Avoir accès à tous ses comptes bancaires via une seule et unique appli ? Ce sera bientôt possible grâce à Belfius. La banque a en effet annoncé début décembre vouloir être la première à donner la possibilité à ses clients de centraliser tous leurs comptes bancaires en un seul endroit. Fini de se connecter sur chacune des applis de ses banques pour surveiller ses finances. D'ici quelques mois, Belfius proposera de gérer d'autres comptes à vue que les siens et l'exécution de paiements à partir de ces comptes, directement via son appli de mobile banking (Belfius Mobile). Le client qui le souhaite disposera ainsi automatiquement, et en temps réel, d'un aperçu de tous ses comptes à vue, du solde et de tout l'historique des transactions. En somme, " un client Belfius aura une vue d'ensemble de tous les comptes à vue qu'il peut avoir, y compris ceux qu'il possède auprès d'autres banques, et pourra même effectuer des virements depuis ces comptes via notre appli ", résume Geert Van Mol, chief digital officer de Belfius.
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Avoir accès à tous ses comptes bancaires via une seule et unique appli ? Ce sera bientôt possible grâce à Belfius. La banque a en effet annoncé début décembre vouloir être la première à donner la possibilité à ses clients de centraliser tous leurs comptes bancaires en un seul endroit. Fini de se connecter sur chacune des applis de ses banques pour surveiller ses finances. D'ici quelques mois, Belfius proposera de gérer d'autres comptes à vue que les siens et l'exécution de paiements à partir de ces comptes, directement via son appli de mobile banking (Belfius Mobile). Le client qui le souhaite disposera ainsi automatiquement, et en temps réel, d'un aperçu de tous ses comptes à vue, du solde et de tout l'historique des transactions. En somme, " un client Belfius aura une vue d'ensemble de tous les comptes à vue qu'il peut avoir, y compris ceux qu'il possède auprès d'autres banques, et pourra même effectuer des virements depuis ces comptes via notre appli ", résume Geert Van Mol, chief digital officer de Belfius. Toujours très prompte à faire valoir ses atouts en matière de banque digitale, Belfius ne donne toutefois pas de timing précis pour le lancement de ce nouveau service. " Il sera disponible avant l'été, avance prudemment Geert Van Mol. Nous travaillons depuis un an sur le projet et nous sommes maintenant en phase de test. Les clients sont demandeurs de ce genre de service, surtout sur mobile ", indique le responsable de Belfius qui ajoute que l'activation de la nouvelle fonctionnalité sera très simple. " Via l'appli de la banque, il suffira de cliquer sur le logo de l'autre banque où vous êtes également client et ensuite d'introduire le numéro de cet autre compte. Vous devrez alors validez l'opération auprès de la banque en question. Et ainsi de suite, si vous avez d'autres comptes auprès d'autres banques. " Particularité de la nouveauté : l'application ne sera pas uniquement valable pour les comptes belges, elle sera aussi utile pour ceux qui ont un compte à l'étranger, en lien par exemple avec une seconde résidence (maison en Provence, etc.). Autrement dit, " il sera possible d'effectuer des opérations au départ de ces comptes, non seulement depuis votre compte Belfius mais aussi depuis votre compte à vue à l'étranger ", précise le chief digital officer. De quoi donc gérer plus facilement tous ses comptes à vue auprès d'autres banques belges mais aussi européennes. Si Belfius est pour le moment la seule à avoir officiellement annoncé le lancement de son propre agrégateur de comptes, les autres grandes banques de la place envisagent de faire de même, voire ont des plans très concrets en la matière. C'est notamment le cas de BNP Paribas Fortis, leader du marché en Belgique, où " une équipe dédiée travaille pour offrir un service similaire dans le courant de l'année ", confie le porte-parole Valéry Halloy. Du côté de KBC, " les clients découvriront dans le courant de cette année comment nous gérons de manière proactive ce nouvel univers d'open banking ", indique Ilse De Muyer, corporate communication manager chez KBC.Idem chez ING Belgique où l'on nous dit travailler également sur le sujet, tout en nous précisant que les banques ont jusque mai 2019 pour franchir le pas. Quant au spécialiste de la banque en ligne Keytrade, il compte proposer lui aussi dans le courant de l'année à ses clients la possibilité de consulter l'ensemble de leurs comptes, y compris ceux ouverts chez les concurrents, via leurs différents canaux (smartphone, tablette, Web). Bref, c'est pour ainsi dire tout le marché qui envisage de suivre le mouvement initié par Belfius. Un mouvement qui aurait en effet tout son sens quand on sait, d'après Belfius, qu'un Belge sur trois est client dans deux banques, c'est-à-dire qui possède au minimum deux comptes dans deux banques différentes. A l'origine de ces initiatives, il y a l'entrée en vigueur, cette année, de la directive européenne ouvrant le marché des paiements, jusqu'ici contrôlé par les banques. Baptisée PSD2 (traduisez " directive sur les services de paiement 2 "), elle obligera, entre autres, les banques à partager avec d'autres certaines informations de leurs clients (achats, etc.). Dans ce nouveau paysage que les experts appellent open banking (banques ouvertes), des acteurs non bancaires comme Delhaize pourraient proposer leurs propres services de paiement. D'autres comme Zalando ou Amazon essayeront d'obtenir autant d'informations que possible sur les clients des banques pour doper leur propre business. En se greffant sur les systèmes d'information des banques et en accédant ainsi aux données financières de leurs clients, des joueurs issus de l'univers des fintechs (ces start-up qui allient finance et nouvelles technologies) pourraient eux profiter de la nouvelle réglementation pour proposer des services financiers innovants, à l'image de ce qui se fait, par exemple, en France (Linxo, Bankin'). D'où l'initiative de Belfius qui a décidé de ne pas rester les bras croisés et de lancer son propre agrégateur de comptes. Intérêt pour la banque face à cette nouvelle concurrence ? Rester en contact avec ses clients. " C'est l'objectif principal, explique Geert Van Mol. Nous entendons être le leader de la banque digitale en Belgique. Pour cela, nous devons offrir une expérience client qui est au top. L'idée ensuite est bien sûr aussi que le client Belfius, qui est en même temps client dans autre banque, se dise que notre application est meilleure, et qu'il décide de faire plus avec Belfius et moins avec l'autre banque ", espère Geert Van Mol. Avec l'arrivée de PSD2, c'est donc une vraie petite révolution qui se profile à l'horizon dans le monde des paiements. Véritable challenge pour les banques traditionnelles qui vont devoir partager avec des entreprises tierces leurs données clients (celles liées à leurs comptes), la nouvelle réglementation est également vue par les ténors du marché comme une opportunité dont ils veulent tirer profit. " Il est clair que KBC saisira de manière proactive et assertive les opportunités créées par la nouvelle directive PSD2 et veillera à ce que ses clients en tirent profit d'en fait d'une manière conviviale et en toute sécurité, souligne Ilse De Muyer. D'ailleurs, nous veillons déjà à ce que nos systèmes informatiques soient adaptés et nous créons les interfaces nécessaires pour faciliter l'échange et la coopération avec les fintechs et les fournisseurs tiers de services de paiements et d'informations relatives aux comptes. Nous avons l'ambition de continuer à jouer un rôle de premier plan dans les services financiers et à toujours améliorer la qualité de notre service, afin de renforcer et d'optimiser l'expérience client. Nous sommes ouverts à des partenariats avec d'autres acteurs tels que des fintechs ou même des concurrents de notre secteur pour innover ensemble. " Reste qu'il faudra aussi veiller à être très transparent en matière de vie privée et traiter les " petits secrets financiers " des clients avec la plus grande précaution. Autrement dit, votre banquier devra mieux vous informer. Quel que soit le canal utilisé, " le client disposera d'un aperçu de toutes les tierces parties qu'il a autorisées à accéder à ses données des comptes à vue chez Belfius, et pourra à tout moment supprimer ces autorisations ", assure Geert Van Mol.