Jusqu'ici, la BCE appliquait un taux négatif de -0,4% aux liquidités déposées par les banques auprès de leur banque centrale nationale. L'idée est de dissuader plus fortement les banques de laisser leur excès de trésorerie auprès de la banque centrale, pour les encourager plutôt à les prêter aux ménages et aux entreprises. Cela avait un coût pour les banques, estimé par Eric Dor à 7,090 milliards d'euros annuels pour les banques de la zone euro et environ 248 millions d'euros par an pour les banques belges (soit environ 85 banques comprenant les banques purement belges, les filiales de droit belge de banques étrangères et les succursales belges de banques étrangères).

Le 12 septembre, la BCE a notamment décidé de faire passer son taux de dépôt de -0,4 à -0,5%. Cela devrait augmenter le coût pour les banques mais la BCE a décidé dans le même temps de mesures, assez techniques (système dit de "tiering"), d'atténuation des conséquences de ces taux négatifs. Avec cette nouvelle donne, "le coût direct annuel du taux négatif à -0,5% avec 'tiering' peut maintenant être estimé à 5,561 milliards d'euros pour les banques de la zone euro. Pour les banques belges, le coût direct annuel du taux négatif à -0,5% avec 'tiering' peut être estimé approximativement à 167 millions", calcule l'économiste de l'Université catholique de Lille. Le gain annuel des nouvelles mesures est donc approximativement de 1.529 millions d'euros pour l'ensemble des banques de la zone euro et de 81 millions pour les banques belges.

"Bien sûr ces estimations sont sous l'hypothèse d'un bilan statique. En réalité, la reprise des achats nets du QE (le "quantitative easing", le programme de rachat de dette par la BCE, NDLR) pour 20 milliards d'euros par mois va mécaniquement augmenter les liquidités déposées par les banques auprès de leurs banques centrales nationales de l'Eurosystème, et éroder ainsi une partie du gain", nuance Eric Dor.