"Beaucoup de pays en Europe ont adopté cette technologie, où les consommateurs en ont véritablement fait leur habitude", constate Henri Dewaerheijd, directeur de Mastercard en Belgique et au Luxembourg. "La moitié des transactions sur le continent se font ainsi sans contact, souvent pour des montants très bas. Pourtant, en République tchèque, on atteint un taux de 90%!", illustre-t-il, convaincu que cela devient la façon dominante de payer.

Aux Pays-Bas, 51% des transactions se font sans introduire de carte dans un terminal, contre seulement 4% en Belgique entre octobre 2017 et le même mois cette année. "Les banques ont commencé plus tôt que chez nous à introduire cette technologie, qui a été lancée en 2015 dans les deux cas. Et le pays a maintenant 4 à 5 ans d'avance sur nous", analyse Henri Dewaerheijd. D'ici la fin de l'année, l'ensemble des cardes de débit y seront compatibles, alors que ce taux est actuellement de 38% en Belgique (15% il y a un an).

Un peu plus de quatre transactions néerlandaises sur dix de ce type concernent des montants inférieurs à 10 euros, pour un quart de ce côté-ci de la frontière. La comparaison n'est pas si négative pour autant. La technologie a en effet connu une hausse de 70% cette année outre-Moerdijk, contre 363% en Belgique.

Actuellement, 85% des terminaux sont compatibles, pour 60% fin 2017 avec un secteur de la distribution alors à la traîne. Et, contrairement au cas néerlandais, les banques belges investissent beaucoup dans le monde numérique. On peut par exemple aujourd'hui payer sans contact avec sa montre Garmin et les applications mobiles telles que Google Pay et Belfius, qui permettent même de se passer de sa carte en plastique. "Nous avons enfin atteint une masse critique en Belgique.

Appréhension

Tout cela fait que nous nous attendons à une évolution très forte du paiement sans contact car tous les éléments nécessaires à le faire croître sont réunis", prédit le directeur de Mastercard. Les propriétaires d'appareils Apple ne peuvent toutefois pas encore utiliser leur smartphones, l'entreprise américaine ne libérant pas (encore) l'accès à la puce contenue dedans. Une fois cet écueil franchi, cela pourra "certainement" apporter un plus pour la pénétration du paiement sans contact en Belgique, analyse-t-on chez Mastercard.

Et puis, il y a les appréhensions des consommateurs par rapport à cette technologie. Il faut déconstruire les mythes qui l'entourent, insiste Henri Dewaerheijd. Il n'est par exemple pas possible de voler de l'argent en approchant un terminal d'une carte (se trouvant dans une poche) à l'insu de son propriétaire, assure-t-il. Pour que ce soit possible, le fraudeur devrait en effet tout d'abord obtenir un terminal de paiement, et donc obligatoirement s'enregistrer comme commerçant. En cas de fraude, il serait donc directement identifié. Par ailleurs, pour que la transaction s'opère, le terminal devrait être à moins de 4 cm de la carte de paiement, ce qui rend la manoeuvre plus compliquée.

De plus, le paiement sans contact est assorti d'une série de mesures de sécurité qui lui sont propres, comme la demande de PIN pour les achats supérieurs à 25 euros ainsi que de manière aléatoire pour confirmer votre identité. "Le risque de fraudes avec le sans contact n'est pas plus élevé qu'avec une carte et un code PIN", assure le directeur de Mastercard. On est même mieux protégé qu'avec l'argent en cash, à le croire. "Si une transaction s'est faite sans votre consentement, que vous pouvez prouver que vous avez été prudent et que vous avez directement averti Card Stop, alors vous serez couverts par votre organisme de paiement." Aujourd'hui, 63% des transactions se font toujours en cash en Belgique.