Les députés américains ne veulent pas de la monnaie virtuelle de Facebook, en tout cas pas tout de suite et pas avant d'avoir étudié son impact. C'est en gros le message qu'ont envoyé des élus américains au patron de Facebook, Mark Zuckerberg. Ils demandent un moratoire avant que Facebook ne lance le Libra, cette monnaie virtuelle comme c'est prévu pour début de l'année 2020.

Les élus américains sont nerveux car ils savent que Facebook s'est déjà entouré de 28 partenaires, essentiellement des très grandes sociétés comme Visa, Mastercard, Spotify ou Uber pour lancer le Libra. Chacun de ces 28 partenaires s'est engagé à mettre 10 millions de dollars sur la table, c'est d'ailleurs le ticket d'entrée pour être partenaire de Facebook, et la société qui va gérer cette monnaie sera basée en Suisse, à Genève.

Le fait que cette nouvelle monnaie sera lancée au départ de la Suisse rend aussi très nerveux les élus américains qui ont signé cette lettre demandant à Facebook de retarder la création de cette monnaie. Les élus américains, mais ils ne sont pas les seuls, ont peur que cette monnaie puisse servir à blanchir des activités frauduleuses. Mais ce n'est pas la seule raison qui inquiète les députés américains, ils pensent aussi que cette monnaie virtuelle est destinée aux 2 milliards d'utilisateurs de Facebook sans oublier les 1.7 milliards de personnes qui aujourd'hui ne sont pas bancarisées. Donc, c'est normal, ces hommes et femmes politiques veulent savoir si la création de cette monnaie ne va pas créer un risque financier et si elle sera contrôlée comme il se doit.

Le Libra fait peur aux banques centrales.

En réalité, le Libra, -cette nouvelle monnaie virtuelle lancée par Facebook et qui permettra à ses utilisateurs de s'envoyer de l'argent et d'acheter des produits en direct sur Facebook, mais aussi sur WhatsApp et Messenger, -fait peur aussi aux banques centrales.

Jusqu'à présent, ce sont elles qui créent de la monnaie, et là, elles ont l'impression d'être concurrencées non pas par un Etat mais par une multinationale. Et comme Facebook a eu pas mal de soucis par le passé avec des fuites ou vol de données personnelles, ces autorités monétaires sont aussi inquiètes.

Pour le moment, la direction de Facebook a indiqué qu'elle était prête à accepter des auditions devant le parlement américain, mais il n'est pas question de retarder l'arrivée de cette monnaie. D'ailleurs, les politiques américains n'ont pas les moyens de le faire. Mais le dialogue ne fait que commencer entre Facebook et les élus politiques. Ce qui montre que Facebook n'est plus une simple entreprise mais est devenu un Etat, avec sa propre monnaie. Et c'est l'Etat le plus peuplé du monde avec ses 2 milliards d'usagers. Ce qui démontre son pouvoir. Un pouvoir que certains politiques rêvent de briser ou de démanteler avant que ce nouvel Etat ne soit trop fort à leurs yeux.