Mais ces déboires avaient ensuite attiré l'attention des analystes sur la réelle santé de l'économie chinoise. Les craintes d'une récession de la deuxième (voire la première) économie mondiale avaient alors fini par faire dévisser la plupart des indices mondiaux. Heureusement, l'histoire s'est bien terminée : grâce à la stabilisation de l'économie chinoise (à grand renfort de mesures monétaires et budgétaires) le regard des investisseurs s'est rapidement tourné vers d'autres risques et d'autres opportunités.
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Mais ces déboires avaient ensuite attiré l'attention des analystes sur la réelle santé de l'économie chinoise. Les craintes d'une récession de la deuxième (voire la première) économie mondiale avaient alors fini par faire dévisser la plupart des indices mondiaux. Heureusement, l'histoire s'est bien terminée : grâce à la stabilisation de l'économie chinoise (à grand renfort de mesures monétaires et budgétaires) le regard des investisseurs s'est rapidement tourné vers d'autres risques et d'autres opportunités. Tout ceci ne semblait donc plus qu'une anecdote lorsque, à l'automne 2015, le Fonds monétaire international (FMI) a officiellement décidé de faire entrer la monnaie chinoise dans son panier de devises (le DTS, sa monnaie internationale). L'entrée officielle n'aura lieu qu'un an plus tard, en novembre 2016, mais le signal était clair : la monnaie chinoise entrait dans la cour des grands. Pourtant, si le poids international de la Chine est indéniable sur le plan du commerce de biens et services, les choses sont plus complexes sur le plan financier : même si les montants en jeu sont énormes, les marchés financiers et monétaires y sont encore très encadrés ou même hermétiques. Ouvrir les marchés financiers au reste du monde et y appliquer une régulation conforme aux standards internationaux était d'ailleurs une demande explicite de la part du FMI. L'inclusion du yuan dans le DTS devait être perçue comme un encouragement de l'institution internationale à accélérer l'ouverture de la finance chinoise au reste du monde. Les autorités chinoises ont effectivement ouvert plusieurs brèches pour faciliter l'accès des investisseurs étrangers. Ce fut le cas notamment au niveau des marchés boursiers. En réponse, la société de services financiers MSCI vient d'accepter l'entrée de 222 valeurs chinoises dans son indice de référence des pays émergents. Ce n'est pas anodin, dans la mesure où les indices MSCI sont utilisés par les fonds d'investissement comme benchmark ou sont simplement suivis par des fonds passifs. L'inclusion des actions chinoises dans l'indice de référence (certes à faible dose, on parle de 0,7 % de l'indice) devrait dès lors inciter tous ceux qui suivent l'allocation régionale de cet indice à prendre des positions dans les marchés chinois. Le rappel de ces quelques événements révèle deux choses. D'une part, il est normal que le développement de l'économie chinoise s'accompagne d'une modernisation de sa sphère financière et monétaire. L'influence internationale de la Chine grandissant, sa monnaie étant amenée à devenir une monnaie clé sur le plan international, on ne peut s'étonner que les échanges financiers entre la Chine et le reste du monde soient également en pleine expansion. Peut-être que certains investisseurs y verront même de belles opportunités et un nouvel eldorado. Mais d'autre part, on ne peut s'empêcher de garder à l'esprit le côté obscur de la sphère financière chinoise. Les fluctuations brutales des marchés boursiers et les mesures radicales prises pour les contrer en 2015 doivent rester dans les mémoires. Les interconnexions, les garanties mutuelles entre entreprises, les émissions de dettes à court terme sur le marché intérieur à des taux très élevés pour financer des acquisitions dans le reste du monde (qui faisaient encore la une du Financial Times vendredi dernier), la croissance mirobolante du crédit et l'opacité qui entoure le financement de l'économie doivent susciter la prudence. D'autant plus que l'ouverture de cette sphère au reste du monde nous fait inévitablement porter une part du risque qu'elle représente. Le développement économique de la Chine au cours des 20 dernières années est incroyable. Cette économie continue d'offrir, tant sur le plan commercial que financier, des opportunités formidables. Mais l'histoire nous montre aussi que le développement d'une économie est marqué par des crises et par des maladies de jeunesse. Ignorer ce fait sous prétexte que la Chine est le nouvel eldorado augmentera inévitablement l'impact mondial des crises que vivra la Chine.