L'objet de ces investigations est pourtant le même: l'ingérence russe dans l'élection présidentielle de 2016, qu'a remportée M. Trump. Les démocrates détiennent la majorité à la chambre basse du Congrès, ce qui leur donne des pouvoirs d'enquête, notamment la faculté d'exiger la transmission des données confidentielles.

Deux commissions de la Chambre des représentants travaillent de concert sur ces questions et les finances du président républicain: celles du Renseignement et des Affaires financières.

Dans le cadre de son enquête sur "les allégations d'une possible influence étrangère sur le processus politique américain, la commission du Renseignement (...) a envoyé des injonctions à plusieurs institutions financières, (...) y compris une injonction non comminatoire envoyée à Deutsche Bank, qui coopère", a indiqué Adam Schiff, président de cette commission, dans un communiqué transmis à l'AFP.

La présidente des Affaires financières, Maxine Waters, a précisé qu'elle enquêtait sur les liens financiers de Donald Trump, sans plus de précisions.

"L'utilisation potentielle du système financier américain à des fins illicites est très préoccupante. La commission des Affaires financières étudie ces questions, y compris toutes celles qui pourraient impliquer le président et ses associés, aussi méticuleusement que possible en accord avec ses prérogatives de contrôle", a-t-elle déclaré dans un communiqué.

"Deutsche Bank est engagée dans un dialogue productif" avec les deux comités, a signalé une porte-parole de la banque allemande. "Nous restons engagés à fournir les informations pertinentes à toutes les enquêtes autorisées, en accord avec nos obligations légales".

Ces demandes interviennent alors que le rapport du procureur spécial Robert Mueller sur les soupçons de collusion entre Moscou et l'équipe de campagne de Donald Trump sera rendu public jeudi.

Le ministre de la Justice Bill Barr avait transmis le 24 mars une lettre de quatre pages résumant le rapport Mueller, selon laquelle ce dernier avait conclu qu'il n'existait pas de preuve d'une entente entre l'équipe de Donald Trump et la Russie en 2016.

Deutsche Bank est l'une des seules grandes banques occidentales à avoir continué à prêter de l'argent à l'empire de M. Trump après la mise en faillite de plusieurs de ses casinos dans les années 1990, aboutissant à des créances aujourd'hui évaluées à 330 millions de dollars.