"Le libra a échoué. " Les mots d'Ueli Maurer tombent comme un couperet pour la cryptomonnaie imaginée par Facebook. Interrogé par la chaîne suisse SRF, le ministre des Finances et président sortant de la Confédération helvétique descend le libra en flèche.
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"Le libra a échoué. " Les mots d'Ueli Maurer tombent comme un couperet pour la cryptomonnaie imaginée par Facebook. Interrogé par la chaîne suisse SRF, le ministre des Finances et président sortant de la Confédération helvétique descend le libra en flèche. C'est un fameux coup dur pour cette cryptomonnaie globale très ambitieuse, dont l'arrivée sur le marché est planifiée pour la mi-2020. La sentence émanant des hautes autorités suisses complique encore un peu plus les choses pour le libra, qui a établi ses quartiers dans ce pays européen réputé pour l'attractivité de sa place financière. L'association Libra, qui regroupe des partenaires comme Facebook, Free, Uber, Coinbase ou encore Spotify, est une organisation non gouvernementale de droit suisse basée à Genève. En septembre dernier, l'association s'est manifestée auprès du gendarme financier local (la Finma). Ce dernier lui a répondu que, pour se lancer, le libra devait obtenir préalablement certains agréments bancaires. La sortie du ministre des Finances confirme que le parcours du libra en Suisse ne sera pas une sinécure. Mais Ueli Maurer laisse une porte entrouverte. Dans son interview à la SRF, il précise que le projet de cryptomonnaie est un échec " dans sa forme actuelle " et qu'il devra être " révisé " s'il compte obtenir une autorisation de mise sur le marché. Le ministre des Finances pointe particulièrement le panier de devises (euro, dollar, livre sterling, etc.) sur lequel le cours du libra devrait être fixé. Ce système ne sera pas accepté par les banques centrales, estime Ueli Maurer. Or, c'est une des caractéristiques fondamentales du projet porté par Facebook. Ce mécanisme a été imaginé par les concepteurs du libra afin d'éviter une trop grande volatilité du cours de la monnaie virtuelle. Le bitcoin, dont la valeur est très instable, a jusqu'à présent échoué à devenir une monnaie virtuelle largement acceptée, précisément à cause de sa grande instabilité. En se liant à un panier de devises bien établies, le libra espère devenir un stable coin, une monnaie stable. L'ambition de Facebook est de développer un nouveau moyen de paiement intégré dans ses applications (WhatsApp, Messenger, Instagram) qui équipent les smartphones de près de deux milliards de personnes dans le monde. La sortie du ministre suisse des Finances n'est pas le premier coup dur pour le libra. Depuis l'annonce de son projet de cryptomonnaie, Facebook fait face à l'hostilité des banques, des gouvernements et des régulateurs financiers, qui voient d'un mauvais oeil la création d'une monnaie virtuelle pilotée par une entreprise privée mondiale et potentiellement détachée du pouvoir des Etats. Il y a quelques mois, plusieurs grands noms de l'association (Visa, Mastercard, Paypal, Booking, eBay) ont également annoncé leur retrait du projet ; 2020 sera l'année de vérité pour le libra.