Entre 2016 et 2020, 3.805 milliards de dollars ont été accordés à des producteurs d'énergie fossile par ces établissements, selon une étude réalisée par six organisations écologiques et publiée en mars.

Et, malgré une baisse des financements de 9% l'an dernier du fait de la pandémie de Covid-19, "le niveau de 2020 reste supérieur à celui de 2016, l'année qui avait suivi l'adoption de l'Accord de Paris", tancent les auteurs.

Dans le détail, les plus gros financeurs sont les établissements américains, JP Morgan, Citi, Wells Fargo et Bank of America en tête.

Si les banques françaises arrivent derrière, elles ont toutefois augmenté leurs financements de cette filière, de 19% par an en moyenne entre 2016 et 2020.

Quant aux critères pour exclure les pétrole et gaz non conventionnels, adoptés de manière plus ou moins stricte selon les établissements, ils souffrent presque tous d'une rédaction imparfaite.

"Il est certain qu'aujourd'hui nous n'en faisons pas assez mais, petit à petit, nous allons resserrer les mailles", promet un haut cadre d'une grande banque française.

"Le secteur bancaire a globalement été lent à modifier ses pratiques commerciales et à agir pour assumer ses responsabilités en matière de changement climatique", souligne auprès de l'AFP Simon Webber, gérant actions internationales chez le gestionnaire d'actifs Schroders. Parmi les bons élèves, il cite le singapourien DBS et le norvégien DNB.

- "Engagement très fort" -

Cependant, "nous observons une hausse des réallocations de ressources par les banques vers les actifs durables, à un rythme de 15% par an depuis 2012, une tendance qui devrait être amenée à s'accélérer", nuance Sébastien Lacroix, directeur associé au cabinet de conseil McKinsey.

Les instruments financiers durables, comme l'émission d'obligations vertes, ont ainsi atteint un record en 2020 avec 655 milliards de dollars.

Du côté des promesses, "il se passe beaucoup de choses et nous voyons une mobilisation forte du secteur", se réjouit Lionel Aré, directeur associé du Boston Consulting Group (BCG) et responsable au niveau monde des sujets finance responsable.

Lancée il y a un an, la "Net-Zero Banking Alliance", qui vise la neutralité carbone d'ici à 2050, regroupe aujourd'hui plus de 80 groupes représentant environ 40% des actifs du secteur.

Même dans certains pays comme les Etats-Unis, le Canada et l'Australie, où la prise de conscience des enjeux climatiques a parfois pu prendre plus de temps, les grandes banques sont en train de combler leur retard, relève M. Lacroix.

JP Morgan, premier financeur des énergies fossiles, a ainsi rejoint début octobre la "Net-Zero Banking Alliance", tout comme Wells Fargo et les six plus grandes banques canadiennes.

- Une accélération insuffisante? -

Ces engagements sont cependant loin de convaincre les ONG qui exigent l'arrêt immédiat des financements de nouveaux projets d'énergie fossile.

Tandis que l'Agence internationale de l'énergie a jugé indispensable l'arrêt de l'exploration pour atteindre l'objectif d'un réchauffement de 1,5 degré à la fin du siècle, comparé à la période pré-industrielle, les banques et leurs soutiens font valoir que ce n'est pas réaliste.

"Quel est le bon niveau d'exploration qu'il faut maintenir pour qu'on arrive à gérer la transition (tout en évitant une crise énergétique)? C'est un sujet très compliqué", s'interroge Lionel Aré.

De plus, en arrêtant de financer des industries très polluantes, "on pourrait perdre des opportunités de modernisation et de décarbonation, même partielle, d'actifs très émetteurs de carbone que des entreprises n'auraient pas les moyens de remplacer", ajoute M. Lacroix.

Est-ce à dire que ces deux injonctions contradictoires, sécuriser l'approvisionnement énergétique et ne pas exploiter de nouveaux gisements, rendent impossibles la réussite de l'Accord de Paris? A cette question, plusieurs banquiers et spécialistes bottent en touche.

"Sur le climat, les choses évoluent. (...) Est-ce que cela sera pour autant suffisant? Aujourd'hui, je ne peux pas répondre à cette question", résume un haut responsable.

Entre 2016 et 2020, 3.805 milliards de dollars ont été accordés à des producteurs d'énergie fossile par ces établissements, selon une étude réalisée par six organisations écologiques et publiée en mars. Et, malgré une baisse des financements de 9% l'an dernier du fait de la pandémie de Covid-19, "le niveau de 2020 reste supérieur à celui de 2016, l'année qui avait suivi l'adoption de l'Accord de Paris", tancent les auteurs.Dans le détail, les plus gros financeurs sont les établissements américains, JP Morgan, Citi, Wells Fargo et Bank of America en tête.Si les banques françaises arrivent derrière, elles ont toutefois augmenté leurs financements de cette filière, de 19% par an en moyenne entre 2016 et 2020.Quant aux critères pour exclure les pétrole et gaz non conventionnels, adoptés de manière plus ou moins stricte selon les établissements, ils souffrent presque tous d'une rédaction imparfaite."Il est certain qu'aujourd'hui nous n'en faisons pas assez mais, petit à petit, nous allons resserrer les mailles", promet un haut cadre d'une grande banque française."Le secteur bancaire a globalement été lent à modifier ses pratiques commerciales et à agir pour assumer ses responsabilités en matière de changement climatique", souligne auprès de l'AFP Simon Webber, gérant actions internationales chez le gestionnaire d'actifs Schroders. Parmi les bons élèves, il cite le singapourien DBS et le norvégien DNB.- "Engagement très fort" -Cependant, "nous observons une hausse des réallocations de ressources par les banques vers les actifs durables, à un rythme de 15% par an depuis 2012, une tendance qui devrait être amenée à s'accélérer", nuance Sébastien Lacroix, directeur associé au cabinet de conseil McKinsey. Les instruments financiers durables, comme l'émission d'obligations vertes, ont ainsi atteint un record en 2020 avec 655 milliards de dollars.Du côté des promesses, "il se passe beaucoup de choses et nous voyons une mobilisation forte du secteur", se réjouit Lionel Aré, directeur associé du Boston Consulting Group (BCG) et responsable au niveau monde des sujets finance responsable.Lancée il y a un an, la "Net-Zero Banking Alliance", qui vise la neutralité carbone d'ici à 2050, regroupe aujourd'hui plus de 80 groupes représentant environ 40% des actifs du secteur.Même dans certains pays comme les Etats-Unis, le Canada et l'Australie, où la prise de conscience des enjeux climatiques a parfois pu prendre plus de temps, les grandes banques sont en train de combler leur retard, relève M. Lacroix.JP Morgan, premier financeur des énergies fossiles, a ainsi rejoint début octobre la "Net-Zero Banking Alliance", tout comme Wells Fargo et les six plus grandes banques canadiennes.- Une accélération insuffisante? -Ces engagements sont cependant loin de convaincre les ONG qui exigent l'arrêt immédiat des financements de nouveaux projets d'énergie fossile.Tandis que l'Agence internationale de l'énergie a jugé indispensable l'arrêt de l'exploration pour atteindre l'objectif d'un réchauffement de 1,5 degré à la fin du siècle, comparé à la période pré-industrielle, les banques et leurs soutiens font valoir que ce n'est pas réaliste."Quel est le bon niveau d'exploration qu'il faut maintenir pour qu'on arrive à gérer la transition (tout en évitant une crise énergétique)? C'est un sujet très compliqué", s'interroge Lionel Aré.De plus, en arrêtant de financer des industries très polluantes, "on pourrait perdre des opportunités de modernisation et de décarbonation, même partielle, d'actifs très émetteurs de carbone que des entreprises n'auraient pas les moyens de remplacer", ajoute M. Lacroix.Est-ce à dire que ces deux injonctions contradictoires, sécuriser l'approvisionnement énergétique et ne pas exploiter de nouveaux gisements, rendent impossibles la réussite de l'Accord de Paris? A cette question, plusieurs banquiers et spécialistes bottent en touche."Sur le climat, les choses évoluent. (...) Est-ce que cela sera pour autant suffisant? Aujourd'hui, je ne peux pas répondre à cette question", résume un haut responsable.