4% de l'ensemble des paiements électroniques ont été effectués sans contact en Belgique en 2018. À première vue, cela peut paraître très marginal. Pourtant, la pratique commence à rentrer dans les habitudes des Belges. Entre octobre 2017 et octobre 2018, Worldline, le service de paiement et de transaction, a enregistré sept fois plus de transactions sans contact. D'un nombre de 600.000 l'année dernière, elles ont atteint les 4,3 millions cette année.

Pour le détail, 3,7% des paiements via Bancontact l'ont été sans contact, contre 3,1 pour Maestro. Le taux grimpe quand on se penche sur les cartes de crédit : 8% pour Visa comme pour MasterCard.

Beaucoup de Belges n'ont certes pas encore pris le réflexe d'effectuer leurs transactions via le paiement sans contact. Pourtant, celui-ci n'est pas réservé à quelques cartes privilégiées. Vous ne le savez peut-être pas, mais vous possédez probablement ce système de paiement sur votre carte. Sur les 16 millions d'entre elles que compte notre pays, 6,2 millions sont équipées du système.

Même si l'extrême majorité des paiements se font encore avec contact, plus de 90% des terminaux en Belgique sont tout de même équipés de la technologie sans contact.

Worldline nous apprend que ce système est surtout utilisé pour les petits montants. En octobre de cette année, 10 % de toutes les transactions Bancontact jusqu'à 5 euros l'étaient sans contact. Plus les montants sont élevés, au plus le recours au paiement sans contact est évité : 6,4% des paiements entre 5 et 10 euros, 3,1% entre 10 et 20 euros et à peine 0,7% pour les montants supérieurs à 25 euros.

Par rapport à d'autres pays européens, la Belgique reste largement minoritaire dans le recours au système sans contact. La moitié des transactions du continent se font sans contact (souvent, encore une fois, pour des petits montants) et atteignent même les 90% en République tchèque. Aux Pays-Bas, c'est 51% des paiements qui sont effectués sans contact.

"Les banques ont commencé plus tôt que chez nous à introduire cette technologie, qui a été lancée en 2015 dans les deux cas. Et le pays a maintenant 4 à 5 ans d'avance sur nous", analyse Henri Dewaerheijd, directeur de Mastercard en Belgique et au Luxembourg.

Contrairement à nos voisins Hollandais, les banques belges ont massivement investi dans le numérique. On peut par exemple aujourd'hui payer sans contact avec sa montre Garmin et les applications mobiles telles que Google Pay et Belfius, qui permettent même de se passer de sa carte en plastique.

Mais les Belges restent encore très méfiants du système. À raison ?

"Le risque de fraudes avec le sans contact n'est pas plus élevé qu'avec une carte et un code PIN"

Comment expliquer que cette pratique soit encore si peu utilisée par les Belges ? Méconnaissance, voire peur ? L'argument de la sécurité revient en tout cas régulièrement. Comme l'expliquait MasterCard en novembre, la société s'attend à un essor constant des paiements sans contact quand les appréhensions des consommateurs auront été apaisées. Mais les craintes de ces derniers étaient-ils justifiées ?

"Il faut déconstruire les mythes qui l'entourent, insiste Henri Dewaerheijd. Il n'est par exemple pas possible de voler de l'argent en approchant un terminal d'une carte (se trouvant dans une poche) à l'insu de son propriétaire, assure-t-il. Pour que ce soit possible, le fraudeur devrait en effet tout d'abord obtenir un terminal de paiement, et donc obligatoirement s'enregistrer comme commerçant. En cas de fraude, il serait donc directement identifié. Par ailleurs, pour que la transaction s'opère, le terminal devrait être à moins de 4 cm de la carte de paiement, ce qui rend la manoeuvre plus compliquée."

De plus, le paiement sans contact est assorti d'une série de mesures de sécurité qui lui sont propres, comme la demande de PIN pour les achats supérieurs à 25 euros ainsi que de manière aléatoire pour confirmer votre identité. "Le risque de fraudes avec le sans contact n'est pas plus élevé qu'avec une carte et un code PIN", assure le directeur de Mastercard. On est même mieux protégé qu'avec l'argent en cash, à le croire. "Si une transaction s'est faite sans votre consentement, que vous pouvez prouver que vous avez été prudent et que vous avez directement averti Card Stop, alors vous serez couverts par votre organisme de paiement." Aujourd'hui, 63% des transactions se font toujours en cash en Belgique.

Maxime Defays (avec Belga).

4% de l'ensemble des paiements électroniques ont été effectués sans contact en Belgique en 2018. À première vue, cela peut paraître très marginal. Pourtant, la pratique commence à rentrer dans les habitudes des Belges. Entre octobre 2017 et octobre 2018, Worldline, le service de paiement et de transaction, a enregistré sept fois plus de transactions sans contact. D'un nombre de 600.000 l'année dernière, elles ont atteint les 4,3 millions cette année.Pour le détail, 3,7% des paiements via Bancontact l'ont été sans contact, contre 3,1 pour Maestro. Le taux grimpe quand on se penche sur les cartes de crédit : 8% pour Visa comme pour MasterCard.Beaucoup de Belges n'ont certes pas encore pris le réflexe d'effectuer leurs transactions via le paiement sans contact. Pourtant, celui-ci n'est pas réservé à quelques cartes privilégiées. Vous ne le savez peut-être pas, mais vous possédez probablement ce système de paiement sur votre carte. Sur les 16 millions d'entre elles que compte notre pays, 6,2 millions sont équipées du système. Même si l'extrême majorité des paiements se font encore avec contact, plus de 90% des terminaux en Belgique sont tout de même équipés de la technologie sans contact.Worldline nous apprend que ce système est surtout utilisé pour les petits montants. En octobre de cette année, 10 % de toutes les transactions Bancontact jusqu'à 5 euros l'étaient sans contact. Plus les montants sont élevés, au plus le recours au paiement sans contact est évité : 6,4% des paiements entre 5 et 10 euros, 3,1% entre 10 et 20 euros et à peine 0,7% pour les montants supérieurs à 25 euros.Par rapport à d'autres pays européens, la Belgique reste largement minoritaire dans le recours au système sans contact. La moitié des transactions du continent se font sans contact (souvent, encore une fois, pour des petits montants) et atteignent même les 90% en République tchèque. Aux Pays-Bas, c'est 51% des paiements qui sont effectués sans contact."Les banques ont commencé plus tôt que chez nous à introduire cette technologie, qui a été lancée en 2015 dans les deux cas. Et le pays a maintenant 4 à 5 ans d'avance sur nous", analyse Henri Dewaerheijd, directeur de Mastercard en Belgique et au Luxembourg. Contrairement à nos voisins Hollandais, les banques belges ont massivement investi dans le numérique. On peut par exemple aujourd'hui payer sans contact avec sa montre Garmin et les applications mobiles telles que Google Pay et Belfius, qui permettent même de se passer de sa carte en plastique.Mais les Belges restent encore très méfiants du système. À raison ?"Le risque de fraudes avec le sans contact n'est pas plus élevé qu'avec une carte et un code PIN"Comment expliquer que cette pratique soit encore si peu utilisée par les Belges ? Méconnaissance, voire peur ? L'argument de la sécurité revient en tout cas régulièrement. Comme l'expliquait MasterCard en novembre, la société s'attend à un essor constant des paiements sans contact quand les appréhensions des consommateurs auront été apaisées. Mais les craintes de ces derniers étaient-ils justifiées ?"Il faut déconstruire les mythes qui l'entourent, insiste Henri Dewaerheijd. Il n'est par exemple pas possible de voler de l'argent en approchant un terminal d'une carte (se trouvant dans une poche) à l'insu de son propriétaire, assure-t-il. Pour que ce soit possible, le fraudeur devrait en effet tout d'abord obtenir un terminal de paiement, et donc obligatoirement s'enregistrer comme commerçant. En cas de fraude, il serait donc directement identifié. Par ailleurs, pour que la transaction s'opère, le terminal devrait être à moins de 4 cm de la carte de paiement, ce qui rend la manoeuvre plus compliquée."De plus, le paiement sans contact est assorti d'une série de mesures de sécurité qui lui sont propres, comme la demande de PIN pour les achats supérieurs à 25 euros ainsi que de manière aléatoire pour confirmer votre identité. "Le risque de fraudes avec le sans contact n'est pas plus élevé qu'avec une carte et un code PIN", assure le directeur de Mastercard. On est même mieux protégé qu'avec l'argent en cash, à le croire. "Si une transaction s'est faite sans votre consentement, que vous pouvez prouver que vous avez été prudent et que vous avez directement averti Card Stop, alors vous serez couverts par votre organisme de paiement." Aujourd'hui, 63% des transactions se font toujours en cash en Belgique.Maxime Defays (avec Belga).