Le groupe brassicole se cherche un nouveau CEO. Il s'agit là d'un véritable tournant quand on sait que Carlos Brito dirigeait AB InBev depuis 15 ans. C'est le Brésilien qui a notamment transformé le groupe pour en faire le plus gros brasseur au monde. Seulement voilà, AB InBev fait aujourd'hui face à de nombreux défis. Ce n'est certainement pas pour rien si c'est le chasseur de tête Spencer Stuart qui a été mandaté afin de dénicher le nouveau boss. Il faut du sang...

Le groupe brassicole se cherche un nouveau CEO. Il s'agit là d'un véritable tournant quand on sait que Carlos Brito dirigeait AB InBev depuis 15 ans. C'est le Brésilien qui a notamment transformé le groupe pour en faire le plus gros brasseur au monde. Seulement voilà, AB InBev fait aujourd'hui face à de nombreux défis. Ce n'est certainement pas pour rien si c'est le chasseur de tête Spencer Stuart qui a été mandaté afin de dénicher le nouveau boss. Il faut du sang neuf. Et pourquoi pas venant de l'extérieur ? L'un des plus gros chantiers du successeur de Brito sera la réduction de la dette. Celle-ci se montait fin juin à 87,4 milliards de dollars, soit presque cinq fois l'Ebitda. En cause ? L'appétit d'ogre du groupe issu de la fusion entre AmBev et Interbew en 2004. Et surtout ce que d'aucuns qualifient de " rachat de trop ". Celui, en 2016, de son concurrent britannico-sud-africain SAB Miller. Montant de l'opération ? 106 milliards de dollars. Avec la crise, la dette accumulée par AB InBev est aujourd'hui devenue de plus en plus lourde à supporter, si bien que le groupe va certainement devoir vendre des actifs pour générer du cash. C'est déjà ce qu'il avait fait en juin dernier avec la vente de ses activités australiennes au japonais Asahi Group. Autre grand chantier : la premiumisation. Sur les marchés les plus mûrs, le géant brassicole commercialise déjà davantage de marques plus sophistiquées et plus chères. Une manière de booster la consommation de bière par de nouveaux groupes cibles. D'après l'entreprise, seulement 6% des bières sont vendues à des prix premium dans les marchés très matures, contre 30% pour les spiritueux et 85% pour les vins. Il y a donc encore une vaste marge de manoeuvre en la matière. Enfin, le groupe devra répondre au défi posé par les microbrasseries qui poussent comme des champignons et grignotent des parts de marché. AB InBev, suite à une série d'acquisitions ces dernières années, exploitait déjà l'an dernier 35 marques artisanales dans 16 pays. Le groupe va devoir renforcer ce business, diversifier ses activités et se tourner, pourquoi pas, vers la production de sodas. Ce qui est sûr, c'est que le nouveau CEO devra se montrer créatif pour rebooster un cours d'action qui, s'il a bondi de 116% sous l'ère Brito, s'est effondré de 60% depuis l'acquisition de SABMiller.