Les résultats d'une étude menée par Deni Mazrekaj, Kristof De Witte et Sofie Cabus, trois économistes de l'enseignement de la KU Leuven, risquent de déranger. Ils bousculent en effet l'idée reçue selon laquelle les enfants de couples homosexuels presteraient moins bien à l'école que ceux issus de couples classiques. Des études avaient certe...

Les résultats d'une étude menée par Deni Mazrekaj, Kristof De Witte et Sofie Cabus, trois économistes de l'enseignement de la KU Leuven, risquent de déranger. Ils bousculent en effet l'idée reçue selon laquelle les enfants de couples homosexuels presteraient moins bien à l'école que ceux issus de couples classiques. Des études avaient certes été déjà menées sur ce thème mais elles étaient toujours été parcellaires et avaient livré des résultats pour le moins divergents. Pour en avoir le coeur net, nos trois économistes se sont tournés vers les Pays-Bas où les couples homosexuels peuvent se marier et adopter des enfants depuis 2001. Ils y ont suivi le parcours scolaire de près de 3.000 enfants ayant soit deux mères (93%), soit deux pères (7%), tant au niveau primaire que secondaire, et ont effectivement observé un écart entre leurs performances et ceux d'enfants issus de couples hétérosexuels. Comment les interpréter ? Par le statut social des parents tout d'abord. Compte tenu de la lourdeur et du coût des procédures d'adoption, les parents homosexuels sont en moyenne issus d'un milieu social plus élevé, disposent de davantage de revenus et sont plus âgés. Ils sont aussi, comme l'écrit pudiquement leur rapport, plus souvent d'origine néerlandaise que les couples hétérosexuels. Mais le biais du statut social éliminé, un écart, minime, subsiste encore. Les auteurs de l'étude l'attribuent à la motivation des parents. Pour devenir pères ou mères, les parents homosexuels ont dû franchir de nombreuses barrières. Il en est résulté une plus grande motivation. Les parents homosexuels, constatent les chercheurs, investissent davantage de temps dans leurs enfants que les parents hétérosexuels.