Pourtant, rouler en vélo à Athènes relève de la mission impossible. La ville n'est pas vraiment un terrain plat, ce n'est pas Berlin ou Amsterdam. Les routes ne sont pas adaptées et rouler à vélo est plutôt mal vu - ou devrais-je dire, était mal vu - par les Grecs, pour qui c'est un signe de... pauvreté.

Pourtant, si vous vous promenez dans la capitale grecque, vous verrez qu'il y a des vélos partout. Alors qu'à contrario, le nombre de véhicules sur les routes grecques a décliné de 40% selon les chiffres officiels.

Évidemment, si le vélo a la cote en Grèce, c'est à cause de la crise. Avec un litre d'essence à 1,72 euro - soit l'un des plus élevés d'Europe - avec une réduction drastique des salaires tant dans le secteur privé que public et avec des licenciements par dizaines de milliers, les Grecs n'ont en réalité pas d'autre choix que d'opter pour le vélo. C'est d'ailleurs l'un des rares business à croître en Grèce : on estime qu'une boutique de vélos s'ouvre par mois et ses clients sont souvent des jeunes ou des personnes autour de la quarantaine qui luttent pour joindre les deux bouts.

Résultat de tout cela : le maire d'Athènes réfléchit lui aussi à un système comme il en existe à Paris ou à Bruxelles, avec des vélos mis à disposition par des firmes comme JC Decaux. En d'autres termes, l'austérité force les Grecs à être plus "écolo" qu'ils ne l'étaient auparavant. Mais je doute que ce soit le choix du coeur.