C'est un coup de tonnerre dans l'univers du ballon rond. Un tremblement de terre sur le gazon des droits de retransmission. Il y a quelques jours à peine, le géant Amazon a décroché les droits télévisés de la majorité des matchs de Ligue 1 (le championnat de football français) pour la période 2021-2024. Le numéro un mondial de l'e-commerce ajoute ainsi un nouveau trophée à son palmarès sportif, après s'être offert les retransmissions de plusieurs compétitions aux Etats-Unis (l'US Open de tennis, le championnat de football américain, etc.) et en Europe (certaines rencontres de la Champions League et, récemment, plusieurs matchs de Roland-Garros).
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C'est un coup de tonnerre dans l'univers du ballon rond. Un tremblement de terre sur le gazon des droits de retransmission. Il y a quelques jours à peine, le géant Amazon a décroché les droits télévisés de la majorité des matchs de Ligue 1 (le championnat de football français) pour la période 2021-2024. Le numéro un mondial de l'e-commerce ajoute ainsi un nouveau trophée à son palmarès sportif, après s'être offert les retransmissions de plusieurs compétitions aux Etats-Unis (l'US Open de tennis, le championnat de football américain, etc.) et en Europe (certaines rencontres de la Champions League et, récemment, plusieurs matchs de Roland-Garros). Concrètement, cela veut donc dire qu'un téléspectateur français devra obligatoirement s'abonner au service Prime Video d'Amazon pour suivre les matchs les plus prestigieux de la Ligue 1. Les rencontres les moins alléchantes du championnat français seront, quant à elles, diffusées par un autre acteur des médias, encore inconnu à ce jour puisque le partenaire historique Canal+ a finalement décidé de se retirer, déçu du choix des autorités du foot français. Désireux de booster sa plateforme numérique sur le marché européen, le géant de l'e-commerce réalise une bonne affaire puisqu'il rachète à "bas prix" (250 millions d'euros par an) les droits chèrement acquis jadis par le diffuseur Mediapro (780 millions par an) qui a dû finalement jeter l'éponge, faute d'argent. "D'un point de vue français, l'arrivée d'Amazon sur le marché des droits télé est une surprise, mais d'un point de vue global, cela n'a rien d'étonnant puisque ce géant a toujours été à l'affût des bonnes opportunités, note le consultant Pierre Maes, auteur du livre Le business des droits TV du foot. Par la force des choses, Amazon devient de plus en plus un média, mais pas un média classique. Je dirais qu'il adopte plutôt un positionnement à la Netflix." Le téléspectateur belge doit-il craindre de voir également les matchs de "sa" Pro League migrer un jour vers la plateforme du géant américain? L'expert en droits sportifs n'y croit pas trop dans la mesure où le marché belge est petit et atypique et qu'Amazon n'a montré son intérêt jusqu'ici que pour des matchs des "Big Five", à savoir les championnats anglais, allemand, espagnol, italien et français. En revanche, l'option de voir passer un jour la prestigieuse Champions League sous la coupe de ce Gafa n'est pas exclue. "Avec ses 400 milliards de chiffre d'affaires, Amazon n'aurait pas trop de mal à débourser 3 milliards d'euros pour s'offrir les droits de cette compétition européenne, déclare Pierre Maes. Mais ça, c'est la théorie, car jusqu'à présent, ces droits sont négociés pays par pays pour maximiser le profit." Quid des Diables Rouges? Se pourrait-il qu'une compétition comme l'Euro passe aussi à l'avenir sous pavillon Amazon? Que les supporters se rassurent: comme la Coupe du monde, la grand-messe du football européen figure sur la liste des "événements protégés". L'article 4 du décret sur les services médias audiovisuels (SMA) repris dans l'arrêté du gouvernement du 8 juin 2004 précise en effet que ces grands rendez-vous à caractère belge doivent pouvoir être captés en accès libre "par 90% des foyers équipés d'une installation de réception de services télévisuels linéaires". Ouf.