D'ici la fin du mois de septembre, Tioga Capital Partners devrait avoir rassemblé un capital de départ de 10 millions d'euros. "C'est en très bonne voie", assure le managing director Nicolas Priem. Parmi les investisseurs qui ont mis la main au portefeuille pour alimenter ce nouveau fonds d'investissement enregistré au Luxembourg et basé à Bruxelles, on retrouve l'entrepreneur flamand Jürgen Ingels. Célèbre pour avoir fondé la société de paiement Clear2Pay, cette figure emblématique du monde belge des start-up investit à titre personnel dans Tioga Capital Partners : "Jürgen Ingels intègre notre comité d'investissement. Nous bénéficierons de son expérience et de son réseau immense dans le secteur des fintechs, qui sont très liées au secteur de la blockchain", explique Nicolas Priem.
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D'ici la fin du mois de septembre, Tioga Capital Partners devrait avoir rassemblé un capital de départ de 10 millions d'euros. "C'est en très bonne voie", assure le managing director Nicolas Priem. Parmi les investisseurs qui ont mis la main au portefeuille pour alimenter ce nouveau fonds d'investissement enregistré au Luxembourg et basé à Bruxelles, on retrouve l'entrepreneur flamand Jürgen Ingels. Célèbre pour avoir fondé la société de paiement Clear2Pay, cette figure emblématique du monde belge des start-up investit à titre personnel dans Tioga Capital Partners : "Jürgen Ingels intègre notre comité d'investissement. Nous bénéficierons de son expérience et de son réseau immense dans le secteur des fintechs, qui sont très liées au secteur de la blockchain", explique Nicolas Priem. Le directeur de ce fonds d'investissement unique en son genre en Belgique est actif dans le secteur de la blockchain et des crypto-actifs depuis 2016 : "J'étais dans la Silicon Valley depuis quelques années, évoque Nicolas Priem. J'y ai assisté à l'explosion du bitcoin et de l'écosystème blockchain. Enormément de start-up se lançaient dans ce nouvel univers décentralisé". La blockchain (ou chaîne de blocs) est une technologie réputée infalsifiable qui permet d'inscrire et de sécuriser des informations sur des registres en ligne organisés de manière décentralisée. Plutôt que de stocker les données sur un serveur central, ce sont les utilisateurs, organisés en réseau, qui s'occupent de la vérification et de la sécurisation de l'ensemble des données et des transactions. L'application la plus célèbre de la technologie blockchain, c'est le bitcoin, la plus connue des cryptomonnaies. Sans être un "révolutionnaire" engagé du bitcoin, Nicolas Priem est convaincu que la blockchain est une technologie d'avenir : "Nous vivons une période très intéressante. Ces technologies décentralisées ont le potentiel de rendre aux individus leur souveraineté sur leurs données et de renforcer le contrôle individuel que nous avons sur nos actifs financiers", pointe Nicolas Priem. Pour autant, le bitcoin et les cryptomonnaies ne vont pas remplacer du jour au lendemain les institutions financières classiques, tempère le managing director de Tioga Capital Partners : "Les intermédiaires financiers restent nécessaires, ils nous rendent quantité de services. Mais certaines de leurs fonctions peuvent être 'désintermédiées'. Nous entrons dans un monde hybride." Ce monde hybride, le nouveau fonds d'investissement compte bien accompagner son développement. En plaçant ses billes dans des projets ambitieux et prometteurs. Les dirigeants de Tioga Capital Partners ont identifié un marché en pleine expansion. D'après une étude de PWC portant sur 2019, 30% des opérations concernant des projets liés à la blockchain et aux cryptomonnaies ont été conclues en Europe (27% en 2018). Le Vieux Continent est en train de combler l'écart qui le sépare du continent américain, qui reste leader du marché crypto (46% des deals en 2019). Parallèlement, le nombre de fonds d'investissement liés à la blockchain a explosé aux Etats-Unis : Tioga Capital Partners en a comptabilisé environ 350 ! Dans le lot, une petite trentaine ont un profil de venture capitalist (VC) similaire au nouveau fonds belge, les autres fonds étant plutôt focalisés sur des activités de trading. En Europe, par contre, c'est le trou noir : les fonds focalisés sur la blockchain se comptent sur les doigts d'une main, d'après l'analyse de Tioga Capital Partners. "L'écosystème européen est très actif. Mais les possibilités de financements sont limitées", résume Nicolas Priem. Voilà une belle opportunité pour le fonds d'investissement qu'il dirige. Tioga Capital Partners est actuellement en chasse. Les experts du fonds prospectent aux quatre coins de l'Europe, à la recherche des meilleures start-up de la blockchain. Tioga Capital souhaite se focaliser sur les projets d'infrastructure. Il ne soutiendra pas la création d'une nouvelle cryptomonnaie et ne se positionne pas sur les activités de trading, mais il pourrait investir dans une plateforme d'échange, un service de sécurisation ou encore une start-up de la "regtech", cette branche particulière de la technologie visant à conformer les produits et services d'une entreprise à la réglementation en vigueur. Le critère principal est que la start-up soutenue soit active dans la blockchain. Le fonds vise le long terme et veut accompagner les start-up dans leur développement et leur croissance, en y injectant de la smart money (littéralement "de l'argent intelligent", c'est-à-dire un financement accompagné de conseils stratégiques). Pour permettre une détection efficace de ces projets sur le territoire européen, Tioga Capital Partners s'est adjoint les services d'une kyrielle de crypto-spécialistes belges et étrangers qui gravitent dans l'univers de la décentralisation financière et de la cryptographie depuis de nombreuses années. Les premières pioches pourraient se faire du côté de Londres, de l'Allemagne ou du canton de Zoug en Suisse, qui sont les trois écosystèmes les plus actifs dans le domaine des cryptomonnaies et de la blockchain. Mais un soutien à des projets belges pourrait également se matérialiser. Une vingtaine de start-up locales sont sur sur l'écran radar de Tioga Capital Partners. Le fonds se veut extrêmement sélectif. Il a déjà passé au crible 250 projets et en a retenu une dizaine sur sa shortlist, dont deux ou trois feront probablement l'objet d'un investissement. Le nom de la première start-up soutenue devrait être annoncé d'ici la fin de l'année. Au final, Nicolas Priem nous indique que le fonds ne devrait pas retenir plus d'un projet sur 100 : "Nous accompagnerons cinq start-up par an en moyenne", précise Nicolas Priem. Les start-up visées sont des projets en early stage, des projets jeunes mais pas totalement immatures. "Nous visons des start-up qui ont développé un produit ou un service et qui ont déjà des premiers clients." Tioga Capital Partners cherche des start-up valorisées aux alentours de 5 millions d'euros. Le fonds compte mettre, lors d'un premier tour, un ticket moyen d'un million d'euros. Si on fait le calcul, cela porte le total investi à 25 millions d'euros sur cinq ans (les années suivantes étant consacrées à la sortie des start-up du capital du fonds). Mais Tioga Capital Partners a l'ambition de réunir au total 50 millions d'euros. Les 25 millions supplémentaires serviront à réinvestir dans les start-up en portefeuille qui semblent les plus prometteuses, afin de les accompagner - avec d'autres partenaires - vers une phase d'accélération. Si Tioga Capital Partners a du flair et confirme ses ambitions, la première cryptolicorne européenne pourrait être propulsée depuis la Belgique.