La situation est dramatique, de l'aveu même du ministre de tutelle: 37% des jeunes enseignants abandonnent le métier au cours des cinq premières années. Mais faut-il vraiment s'en étonner? Personne n'aime travailler sept à huit ans dans l'incertitude. Il faut en effet accumuler 580 jours d'ancienneté avant de pouvoir bénéficier d'un TA...

La situation est dramatique, de l'aveu même du ministre de tutelle: 37% des jeunes enseignants abandonnent le métier au cours des cinq premières années. Mais faut-il vraiment s'en étonner? Personne n'aime travailler sept à huit ans dans l'incertitude. Il faut en effet accumuler 580 jours d'ancienneté avant de pouvoir bénéficier d'un TADD, c'est-à-dire d'un engagement temporaire de durée continue. Si ce précieux sésame apporte un minimum de confort, telle la priorité sur un autre temporaire qui guigne la même place, la nomination est encore loin. Le graal, en effet, ne s'obtient qu'au terme de 690 jours dont 360 dans la fonction pour laquelle on sera nommé. Ce délai sera désormais ramené à 360 jours à partir de septembre 2022 et tout enseignant débutant fera l'objet d'une évaluation annuelle afin qu'il sache au terme de trois années maximum s'il est apte à cette fonction. Les enseignants en place font, en principe, l'objet d'une évaluation quadriannuelle mais elle est purement administrative. Un budget de 30 millions d'euros est certes prévu à cet effet mais il est réparti entre les établissements en fonction du nombre d'élèves et non du nombre d'enseignants débutants qui y travaillent. Se séparer d'un enseignant qui dysfonctionne est par ailleurs si compliqué que la plupart des chefs d'établissement n'y songent même pas. Ces enseignants, qui constituent une minorité mais n'en jettent pas moins le discrédit sur l'ensemble de la profession, feront en priorité l'objet d'une évaluation et, le cas échéant, d'un coaching personnel de 120 jours. Ce dernier pourra éventuellement être renouvelé. Mais en cas de nouvel échec, l'enseignant sera invité à prendre la porte.