Elle n'a que quatre avions, des longs-courriers Airbus A340, mais a pu en faire voler la moitié. Pour des rapatriements, " parfois des vols que d'autres ne voulaient pas assurer ", précise Niky Terzakis, son CEO. Et pour transporter du fret médical, " dont 200 millions de masques ". Au total, ces activités ont ramené 10,5 millions d'euros.
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Elle n'a que quatre avions, des longs-courriers Airbus A340, mais a pu en faire voler la moitié. Pour des rapatriements, " parfois des vols que d'autres ne voulaient pas assurer ", précise Niky Terzakis, son CEO. Et pour transporter du fret médical, " dont 200 millions de masques ". Au total, ces activités ont ramené 10,5 millions d'euros. Un préambule pour expliquer, justifier même, l'apport de 7,5 millions d'euros des pouvoirs publics (SRIW, Sogepa, SFPI) dans les comptes d'Air Belgium, qui occupe 350 salariés, sans envisager de licencier. L'argent ne servira " pas à nous renflouer, mais pour notre développement ", assure Niky Terzakis, qui estime que la crise dopera l'appétit pour des vols directs. Le CEO annonce dans la fouée des liaisons vers l'île Maurice, en direct de Zaventem, à partir de décembre, puis vers les Etats-Unis et l'Afrique en 2021, " aucune de ces destinations n'étant desservie par Brussels Airlines ". Impactée par la crise, la compagnie estime être en meilleure santé. Elle a pu corriger un démarrage manqué en 2018, avec des vols Charleroi-Hong Kong vite arrêtés en raison d'un partenariat défectueux avec un voyagiste chinois. Elle a dégagé en 2019, ô surprise, un bénéfice avant impôt de 5,6 millions d'euros sur 62,5 millions de ventes, et annonce 50% de croissance au premier trimestre 2020. Le tout grâce à un travail forcené pour opérer des vols de remplacement de compagnies installées comme LOT, entre la Pologne et les Etats-Unis, ou British Airways. Elle a redémarré fin 2019 des vols réguliers à son compte vers les Antilles françaises. Suspendus par la crise, ils reprennent ce 15 juillet. Les fonds publics qui arrivent chez Air Belgium font grincer quelques dents, car la compagnie privée a maintenant un actionnariat public à plus de 80%. " Nous cherchons des actionnaires privés ", rétorque Niky Terzakis, ajoutant qu'il faudra du temps. Qui, aujourd'hui, veut investir dans l'aérien, hormis les Etats ?