Soi-disant justifiée par le tsunami numérique et les difficultés liées aux taux bas, la grosse restructuration annoncée le 3 octobre dernier par ING en Belgique cache-t-elle un autre agenda ? La banque prépare-t-elle déjà sa prochaine grande opération ? L'avenir le dira. Mais c'est en tout cas ce que prétendent certaines mauvaises langues. A en croire ces bruits de couloir, la banque de l'avenue Marnix se préparerait en effet à un mariage avec Belfius. Quand ? Comment ? A quel prix ? Ce qui est sûr, c'est que les dernières décisions prises du côté de l'avenue Marnix rend...

Soi-disant justifiée par le tsunami numérique et les difficultés liées aux taux bas, la grosse restructuration annoncée le 3 octobre dernier par ING en Belgique cache-t-elle un autre agenda ? La banque prépare-t-elle déjà sa prochaine grande opération ? L'avenir le dira. Mais c'est en tout cas ce que prétendent certaines mauvaises langues. A en croire ces bruits de couloir, la banque de l'avenue Marnix se préparerait en effet à un mariage avec Belfius. Quand ? Comment ? A quel prix ? Ce qui est sûr, c'est que les dernières décisions prises du côté de l'avenue Marnix rendent possible une telle association.On sait en effet depuis le 3 octobre que ING veut sensiblement s'alléger sur le marché belge. La banque veut se séparer de 3.000 personnes et réduire drastiquement le nombre de ses agences, afin de ramener son réseau à 600 points de vente d'ici cinq ans. Détail piquant : la liste de ces agences promises à la fermeture fait apparaître un déséquilibre régional. Sans doute parce que l'enseigne au lion orange n'entend pas se laisser distancer au nord du pays par la très efficace KBC, la Flandre verra son nombre d'agences augmenter (+16 agences). Le réseau y sera donc étendu, à l'inverse de Bruxelles (-11 agences) et la Wallonie (-31 agences). Mais c'est précisément à Bruxelles et en Wallonie que Belfius déploie une forte présence. Autre élément troublant : ce futur réseau ING sera pour une bonne part franchisé, un peu sur le modèle des agences en étoile déployé par Belfius et hérité de l'ex-Dexia (une agence salariée entourée de plusieurs agences indépendantes). Voilà donc pourquoi certains imaginent dès lors un mariage avec Belfius.Si certains réactivent ce scénario d'un rapprochement avec la banque publique, c'est sans doute aussi parce qu'il n'est pas nouveau. On en parle depuis longtemps dans les milieux bancaires. A l'image de l'ancien CEO de Deutsche Bank en Belgique, Yves Delacollette, qui l'évoquait déjà en 2013, deux ans à peine après le deuxième sauvetage de la banque, affirmant que "l'Etat ne resterait pas actionnaire de Belfius et qu'elle serait probablement vendue à ING ou KBC".On se souviendra également des déclarations de l'ancien gouverneur de la Banque nationale Luc Coene, qui affirmait fin 2014 qu'il y avait au moins une grande banque de trop en Belgique. Pensait-il à ING et à Belfius ? Seule certitude, l'avenir de Belfius n'est toujours pas tranché. Maintien dans le giron de l'Etat, entrée en Bourse, etc. Rien n'est décidé. Notons enfin que la grande banque américaine JP Morgan estime pour sa part dans une récente étude que l'on devrait assister à une nouvelle vague de fusions bancaires ces prochains mois en Europe, les économies de coûts dans les banques européennes ne pouvant selon elle pas être réalisées sans grandes fusions et acquisitions. Bref, ce n'est pas un hasard si les rumeurs de mariage reviennent à la mode.