Depuis la mort de George Floyd, le débat sur les technologies de reconnaissance faciale a repris de plus belle. Objet d'une enquête au Congrès américain en vue d'une régulation stricte, elles sont accusées de menacer les libertés publiques. La reconnaissane faciale est, en effet, utilisée par les services de police notamment pour identifier des manifestants.
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Depuis la mort de George Floyd, le débat sur les technologies de reconnaissance faciale a repris de plus belle. Objet d'une enquête au Congrès américain en vue d'une régulation stricte, elles sont accusées de menacer les libertés publiques. La reconnaissane faciale est, en effet, utilisée par les services de police notamment pour identifier des manifestants. Le souci provient des discriminations que la plupart des systèmes utilisés engendrent en raison d'une moindre fiabilité dans la reconnaissance des personnes qui ne sont pas blanches. Cette future régulation, outre les aspects éthiques et humains, n'est pas non plus innocente en termes financiers puisque le marché de la reconnaissance faciale, aujourd'hui évalué à 4,4 milliards de dollars, est appelé à tripler dans les cinq ans. Un marché dont IBM a décidé de se retirer complètement. Big Blue a cessé la commercialisation de ses logiciels puisque son nouveau CEO, Arvind Krishna, refuse l'utilisation de sa technologie à " des fins de surveillance de masse, de profilage racial et de violations des droits et des libertés humaines ". Il rejoint ainsi Google qui, depuis longtemps, refuse de vendre ses logiciels aux forces de l'ordre ou à l'armée. Mais aussi Microsoft qui, par la voix de Brad Smith, son n°2, a confirmé son point de vue la semaine dernière : " Nous ne vendons pas notre technologie de reconnaissance faciale à des services de police américains à l'heure actuelle, et tant qu'il n'y aura pas de législation fédérale solide basée sur les droits humains, nous ne vendrons pas cette technologie aux forces de l'ordre ". Face à ce mur, Amazon n'a pas eu d'autre choix que de suivre le mouvement. Jusqu'ici, le groupe ne trouvait rien à redire à l'utilisation de Rekognition, sa technologie de reconnaissance faciale, par les forces de l'ordre, mais à la surprise générale, il a donc changé d'avis vendredi dernier. Sauf concernant son utlisation dans deux cas précis : la traite d'êtres humains et la disparition d'enfants.