Quand on s'occupe de prévisions économiques, il n'est jamais drôle de revoir drastiquement ses prévisions. Néanmoins, lorsque les circonstances changent profondément, ne pas les adapter à la nouvelle réalité n'a pas de sens. Ainsi, fin 2021, la plupart des prévisions d'inflation pour cette année ont dû être radicalement modifiées. Et d'un simple phénomène temporaire lié à la réouverture des économies, l'inflation est devenue l'expression majeure des déséquilibres de nos économies et probablement LE sujet de préoccupation économique en 2022.

Trois éléments sont à la base de ce revirement. Primo, le scénario de disparition brutale de la pandémie par la vaccination a dû être abandonné. Un tel cas de figure aurait certes provoqué un rush de demandes de biens et services en tous genres au moment de la réouverture généralisée des économies, mais aurait dans le même temps libéré une grande partie des contraintes sur l'offre, limitant dans le temps la poussée de fièvre sur les prix. Au contraire, il faut aujourd'hui se résoudre à un scénario où, de vague en vague, les contraintes pesant sur l'offre perdurent alors même que la demande (et c'est une bonne chose) reste au rendez-vous. Pour 2022, le variant omicron fait ainsi craindre de nouvelles distorsions dans les chaînes de production. C'est particulièrement le cas depuis son arrivée en Chine: une politique zéro covid consistant à isoler et tester des groupes entiers de population dès l'arrivée de quelques cas pourrait s'avérer vaine face à un variant extrêmement contagieux. D'autant plus que le vaccin chinois semble inefficace face à omicron, ce qui pourrait encore démultiplier le nombre de cas.

Secundo, on observe que les hausses initiales de prix des matières premières, des coûts de transport et de l'énergie percolent de plus en plus dans l'ensemble des prix des biens et services. A titre d'exemple, alors que l'inflation n'était qu'une question de prix de l'énergie il y a à peine quelques mois, 45% des prix des biens et services mesurés dans l'indice des prix subissent actuellement une hausse de plus de 2%, et 30% connaissent une hausse de plus de 3%. On est donc bien confronté à une hausse de plus en plus généralisée des prix et non pas face à quelques problèmes isolés.

Tertio, dans le cas des prix de l'énergie, un simple rush de demande face à une offre limitée en capacité n'est pas une explication suffisante. Des problèmes géopolitiques et un rééquilibrage mondial du marché de l'énergie dans un contexte d'accélération de la transition énergétique sont aujourd'hui les principaux moteurs de la dynamique des prix. Dès lors, cela remet aussi en cause le caractère temporaire de l'inflation.

La plupart des institutions ont donc acté une inflation en forte hausse en 2022, souvent supérieure à 3% dans le cas de la zone euro, et largement supérieure à 4% dans le cas de la Belgique. Derrière ces chiffres, il y a bien sûr le niveau actuel de l'inflation, mais surtout une inflation anormalement élevée durant une bonne partie de l'année, les phénomènes décrits ci-dessus prenant du temps à s'effacer. Et c'est encore sans compter les éventuels effets de second tour liés aux inévitables hausses des coûts salariaux, en Belgique comme ailleurs. L'incertitude au-delà de 2022 est donc encore plus grande. Bref, l'inflation n'a assurément pas fini de nous étonner, et de mettre à mal les modèles de prévisions.

Quand on s'occupe de prévisions économiques, il n'est jamais drôle de revoir drastiquement ses prévisions. Néanmoins, lorsque les circonstances changent profondément, ne pas les adapter à la nouvelle réalité n'a pas de sens. Ainsi, fin 2021, la plupart des prévisions d'inflation pour cette année ont dû être radicalement modifiées. Et d'un simple phénomène temporaire lié à la réouverture des économies, l'inflation est devenue l'expression majeure des déséquilibres de nos économies et probablement LE sujet de préoccupation économique en 2022. Trois éléments sont à la base de ce revirement. Primo, le scénario de disparition brutale de la pandémie par la vaccination a dû être abandonné. Un tel cas de figure aurait certes provoqué un rush de demandes de biens et services en tous genres au moment de la réouverture généralisée des économies, mais aurait dans le même temps libéré une grande partie des contraintes sur l'offre, limitant dans le temps la poussée de fièvre sur les prix. Au contraire, il faut aujourd'hui se résoudre à un scénario où, de vague en vague, les contraintes pesant sur l'offre perdurent alors même que la demande (et c'est une bonne chose) reste au rendez-vous. Pour 2022, le variant omicron fait ainsi craindre de nouvelles distorsions dans les chaînes de production. C'est particulièrement le cas depuis son arrivée en Chine: une politique zéro covid consistant à isoler et tester des groupes entiers de population dès l'arrivée de quelques cas pourrait s'avérer vaine face à un variant extrêmement contagieux. D'autant plus que le vaccin chinois semble inefficace face à omicron, ce qui pourrait encore démultiplier le nombre de cas. Secundo, on observe que les hausses initiales de prix des matières premières, des coûts de transport et de l'énergie percolent de plus en plus dans l'ensemble des prix des biens et services. A titre d'exemple, alors que l'inflation n'était qu'une question de prix de l'énergie il y a à peine quelques mois, 45% des prix des biens et services mesurés dans l'indice des prix subissent actuellement une hausse de plus de 2%, et 30% connaissent une hausse de plus de 3%. On est donc bien confronté à une hausse de plus en plus généralisée des prix et non pas face à quelques problèmes isolés. Tertio, dans le cas des prix de l'énergie, un simple rush de demande face à une offre limitée en capacité n'est pas une explication suffisante. Des problèmes géopolitiques et un rééquilibrage mondial du marché de l'énergie dans un contexte d'accélération de la transition énergétique sont aujourd'hui les principaux moteurs de la dynamique des prix. Dès lors, cela remet aussi en cause le caractère temporaire de l'inflation. La plupart des institutions ont donc acté une inflation en forte hausse en 2022, souvent supérieure à 3% dans le cas de la zone euro, et largement supérieure à 4% dans le cas de la Belgique. Derrière ces chiffres, il y a bien sûr le niveau actuel de l'inflation, mais surtout une inflation anormalement élevée durant une bonne partie de l'année, les phénomènes décrits ci-dessus prenant du temps à s'effacer. Et c'est encore sans compter les éventuels effets de second tour liés aux inévitables hausses des coûts salariaux, en Belgique comme ailleurs. L'incertitude au-delà de 2022 est donc encore plus grande. Bref, l'inflation n'a assurément pas fini de nous étonner, et de mettre à mal les modèles de prévisions.