La numérisation va détruire des emplois dans les années à venir, mais elle sera également porteuse d'une multitude de nouvelles fonctions. Pour chaque emploi disparu, 3,7 nouveaux postes verront le jour selon l'étude "Shaping the future of work" menée par le cabinet de consultance Roland Berger à la demande de la fédération de l'industrie technologique Agoria et en collaboration avec les organismes régionaux de l'emploi (le Forem, le VDAB et Actiris). Cette étude a cartographié les tendances marquantes sur le marché du travail d'ici 2030.
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La numérisation va détruire des emplois dans les années à venir, mais elle sera également porteuse d'une multitude de nouvelles fonctions. Pour chaque emploi disparu, 3,7 nouveaux postes verront le jour selon l'étude "Shaping the future of work" menée par le cabinet de consultance Roland Berger à la demande de la fédération de l'industrie technologique Agoria et en collaboration avec les organismes régionaux de l'emploi (le Forem, le VDAB et Actiris). Cette étude a cartographié les tendances marquantes sur le marché du travail d'ici 2030.La croissance du nombre d'emplois en Belgique s'établira chaque année à 0,9% pour atteindre 629.000 unités en 2030. Ce sont les secteurs des services, de l'enseignement et des soins de santé qui enregistreront la plus forte croissance de postes vacants. Actuellement en Belgique, le marché du travail représente 4.777.000 postes, un total qui regroupe les emplois occupés et les emplois vacants. Ce chiffre va continuer d'augmenter jusqu'en 2030 pour atteindre 5.406.000 unités. Selon l'étude, 235.000 emplois passeront à la trappe dans notre pays durant les prochaines années, mais 864.000 nouveaux postes seront créés. "C'est une bonne nouvelle, sauf que la demande dépassera l'offre sur le marché du travail", avertit Marc Lambotte, CEO d'Agoria. "Le nombre d'emplois va augmenter à un rythme annuel de 0,9% tandis que l'offre de main-d'oeuvre ne progressera que de 0,3% sur la même période. L'arrivée sur le marché de l'emploi des jeunes diplômés sera en partie neutralisée par les départs à la retraite, alors que l'effet de l'immigration restera limité. Quoi qu'il en soit, à partir de 2021, les nouveaux demandeurs d'emploi ne suffiront plus pour absorber le nombre croissant de postes à pourvoir."Conséquence de cette inadéquation : la Belgique risque d'être confrontée en 2030 à 584.000 postes non occupés. Ce qui signifie qu'en moyenne 11% des offres d'emploi ne trouveront pas preneurs. Certains secteurs comme les soins de santé (18%), les TIC (18%) et l'enseignement (13%) éprouveront encore plus de difficultés à pourvoir leurs offres d'emploi. Et tout cela a un prix : si on continue sur cette lancée, l'économie belge risque d'être privée d'une valeur ajoutée supplémentaire de 60 milliards d'euros. De plus, 310.000 travailleurs et chercheurs d'emploi n'auront d'autre choix que de se reconvertir pour trouver un job durable. S'ils ne le font pas, notre économie perdra encore 35 milliards d'euros, soit un total de 95 milliards d'euros ou 16,5% du PIB en 2030.Renforcer et améliorer la politique d'activationSur la base de ces chiffres, l'étude émet des recommandations en vue de soulager les tensions sur le marché du travail. Première étape : la remise à niveau des compétences des travailleurs actuels. Pour certaines personnes actives et sans emploi, il faudra également passer par la case recyclage. Mettre l'accent sur l'activation fait aussi partie des stratégies, par exemple en creusant l'écart financier entre celui qui travaille et celui qui ne travaille pas, en accélérant la fin du système des prépensions, en adaptant les conditions de travail des plus de 55 ans, en réduisant le lien entre salaire et ancienneté, en facilitant la combinaison travail-vie privée...L'activation devra permettre de pourvoir 268.000 des 584.000 postes vacants d'ici 2030. Pour absorber les 316.000 postes non occupés qui subsistent, l'étude d'Agoria table sur l'augmentation de la productivité grâce à l'automatisation et la numérisation. Les 108.000 emplois vacants restants ne posent pas problème car ils représentent 3% de la population active, soit le "taux de vacance naturel" dans toute économie saine.Traduction : virginie·dupont·sprl