Amazon est une machine à recruter : l'entreprise a engagé 110.000 personnes en 2016. Tous les pays s'arrachent l'entreprise. En France, environ 4000 personnes travaillent pour l'entreprise américaine dans les plateformes construites à travers le pays. Un cinquième centre logistique a été créé près d'Amiens.
...

Amazon est une machine à recruter : l'entreprise a engagé 110.000 personnes en 2016. Tous les pays s'arrachent l'entreprise. En France, environ 4000 personnes travaillent pour l'entreprise américaine dans les plateformes construites à travers le pays. Un cinquième centre logistique a été créé près d'Amiens. La Belgique ne profite hélas pas de ces emplois nouveaux, bien qu'ils soient critiqués. Amazon vend en Belgique, mais n'y est pas présent. Il fournit ses clients au départs des bases logistiques des pays voisins comme la France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne. Les principaux bénéficiaires indirects sont les sociétés logistiques, surtout Bpost. Il y a tout au plus une activité de représentation européenne -le fameux lobbying- assurée par Eirini Zafeiratou, qui occupe le poste de Director, EU Public Policy, et 3 ou 4 personnes, mais encore aucune implantation commerciale, aucune société. Trois fois l'effectif d'AppleLe groupe recrute beaucoup car il connaît une forte croissance annuelle. En 2016, les ventes ont augmenté de 27%, à 136 milliards de dollars. Il occupe nettement plus de monde que les entreprises technologiques les plus connues comme Apple (116.000 personnes), Alphabet (Google) avec 72.000 employés, ou Facebook, qui n'occupe "que" 17.000 salariés. Cela tient au type d'affaires que gère Amazon, qui est dans la distribution, où il faut beaucoup de plateformes logistiques. Le groupe compte au moins 362 plateformes dans le monde, dont 214 aux Etats-Unis. Le rythme de recrutement élevé explique pourquoi Jeff Bezos, CEO d'Amazon, n'a aucun mal à promettre au nouveau président Donald Trump plus de 100.000 nouveaux emplois nouveaux dans les 18 prochains mois. Amazon ne boude pas la Belgique, mais s'attaque d'abord aux grands pays. C'est donc l'Allemagne qui est la plus grande base logistique (et commerciale) en Europe, avec 23 centres logistiques. Il n'y a pas de site Amazon.be, et pas vraiment de site néerlandais (Amazon.nl ne porte sur sur les livres électroniques). Le Luxembourg est mieux pourvu puisqu'il reçoit le siège européen du groupe, Amazon Europe Core SARL, qui facture officiellement les clients européens, et occupe du personnel administratif, mais il n'existe pas d'Amazon.lu.Le poids d'Amazon en BelgiqueLe poids d'Amazon en Belgique est un grand mystère. La société ne publie aucun chiffre et se montre fort discrète. Il y a des évaluations qui vont de 400 à 800 millions d'euros pour 2016. Lorsqu'un nouveau service est lancé par Amazon aux Etats-Unis ou en France, il n'est jamais certain qu'il arrive en Belgique. L'offre est donc plus réduite. L'abonnement Premium pour se faire livrer plus vite a été proposé tardivement, cette année, longtemps après la France, de même que le service Amazon Prime Video qui y est attaché (49 euros par an). Il se peut qu'Amazon finisse par recruter en Belgique s'il souhaite développer la livraison rapide. A Paris les abonnés Premium peuvent se faire livrer en deux heures. Le service Premium n'est pas très rapide, il livre en un jour ouvré, c'est à dire le surlendemain de la commande. Sur le plan concurrentiel, Amazon est donc moins rapide que Coolblue ou Media Markt, qui livrent le lendemain. Il devra peut-être installer une plateforme Premium en Belgique s'il souhaite aller beaucoup plus vite. Amazon est aussi intéressé à se développer dans l'alimentation, dans des villes américaines, à Londres et à Paris. S'il veut le faire en Belgique, à Bruxelles ou Anvers, il devra avoir des installations en Belgique. Mais ce sont des suppositions : Amazon peut estimer qu'il a mieux à faire, pour l'heure, à développer de grands pays qu'à s'intéresser à un petit marché où l'on parle plusieurs langues.