Malgré un relativement bon premier semestre pour les bénéfices des entreprises, ING Belgique vient d'abaisser ses prévisions de croissance pour l'économie belge. Pourquoi?
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Malgré un relativement bon premier semestre pour les bénéfices des entreprises, ING Belgique vient d'abaisser ses prévisions de croissance pour l'économie belge. Pourquoi? L'économie mondiale fait clairement face à un ralentissement. La Chine semble avoir du mal à redémarrer après les fermetures liées à sa stratégie "zéro covid". Un ralentissement, induit par la hausse des taux d'intérêt, s'observe aussi aux Etats-Unis. Dans la zone euro, c'est la flambée des prix de l'énergie qui inquiète. Elle pèse sur le moral des ménages et prend une dimension de plus en plus concrète pour les entreprises. Ces dernières ont bien plus de mal qu'au premier semestre à répercuter la hausse du coût de l'énergie, et du gaz en particulier, sur le prix de vente. Du coup, elles vont adopter progressivement une attitude prudente en matière d'investissement et d'embauche. Et, le scénario le plus rationnel est que tout cela ne prenne pas fin prochainement. Contrairement à d'autres banques de la place, vous voyez même la Belgique entrer en récession au début de l'année prochaine. Quels sont vos chiffres? Pour la Belgique, nous voyons l'activité économique diminuer durant le dernier trimestre de cette année, mais aussi au premier trimestre 2023 et probablement également aussi après. Nous prévoyons une croissance négative qui se situe entre -0,3% et -0,5% par trimestre et pas vraiment de rebond au deuxième trimestre 2023. Pour mémoire, on parle de récession lorsque l'économie se contracte pendant deux trimestres consécutifs. Si l'on se réfère à cette définition technique, cela veut donc dire que la Belgique est en route vers la récession, fin de cette année, début de l'an prochain. Dans ce contexte, le discours de Jerome Powell au symposium des banques centrales à Jackson Hole fait peur... Entre inflation et croissance, la Réserve fédérale américaine a choisi. Elle est prête à freiner la croissance pour freiner l'inflation. En Europe, la situation est plus complexe, mais la question est de savoir à quel point la Banque centrale européenne (BCE) est prête à ralentir l'économie pour casser l'inflation. Or, les récentes déclarations d'Isabel Schnabel (membre du directoire de la BCE, Ndlr) à Jackson Hole laissent supposer que la BCE est prête à un sacrifice plus important pour dompter la hausse des prix, c'est-à-dire à accepter un ralentissement plus prononcé de l'économie.