Dans un communiqué, l'avionneur européen "prend acte" de l'autorisation accordée aux Etats-Unis par l'Organisation mondiale du commerce (OMC) de prendre des contre-mesures en taxant des biens européens représentant au total 7,5 milliards de dollars, dans le conflit qui oppose Boeing à Airbus depuis quinze ans.

De telles sanctions, si elles étaient décidées par Washington, "constitueraient un obstacle au libre-échange et auraient un impact négatif non seulement sur les compagnies américaines mais également sur les emplois, les fournisseurs et les passagers américains", prévient Guillaume Faury, cité dans le communiqué.

"Airbus espère donc que les États-Unis et l'UE accepteront de trouver une solution négociée avant de causer de graves préjudices au secteur aéronautique ainsi qu'aux relations commerciales et à l'économie mondiale", ajoute-t-il.

D'autant que, dans une procédure miroir, l'OMC devrait autoriser au printemps l'Union européenne à imposer elle aussi des droits de douane en réaction à des subventions indues versées par le gouvernement américain à Boeing.

"L'application de droits de douane des deux côtés aurait de graves répercussions sur les secteurs industriels des États-Unis et de l'UE, entraînant ainsi une augmentation des coûts liée à l'acquisition de nouveaux aéronefs tant pour les compagnies américaines que pour les compagnies européennes", déplore Airbus.

"Près de 40% des approvisionnements liés à des appareils Airbus proviennent de fournisseurs américains de produits aéronautiques et spatiaux", observe le constructeur européen.

Cette chaîne d'approvisionnement représente 275.000 emplois dans 40 Etats américains et un volume de dépense de 50 milliards de dollars ces trois dernières années, selon lui.

Airbus dispose notamment à Mobile (Alabama, sud) d'une chaîne d'assemblage pour l'A220 et d'une autre pour l'A320.