On a souvent dit que les particuliers étaient peu friands de risques boursiers. La crise du Covid-19 aurait-elle prouvé le contraire ?
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On a souvent dit que les particuliers étaient peu friands de risques boursiers. La crise du Covid-19 aurait-elle prouvé le contraire ? Nous avons en effet constaté pendant la crise un intérêt boursier de la part des particuliers, parfois nouveaux et plus jeunes, avec un pic au mois de mars ( durant lequel on a recensé près de 419.000 transactions de particuliers, contre 143.000 en mars 2019, Ndlr) et deux tiers étaient à l'achat. Cela a amorti le choc mais a également prouvé que le particulier est prêt à s'engager sur des investissements de long terme. Il est vrai que cette chute des cours de 40% constituait une bonne opportunité d'achat et que, depuis des années, les taux sont extrêmement bas. Quelle est la proposition la plus importante que vous mettez sur la table ? C'est une proposition qui dépasse la crise du Covid. Nous observons beaucoup d'intérêt de la part des investisseurs institutionnels et particuliers pour la responsabilité sociétale des entreprises. Et nous désirons encourager fiscalement la rémunération en actions des bonus octroyés aux salariés et promouvoir l'actionnariat d'entreprise. La promotion de l'actionnariat salarié est un élément essentiel dans la création d'une nouvelle société dans laquelle les conflits permanents entre actionnaires et employés n'existeraient plus puisque tous regarderaient dans la même direction. On peut imaginer diverses formules. Car aujourd'hui, étonnamment, ce sont les options (des titres très volatils et avec effet de levier) qui bénéficient de cette promotion fiscale. Vous désireriez aussi encourager le payement des dividendes en actions... Oui, afin de renforcer les fonds propres des sociétés et leur permettre de mieux résister. Il n'est pas logique que les dividendes payés en actions soient soumis au précompte. Contrairement aux dividendes payés en cash, l'argent ne sort pas de la société. Nous prônons aussi l'élargissement du tax shelter aux sociétés cotées ainsi que des mesures ciblant plus particulièrement les PME. Aujourd'hui, un investisseur qui participe à un crowdfunding est souvent " prisonnier " : il ne peut pas vendre ses titres facilement. Alors que si vous accompagnez votre crowdfunding d'une cotation (sur Euronext Growth, Euronext Access ou Expert Market), vous offrez une possibilité de sortie à ceux qui ont souscrit à votre capital. La Bourse a toujours joué un rôle dans le financement des entreprises. Et ce rôle est plus important que jamais : les sociétés doivent renforcer leurs fonds propres, les particuliers ont prouvé qu'ils étaient demandeurs d'investissements à risque, et si l'Etat doit intervenir dans une série de sociétés stratégiques publiques, il pourrait mettre une partie de leur capital en Bourse afin de ne pas devoir financer la totalité de l'effort par lui-même. C'est aussi un élément très important.