architecte, de l'analyste crédit ou du spécialiste marketing. Bref, c'est le travail des diplômés - des fameux cols blancs - qui serait menacé à moyen terme. Est-ce à dire que cela va se produire ?

Non, pas nécessairement, surtout si ces cadres en question se forment de manière continue. Mais ce danger potentiel montre l'importance de capter les signaux faibles, des signaux invisibles à l'oeil nu, pour s'y préparer. Les Chinois le disent mieux avec leur proverbe : lorsque le sage montre la lune du doigt, l'idiot regarde le doigt.

On va parler aujourd'hui des choses invisibles à l'oeil nu. On démarre avec le fait qu'en Flandre, le taux de chômage n'est que de 5.9% alors qu'il est de 15 % à Bruxelles et de presque 8 % en Wallonie. Et encore, ça ce sont les chiffres officiels, la réalité est hélas sans doute plus dure encore si l'on tient compte des exclus du chômage et qui ne sont pas non plus dans les statistiques des CPAS. En temps normal, en tout cas c'était comme ça pendant des siècles, les hommes et les femmes migraient pour trouver du travail. Ils allaient là où le travail se trouve. En Belgique, tout cela est compliqué par la barrière linguistique, même si pour certains métiers, les employeurs flamands n'en font pas une barrière infranchissable. La preuve, c'est que des ouvriers français sont aujourd'hui employés en Flandre. C'est vrai aussi que ce divorce entre le nord et le sud du pays peut choquer, surtout que le Forem vient de publier une étude qui montre que malgré ses 200.000 chômeurs, la Wallonie compte 126 métiers en pénurie. Si je parle de cette migration ou absence de migration des travailleurs vers les lieux où se trouvent les emplois, c'est parce qu'elle en dit long sur l'état d'esprit d'un pays. Aux Etats-Unis, par exemple, les maisons sont très souvent fabriquées en bois car les Américains sont habitués à bouger pour trouver un emploi. En Belgique, la barrière de la langue et les droits d'enregistrement à 12.5% sont autant de freins réels ou perçus comme tel pour empêcher cette migration du travail. J'en parle aujourd'hui parce qu'un économiste Richard Baldwin, rejoint en cela par d'autres études sur le sujet, pense que si hier encore les hommes migraient pour trouver du travail, demain, c'est le travail qui va migrer là où les hommes coûtent moins cher. Pourquoi ? Mais à cause du télétravail ! Le télétravail est plébiscité par les Belges, et c'est normal, travailler à domicile et éviter les trajets domicile-travail, c'est un plaisir. Le souci, c'est que si le travail de l'employé belge ou français peut être effectué plusieurs jours semaine de son village, alors pourquoi ne pourrait-il pas être effectué de Tunisie ou d'Asie ? C'est ce que pense l'économiste Richard Baldwin. D'autres études confirment son sentiment. Baldwin parle de "télémigration". En d'autres mots, il parle d'une époque qui pourrait s'ouvrir et dans laquelle, ce n'est pas l'emploi de l'ouvrier qui serait délocalisé, mais bien celui de l'architecte, de l'analyste crédit ou du spécialiste marketing. Bref, c'est le travail des diplômés - des fameux cols blancs - qui serait menacé à moyen terme. Est-ce à dire que cela va se produire ? Non, pas nécessairement, surtout si ces cadres en question se forment de manière continue. Mais ce danger potentiel montre l'importance de capter les signaux faibles, des signaux invisibles à l'oeil nu, pour s'y préparer. Les Chinois le disent mieux avec leur proverbe : lorsque le sage montre la lune du doigt, l'idiot regarde le doigt.