La colère des épargnants a toutefois été entendue par la Cour constitutionnelle de Karlsruhe (photo). La plus haute juridiction allemande a donné trois mois à la Bundesbank pour justifier les rachats d'obligations souveraines opérés dans le cadre du PSPP, le principal programme de soutien de la BCE.
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La colère des épargnants a toutefois été entendue par la Cour constitutionnelle de Karlsruhe (photo). La plus haute juridiction allemande a donné trois mois à la Bundesbank pour justifier les rachats d'obligations souveraines opérés dans le cadre du PSPP, le principal programme de soutien de la BCE. A défaut, la Bundesbank devrait céder les 534 milliards d'euros de titres accumulés. Ce qui pourrait remettre en cause l'ensemble du programme dont la validité juridique repose sur l'achat proportionnel de titres de tous les Etats de la zone euro. Ce jugement pourrait aussi déclencher de nouvelles plaintes visant d'autres mesures comme le récent " programme d'achats d'urgence face à la pandémie " doté de 750 milliards d'euros. La BCE perdrait ainsi un de ses principaux leviers d'action : l'assouplissement quantitatif. L'institution ne s'est toutefois pas laissé abattre et a assuré qu'elle poursuivait ses mesures de soutien. On l'imagine d'ailleurs mal arrêter ses programmes dans le contexte actuel. Or, le risque existe. Les conséquences seraient incommensurables comme à chaque fois que le bricolage juridique européen est mis en cause. Il ne faut dès lors pas s'étonner que les investisseurs internationaux exigent une prime de risque quand ils misent sur l'Europe. Une prime de risque qui se reflète sur la valeur de tous les actifs européens, qu'ils soient cotés ou non, et rend la diversification géographique incontournable.