"C'est le paradis des Bitcoiners", souligne ce quadragénaire, devenu célèbre pour avoir fait fortune en investissant toutes ses économies dans cette technologie créée il y a une quinzaine d'années, lors d'un entretien téléphonique avec l'AFP.

Après avoir radicalement changé de vie il y a cinq ans, ce père de famille a désormais posé ses valises dans le sud du Portugal, où il souhaite fonder le premier "crypto-village d'Europe", avec la construction initiale de 25 maisons destinées à accueillir des "bitcoiners" du monde entier.

Pour les investisseurs comme lui, "le Portugal est devenu très attractif en raison de l'absence de législation dans ce domaine", explique Susana Duarte, avocate au cabinet Abreu, qui connaît une demande croissante de la part d'étrangers voulant s'installer au Portugal pour ce motif.

Selon la loi portugaise, les transactions en cryptomonnaies (bitcoin, ethereum, solana, dogecoin, etc.) "ne sont pas imposables" car elles ne sont pas considérées comme des devises ou des actifs financiers, selon un avis rendu par l'administration fiscale en 2016.

Les particuliers n'ont pas à s'acquitter de la TVA ou d'impôts sur les plus-values lors de leurs achats et ventes d'actifs, et seules les activités professionnelles rémunérées en crypto-actifs sont taxées.

Fiscalité "très coulante"

A l'instar de Malte notamment, le Portugal fait ainsi exception en Europe, au moins pour l'instant, car le gouvernement de Lisbonne, un exécutif socialiste reconduit en janvier dernier avec une majorité confortable, a reconnu qu'il devra finir par se pencher sur la question.

Jusqu'à nouvel ordre, sa position consiste à attendre l'adoption d'une "stratégie commune" au niveau européen, avait indiqué avant les élections le secrétaire d'Etat aux Affaires fiscales Antonio Mendonça Mendes à l'hebdomadaire Expresso.

"Le Portugal fait partie des destinations qui attirent les Européens, avec une fiscalité très très coulante pour la crypto. En revanche, on ne le conseille pas forcément car ce n'est pas une stratégie sur le long terme du gouvernement pour attirer les entreprises du secteur mais plutôt un vide légal", confirme un avocat fiscaliste basé à Londres, qui souhaite garder l'anonymat en raison de ses conseils à des fortunes en cryptomonnaies.

"Je parie que dans dix ans, la City sera plus clémente que le Portugal", ajoute-t-il alors que le Royaume-Uni est un des pays européens souhaitant devenir la patrie des cryptomonnaies sur le Vieux continent, le Trésor britannique ayant annoncé début avril plancher sur une nouvelle réglementation, plus souple, pour ce secteur.

Risque de "bulle"

"Le Portugal est devenu un paradis fiscal", regrette pour sa part Mariana Mortagua, députée du Bloc de gauche (extrême gauche), qui réclame une réglementation urgente.

"C'est difficile de justifier que d'autres actifs financiers soient imposés à hauteur de 28% environ et pas les cryptomonnaies", reconnaît par ailleurs Pedro Borges, responsable de Criptoloja, première plateforme de négociation d'actifs numérique enregistrée auprès de la Banque du Portugal.

S'inquiétant du fait que le marché des crypto-actifs a atteint la taille de celui des prêts hypothécaires à risque, à l'origine de la dernière grande crise financière, la Banque centrale européenne (BCE) a appelé à sa réglementation internationale.

Les régulateurs doivent "progresser plus rapidement" pour s'assurer que les crypto-actifs "ne déclenchent pas une frénésie de prise de risque anarchique", synonyme de "bulle", a affirmé cette semaine Fabio Panetta, membre du directoire de la BCE.

Mais, pour Didi Taihuttu et sa "bitcoin family", le Portugal commettrait "une erreur" s'il venait à modifier une législation qui, selon lui, offre une opportunité unique de développement.

D'après l'investisseur néerlandais, ce pays pourrait être le "centre névralgique" mondial des monnaies numériques pour les sociétés dans le secteur des blockchain, technologie au coeur de la création et de l'utilisation des cryptomonnaies.

"C'est le paradis des Bitcoiners", souligne ce quadragénaire, devenu célèbre pour avoir fait fortune en investissant toutes ses économies dans cette technologie créée il y a une quinzaine d'années, lors d'un entretien téléphonique avec l'AFP.Après avoir radicalement changé de vie il y a cinq ans, ce père de famille a désormais posé ses valises dans le sud du Portugal, où il souhaite fonder le premier "crypto-village d'Europe", avec la construction initiale de 25 maisons destinées à accueillir des "bitcoiners" du monde entier.Pour les investisseurs comme lui, "le Portugal est devenu très attractif en raison de l'absence de législation dans ce domaine", explique Susana Duarte, avocate au cabinet Abreu, qui connaît une demande croissante de la part d'étrangers voulant s'installer au Portugal pour ce motif.Selon la loi portugaise, les transactions en cryptomonnaies (bitcoin, ethereum, solana, dogecoin, etc.) "ne sont pas imposables" car elles ne sont pas considérées comme des devises ou des actifs financiers, selon un avis rendu par l'administration fiscale en 2016.Les particuliers n'ont pas à s'acquitter de la TVA ou d'impôts sur les plus-values lors de leurs achats et ventes d'actifs, et seules les activités professionnelles rémunérées en crypto-actifs sont taxées.Fiscalité "très coulante"A l'instar de Malte notamment, le Portugal fait ainsi exception en Europe, au moins pour l'instant, car le gouvernement de Lisbonne, un exécutif socialiste reconduit en janvier dernier avec une majorité confortable, a reconnu qu'il devra finir par se pencher sur la question.Jusqu'à nouvel ordre, sa position consiste à attendre l'adoption d'une "stratégie commune" au niveau européen, avait indiqué avant les élections le secrétaire d'Etat aux Affaires fiscales Antonio Mendonça Mendes à l'hebdomadaire Expresso."Le Portugal fait partie des destinations qui attirent les Européens, avec une fiscalité très très coulante pour la crypto. En revanche, on ne le conseille pas forcément car ce n'est pas une stratégie sur le long terme du gouvernement pour attirer les entreprises du secteur mais plutôt un vide légal", confirme un avocat fiscaliste basé à Londres, qui souhaite garder l'anonymat en raison de ses conseils à des fortunes en cryptomonnaies."Je parie que dans dix ans, la City sera plus clémente que le Portugal", ajoute-t-il alors que le Royaume-Uni est un des pays européens souhaitant devenir la patrie des cryptomonnaies sur le Vieux continent, le Trésor britannique ayant annoncé début avril plancher sur une nouvelle réglementation, plus souple, pour ce secteur.Risque de "bulle""Le Portugal est devenu un paradis fiscal", regrette pour sa part Mariana Mortagua, députée du Bloc de gauche (extrême gauche), qui réclame une réglementation urgente."C'est difficile de justifier que d'autres actifs financiers soient imposés à hauteur de 28% environ et pas les cryptomonnaies", reconnaît par ailleurs Pedro Borges, responsable de Criptoloja, première plateforme de négociation d'actifs numérique enregistrée auprès de la Banque du Portugal.S'inquiétant du fait que le marché des crypto-actifs a atteint la taille de celui des prêts hypothécaires à risque, à l'origine de la dernière grande crise financière, la Banque centrale européenne (BCE) a appelé à sa réglementation internationale.Les régulateurs doivent "progresser plus rapidement" pour s'assurer que les crypto-actifs "ne déclenchent pas une frénésie de prise de risque anarchique", synonyme de "bulle", a affirmé cette semaine Fabio Panetta, membre du directoire de la BCE.Mais, pour Didi Taihuttu et sa "bitcoin family", le Portugal commettrait "une erreur" s'il venait à modifier une législation qui, selon lui, offre une opportunité unique de développement.D'après l'investisseur néerlandais, ce pays pourrait être le "centre névralgique" mondial des monnaies numériques pour les sociétés dans le secteur des blockchain, technologie au coeur de la création et de l'utilisation des cryptomonnaies.