Le flamand est-il, en France, traité différemment des autres langues régionales comme le basque, le breton ou l'alsacien? Les maires de Wormhout, Noordpeene, Ochtezeele, Volckerincove et Buysscheure, cinq communes faisant autrefois partie du Comté de Flandre, en sont convaincus et se sentent discriminés.
...

Le flamand est-il, en France, traité différemment des autres langues régionales comme le basque, le breton ou l'alsacien? Les maires de Wormhout, Noordpeene, Ochtezeele, Volckerincove et Buysscheure, cinq communes faisant autrefois partie du Comté de Flandre, en sont convaincus et se sentent discriminés. Enseigné pendant 12 ans aux enfants de leurs communes, le flamand n'est en effet plus inscrit au programme de la rentrée. Depuis 2007, pourtant, des cours de flamand y étaient dispensés tant en maternelle qu'en primaire et répondaient, selon Frédéric Devos, maire de Wormhout, à une réelle demande de la population dans la mesure où il était suivi par près de 80% des enfants. Mais Frédéric Devos, qui enseignait lui-même cette matière, a pris sa retraite en 2019. Et depuis, tout s'est arrêté. Certes, le Covid-19 est passé par là mais pour la rentrée 2020, les cinq maires ont adressé, via le quotidien La Voix du Nord, une lettre ouverte à Valérie Cabuil, rectrice de la région académique des Hauts-de-France, dont le silence commence à devenir assourdissant. Que nos amis flamands nous comprennent bien, précise Frédéric Devos, les cours de flamand ne concernent pas le néerlandais officiel tel qu'il est enseigné en Flandre. "Ce que nous voulons, c'est notre dialecte tel qu'il a toujours été et est encore parlé chez nous. Il fait partie de notre identité, de notre patrimoine et permet, notamment, de trouver facilement un emploi de l'autre côté de la frontière." Une frontière qui, à vrai dire, n'est pas si ancienne. Avant d'être Français, les Biloutes, les Ch'tis et aujourd'hui les Hautistes se trouvaient en effet en terre espagnole. Lille, par exemple, n'est devenue française qu'en 1668.