Il faut corriger la "perception négative" de "certaines catégories de la population" qui voient le secteur bancaire "comme un organisme ne recherchant qu'un profit immédiat et sans risque", a dit le souverain dans un discours prononcé à l'ouverture de la session parlementaire à Rabat. "Cette représentation est justifiée par des faits, tels que le difficile accès des jeunes entrepreneurs au crédit, le faible accompagnement des diplômés et des petites et moyennes entreprises", a souligné le monarque. "Clé de voûte de toute stratégie de développement", les banques se concentrent sur les grandes entreprises et les investissements à l'étranger, notamment en Afrique, a-t-il dit.

Insistant sur la "responsabilité sociale" du secteur financier, le roi a souhaité une "implication plus vigoureuse dans la dynamique de développement", pour accompagner les "activités génératrices d'emploi et d'insertion socioprofessionnelle". "Les efforts de l'Etat ne suffisent pas", a-t-il dit.

Le chômage, qui a légèrement baissé en 2018 de 10,2% à 9,8%, touche de plein fouet les jeunes urbains et les diplômés, avec un taux qui "croît avec le niveau de qualification", selon les dernières statistiques officielles.

Plus de quatre jeunes urbains sur dix (43,2%) âgés de 15 à 24 ans sont au chômage. Le chômage concerne 3,4% de ceux sans aucun diplôme et 17,2% des diplômés, selon la même source.

En phase avec sa volonté d'ouvrir une "étape nouvelle" pour corriger les profondes inégalités persistant dans son pays après vingt ans de règne, le roi a aussi appelé les députés à répondre "aux préoccupations des citoyens".

Dans son dernier rapport, la Banque mondiale estime que près du quart des 35 millions de Marocains peuvent "être considérés comme pauvres ou menacés de pauvreté", jugeant ce nombre "étonnamment élevé".

Le gouvernement marocain table sur une croissance économique de 2,9% en 2019, en phase avec la baisse régulière enregistrée depuis la fin des années 2000 --la croissance s'établissait en moyenne autour de 4,8 % entre 2000 et 2008.

En juillet dernier, la Banque centrale marocaine analysait la situation de la croissance et de l'emploi comme une conséquence directe de "l'atonie de l'investissement privé".