Depuis son arrivée à la tête d'Agoria Wallonie début mai, Clarisse Ramakers est partie à la rencontre de ses membres. Le retour progressif à la normale va lui permettre de poursuivre ses visites dans les mois qui viennent. "Je prends le temps d'écouter nos membres sur leurs besoins ainsi que ceux de nos partenaires. La Wallonie a développé des plans sur des thématiques spécifiques. Je pense que l'on devra passer à la vitesse supérieure en travaillant sur un Plan économique et industriel wallon transversal. Si on veut réussir la twin transition, numérique et verte, la voix des entreprises technologiques doit se retrouver au coeur des débats." Clarisse Ramakers succède à ce poste à Dominique Demonté, qui assure désormais la direction générale du département Context (cellules politiques & lobby services d'études, digital & manufacturing, technology club, etc.) pour l'ensemble d'Agoria.
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Depuis son arrivée à la tête d'Agoria Wallonie début mai, Clarisse Ramakers est partie à la rencontre de ses membres. Le retour progressif à la normale va lui permettre de poursuivre ses visites dans les mois qui viennent. "Je prends le temps d'écouter nos membres sur leurs besoins ainsi que ceux de nos partenaires. La Wallonie a développé des plans sur des thématiques spécifiques. Je pense que l'on devra passer à la vitesse supérieure en travaillant sur un Plan économique et industriel wallon transversal. Si on veut réussir la twin transition, numérique et verte, la voix des entreprises technologiques doit se retrouver au coeur des débats." Clarisse Ramakers succède à ce poste à Dominique Demonté, qui assure désormais la direction générale du département Context (cellules politiques & lobby services d'études, digital & manufacturing, technology club, etc.) pour l'ensemble d'Agoria. La nouvelle directrice d'Agoria Wallonie connaît bien le monde des entreprises et la Wallonie. Originaire de Villers-le-Bouillet, cette mère de trois enfants a déjà réalisé un beau parcours professionnel. Titulaire d'un master en droit de l'ULiège et d'un post-master en gestion, elle a bien failli, à l'aube d'entamer son parcours universitaire, opter pour une tout autre voie. "Je m'étais préparée pour des études d'ingénieure civile, confie-t-elle. J'ai toujours essayé de comprendre comment les choses fonctionnaient. Mon père travaillait chez Lhoist et j'étais fascinée par l'univers industriel. Finalement, j'ai choisi le droit car je m'intéressais également à la chose publique et parce que cette formation offrait un large éventail de débouchés." Diplôme en poche, elle intègre en 2001 le cabinet du ministre Charles Michel, alors en charge des Pouvoirs locaux et de la Fonction publique du gouvernement wallon. "J'étais la seule à être plus jeune que lui, sourit-elle. Ce passage par le cabinet ministériel a été très formateur et m'a permis d'apprendre sur le terrain ce qu'est une négociation." En 2004, le MR rejoint les bancs de l'opposition et l'aventure ministérielle s'achève. Clarisse Ramakers passe alors quelques mois à l'administration de la province du Brabant wallon en tant qu'adjointe du directeur des ressources humaines. Elle profite de ce moment pour suivre une formation en gestion. "Je me suis retrouvée avec des personnes qui avaient des formations et des profils fort différents. Cela s'est révélé une expérience très enrichissante notamment lors des travaux de groupes où vous êtes confrontés à d'autres manières de penser." Elle devient en 2005 conseillère économique à l'UCM (Union des classes moyennes) avant de rejoindre, sept ans plus tard, l'Agence de stimulation économique en tant que responsable de la communication. "Beaucoup de choses existent en matière d'aides aux entreprises mais la grande majorité d'entre elles ne sont pas au courant de ces aides ou ne disposent pas du temps nécessaire pour entamer des démarches souvent assez compliquées, reconnaît-elle. C'est pourquoi il est très important de les informer."En 2016, Clarisse Ramakers revient à l'UCM et prend la tête du service d'études et de lobby. Elle y dirige alors une équipe d'une petite dizaine d'experts qui excipent chacun de compétences diverses en économie, formation, emploi, etc. auxquelles il convient d'ajouter de solides compétences "territoriales" qui doivent épouser les contours des Régions wallonne et bruxelloise, sans omettre le fédéral. "Dans un tel bureau, il faut travailler ensemble afin de faire le tour d'un sujet sous ses différents aspects et arriver avec des propositions que l'on peut présenter aux décideurs, note-t-elle. Cela fait partie de notre rôle de lobbying." Un rôle qu'elle a retrouvé pleinement dans sa nouvelle fonction de directrice d'Agoria Wallonie. Sa priorité à la tête de la branche wallonne de la fédération des entreprises technologiques, qui compte plus de 550 entreprises représentant quelque 20.000 emplois directs, sera d'être à l'écoute de ses membres, actuels et futurs, et de les représenter auprès des décideurs politiques. L'objectif affiché est clair: élaborer avec ces derniers un cadre optimal afin de favoriser la création et la croissance des entreprises technologiques en Wallonie. Concrètement, Clarisse Ramakers entend opérationnaliser toute l'étude Be The Change, qui a permis d'identifier l'opportunité de créer plusieurs milliers d'emplois grâce à la digitalisation. "Agoria doit permettre aux entreprises de disposer des ressources en capital humain suffisantes pour pouvoir relever les défis de la digitalisation. Il faut donc créer une offre suffisante, adéquate et de qualité afin d'accompagner les jeunes via la promotion des STEM (science, technologie, ingénierie et mathématiques) dans le choix de leur formation, mais aussi les salariés dans le cadre de leur formation continue." Plus largement, il s'agit de faire de la transition numérique et verte, une opportunité de croissance pour les entreprises technologiques. Une croissance qui passe notamment par la 5G et le passage à l'industrie 4.0. "L'intérêt de cette technologie, rappelle-t-elle, est de permettre de transmettre des informations en temps réel afin de pouvoir y réagir de façon plus adaptée. Les avantages de son utilisation ne se résument pas à la possibilité de regarder des films en haute résolution. La 5G est avant tout un levier d'innovations technologiques. Grâce à elle, nous allons pouvoir développer des solutions novatrices, notamment en matière de santé. Avec une période de latence presque nulle, certains actes médicaux pourront être réalisés à distance, de façon sûre et efficace. Des applications industrielles seront également à prévoir, notamment via l'utilisation de drones permettant aux travailleurs d'accéder à distance à des zones risquées, sans s'y exposer personnellement." Pour l'instant, la Flandre avance plus vite mais cela bouge également en Wallonie. Dans les priorités d'Agoria, outre ce dossier stratégique, on peut également mentionner le green et notamment la problématique de l'énergie "cruciale vu les objectifs à atteindre pour 2030". Autant dire que les défis ne manquent pas pour la nouvelle directrice. Défis qu'elle et son équipe auront à coeur de relever pour ses membres et ainsi participer pleinement, grâce au développement de ces nouvelles technologies, à la relance économique de la Wallonie.