Si sa nomination, décidée par Joe Biden, est confirmée par le Sénat, elle deviendrait la première femme noire à siéger parmi les gouverneurs de la puissante Réserve fédérale.

"Mes convictions ont été façonnées par mon enfance à Milledgeville, en Géorgie (sud-est). C'était le sud déségrégationiste, et les deux côtés de ma famille faisaient la promotion d'un changement non violent aux côtés d'un ami de la famille, le révérend Martin Luther King", a-t-elle raconté jeudi, lors de son audition devant la commission bancaire du Sénat.

Fille d'un aumônier baptiste et d'une professeure en école d'infirmiers, elle porte d'ailleurs sous l'oeil droit la cicatrice physique du racisme, après avoir été attaquée, enfant, alors qu'elle fréquentait une école auparavant réservée aux élèves blancs.

Elle "a été l'un des premiers enfants noirs à intégrer son école publique, et a passé sa vie à briser les barrières raciales et de genre", a salué le sénateur de Géorgie Raphael Warnock, lors de cette même audition.

Dans sa région natale, plutôt que d'autoriser aux Noirs l'accès aux piscines publiques, celles-ci étaient détruites. Cela a conduit Mme Cook à observer dans ses travaux les conséquences de cette discrimination, qui, explique-t-elle, a ralenti l'ensemble de la société, pas seulement les victimes directes de l'injustice.

"Mes propres recherches démontrent, par exemple, comment la violence liée à la haine peut réduire le niveau et la croissance à long terme de l'économie américaine", écrivait-elle en 2020 dans une chronique du New York Times.

- Combler des lacunes à la Fed -

Lisa Cook a fait partie des conseillers économiques de la Maison Blanche à l'époque de Barack Obama, mais aussi dans l'équipe de transition de Joe Biden.

Cette professeure d'économie et de relations internationales à l'Université d'Etat du Michigan a consacré une grande partie de ses recherches aux cicatrices économiques jusque-là non mesurées de la discrimination sur la capacité de production de la plus grande économie du monde.

Diplômée en économie de l'Université d'Oxford et titulaire d'un doctorat de l'Université de Californie à Berkeley, elle parle cinq langues, dont le français et le russe. Elle est également spécialisée en économie du développement international, ayant travaillé sur des sujets comme le redressement du Rwanda après le génocide de 1994.

"Cette expérience m'a convaincue de l'énorme responsabilité qu'ont les économistes", raconte-t-elle dans une vidéo publiée sur le site internet de son université, où elle souligne son intérêt pour les sources de données non traditionnelles: "il est absolument vital de poser les bonnes questions et de rechercher les bonnes données".

La directrice générale de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) Ngozi Okonjo-Iweala a salué sa nomination à la Fed.

"Vous avez besoin de quelqu'un qui comprenne ce que (la politique monétaire) signifie à l'échelle des personnes ordinaires, pour ramener l'économie et la politique là où cela a un impact. Et c'est là que Lisa a ce don de pouvoir chevaucher les deux mondes", a-t-elle souligné, citée dans le Wall Street Journal. Le quotidien précise que les deux femmes se connaissent à titre personnel et professionnel depuis une vingtaine d'années.

L'expérience de Lisa Cook comblera "d'énormes lacunes" dans les rangs de la Fed, qui est "en retard" dans la reconnaissance des coûts des inégalités, a déclaré à l'AFP l'économiste en chef de Grant Thornton, Diane Swonk.

Sa nomination a bien fait grincer quelques dents, dans les rangs républicains notamment. Mais rien de nouveau pour Lisa Cook, qui, dans des interviews, a déclaré que les économistes masculins l'ont souvent découragée de poursuivre une carrière dans la profession.

David Wessel, expert en politique monétaire à la Brookings Institution, a rejeté les critiques concernant ses qualifications, déplorant "une caricature". Il s'attend à ce qu'elle soit confirmée par le Sénat.

En ce qui concerne la politique monétaire, elle apportera, certes, une nouvelle perspective, mais elle suivra probablement le mouvement insufflé par le président de l'institution Jerome Powell, alors que la Fed se prépare à relever les taux d'intérêt plusieurs fois cette année, a souligné David Wessel.

Si sa nomination, décidée par Joe Biden, est confirmée par le Sénat, elle deviendrait la première femme noire à siéger parmi les gouverneurs de la puissante Réserve fédérale."Mes convictions ont été façonnées par mon enfance à Milledgeville, en Géorgie (sud-est). C'était le sud déségrégationiste, et les deux côtés de ma famille faisaient la promotion d'un changement non violent aux côtés d'un ami de la famille, le révérend Martin Luther King", a-t-elle raconté jeudi, lors de son audition devant la commission bancaire du Sénat.Fille d'un aumônier baptiste et d'une professeure en école d'infirmiers, elle porte d'ailleurs sous l'oeil droit la cicatrice physique du racisme, après avoir été attaquée, enfant, alors qu'elle fréquentait une école auparavant réservée aux élèves blancs.Elle "a été l'un des premiers enfants noirs à intégrer son école publique, et a passé sa vie à briser les barrières raciales et de genre", a salué le sénateur de Géorgie Raphael Warnock, lors de cette même audition.Dans sa région natale, plutôt que d'autoriser aux Noirs l'accès aux piscines publiques, celles-ci étaient détruites. Cela a conduit Mme Cook à observer dans ses travaux les conséquences de cette discrimination, qui, explique-t-elle, a ralenti l'ensemble de la société, pas seulement les victimes directes de l'injustice."Mes propres recherches démontrent, par exemple, comment la violence liée à la haine peut réduire le niveau et la croissance à long terme de l'économie américaine", écrivait-elle en 2020 dans une chronique du New York Times.Lisa Cook a fait partie des conseillers économiques de la Maison Blanche à l'époque de Barack Obama, mais aussi dans l'équipe de transition de Joe Biden.Cette professeure d'économie et de relations internationales à l'Université d'Etat du Michigan a consacré une grande partie de ses recherches aux cicatrices économiques jusque-là non mesurées de la discrimination sur la capacité de production de la plus grande économie du monde.Diplômée en économie de l'Université d'Oxford et titulaire d'un doctorat de l'Université de Californie à Berkeley, elle parle cinq langues, dont le français et le russe. Elle est également spécialisée en économie du développement international, ayant travaillé sur des sujets comme le redressement du Rwanda après le génocide de 1994."Cette expérience m'a convaincue de l'énorme responsabilité qu'ont les économistes", raconte-t-elle dans une vidéo publiée sur le site internet de son université, où elle souligne son intérêt pour les sources de données non traditionnelles: "il est absolument vital de poser les bonnes questions et de rechercher les bonnes données".La directrice générale de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) Ngozi Okonjo-Iweala a salué sa nomination à la Fed."Vous avez besoin de quelqu'un qui comprenne ce que (la politique monétaire) signifie à l'échelle des personnes ordinaires, pour ramener l'économie et la politique là où cela a un impact. Et c'est là que Lisa a ce don de pouvoir chevaucher les deux mondes", a-t-elle souligné, citée dans le Wall Street Journal. Le quotidien précise que les deux femmes se connaissent à titre personnel et professionnel depuis une vingtaine d'années.L'expérience de Lisa Cook comblera "d'énormes lacunes" dans les rangs de la Fed, qui est "en retard" dans la reconnaissance des coûts des inégalités, a déclaré à l'AFP l'économiste en chef de Grant Thornton, Diane Swonk.Sa nomination a bien fait grincer quelques dents, dans les rangs républicains notamment. Mais rien de nouveau pour Lisa Cook, qui, dans des interviews, a déclaré que les économistes masculins l'ont souvent découragée de poursuivre une carrière dans la profession.David Wessel, expert en politique monétaire à la Brookings Institution, a rejeté les critiques concernant ses qualifications, déplorant "une caricature". Il s'attend à ce qu'elle soit confirmée par le Sénat.En ce qui concerne la politique monétaire, elle apportera, certes, une nouvelle perspective, mais elle suivra probablement le mouvement insufflé par le président de l'institution Jerome Powell, alors que la Fed se prépare à relever les taux d'intérêt plusieurs fois cette année, a souligné David Wessel.