La firme, dont le siège est situé à Times Square au coeur de Manhattan, a dégagé un bénéfice net de 2,2 milliards de dollars, en baisse de 9,7% sur un an. Ce résultat s'est traduit par un bénéfice par action ajusté de 1,23 dollar, nettement au-dessus du 1,14 attendu en moyenne par les analystes.

Morgan Stanley s'est principalement reposée sur une diminution de ses coûts, notamment une baisse de près de 2% des salaires.

Le chiffre d'affaires a, pour sa part, reculé de 3,44% à 10,24 milliards de dollars, mais il est supérieur aux 9,99 milliards anticipés.

Dernière des six grandes banques de Wall Street à publier ses résultats trimestriels, Morgan Stanley a conforté le tableau dépeint par ses concurrentes en début de semaine: la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine et les incertitudes qu'elle engendre découragent les grandes entreprises et les gros investisseurs à sortir leur carnet de chèques.

Cette prudence plombe les activités de négoce des produits et titres financiers ainsi que les fusions-acquisitions et levées de fonds des sociétés qui sont une manne pour les grandes banques.

Les recettes générées par les activités spéculatives de courtage ont ainsi dévissé de 12%, le négoce des obligations, devises et matières premières (FICC), vache à lait des banques avant la crise de 2008, enregistrant à lui seul une chute de 18,4%.

Le négoce des titres financiers a lui enregistré un décrochage de 13,8% de ses recettes.

Principale banque-conseil d'Uber lors de son introduction à Wall Street durant le deuxième trimestre, Morgan Stanley n'en a pas autant tiré profit que prévu. Les commissions perçues par ses banquiers d'affaires à la manoeuvre dans ce genre de transactions ont ainsi plongé de 18%.

Mais Morgan Stanley a pu une nouvelle fois se refaire grâce à l'activité de gestion de grosses fortunes et d'actifs, dont les revenus ont légèrement augmenté de 1,91% à 4,41 milliards de dollars.

Après avoir failli déposer le bilan au moment de la crise financière, Morgan Stanley a changé de stratégie afin de limiter son exposition aux fluctuations des marchés. Elle est devenue un courtier travaillant non seulement pour les entreprises mais aussi pour les petits épargnants.

La firme est ainsi partie à l'assaut de jeunes millionnaires en rachetant en février, pour 900 millions de dollars, une société canadienne spécialisée dans la gestion des rémunérations de salariés et dirigeants à base d'actions.

La société en question, Solium Capital, s'adresse principalement aux start-up qui rémunèrent traditionnellement leurs fondateurs et premiers salariés en leur proposant des participations dans le capital.