Autant dire que les rendements de nos livrets d'épargne ne vont pas s'améliorer. Et les banques commerciales auront beau jeu de dire qu'elles ne peuvent pas augmenter le taux qu'elles appliquent aux livrets, car il dépend lui-même du taux de la Banque centrale européenne, qui est à 0% depuis ce jeudi 10 mars !

Pourtant, les banques ne devraient pas abuser de cet argument pour tenter d'aller plus loin. C'est en soi un danger pour leur image. Même un journal économique comme l'Echo s'est fendu d'un éditorial contre l'attitude des banquiers qui veulent faire sauter le verrou du taux légal minimum de 0,11%. Prétextant qu'à cause des taux bas - voire négatifs - sur le marché, les marges des banques commerciales sont sous pression, ces banques demandent que le plancher pour la rémunération des livrets d'épargne ! Mais ce discours ne passe pas auprès des épargnants belges, car les banques qui tiennent ce discours sont les mêmes qui affichent des profits assez conséquents, écrivent encore mes confrères de l'Echo. Le sentiment diffus des citoyens est qu'après avoir sauvé les banques en 2008, le contribuable belge est à nouveau sollicité, mais cette fois-ci comme épargnant pour qu'il accepte une rémunération plus faible de son épargne.

Après avoir sauvé les banques en 2008, le contribuable a le sentiment d'être à nouveau sollicité, cette fois comme épargnant

Bien entendu, la réalité est plus complexe et les banquiers ont des arguments à faire valoir, mais le contribuable/épargnant n'est pas à l'écoute. L'épargnant belge, ou européen d'ailleurs, n'écoute pas, car il se sent légitimement coincé de toute part. Retirer son argent d'une banque pour le planquer sous son matelas ou dans son jardin n'a aucun sens, il sait qu'il perdra la garantie des 100.000 euros de l'Etat belge et mettra ses économies en danger de vol. Et s'il veut retirer son argent de ses comptes, cela lui prendra de toute façon du temps, car les préavis bancaires lui interdisent retirer plus de 5.000 euros par semaine - il faut compter un mois pour retirer 20.000 euros ! Louer un coffre-fort n'a pas beaucoup plus de sens: le prix pour un petit coffre tourne autour de 30 à 40 euros. Ce qui fait que l'épargnant a intérêt à y entasser un maximum de billets, car s'il n'y dépose que 10.000 euros par exemple, cela reviendrait à appliquer un taux négatif de 0,30%.

Et quand je vous dis que la BCE essaie de coincer l'épargnant, ce n'est pas un vain mot. Posez-vous la question de savoir pourquoi cette même BCE veut supprimer les billets de 500 euros ? Officiellement, c'est pour lutter contre le crime et le terrorisme. Mais les criminels utilisent aussi les routes et l'éclairage public, comme l'écrit souvent la sémillante Simone Wapler, et on ne compte pas les supprimer pour autant ! La réalité est donc plus prosaïque: les autorités monétaires sont en train d'euthanasier lentement, mais sûrement, l'épargnant pour qu'il n'épargne plus et se mette à consommer pour relancer la croissance.

Autant dire que les rendements de nos livrets d'épargne ne vont pas s'améliorer. Et les banques commerciales auront beau jeu de dire qu'elles ne peuvent pas augmenter le taux qu'elles appliquent aux livrets, car il dépend lui-même du taux de la Banque centrale européenne, qui est à 0% depuis ce jeudi 10 mars !Pourtant, les banques ne devraient pas abuser de cet argument pour tenter d'aller plus loin. C'est en soi un danger pour leur image. Même un journal économique comme l'Echo s'est fendu d'un éditorial contre l'attitude des banquiers qui veulent faire sauter le verrou du taux légal minimum de 0,11%. Prétextant qu'à cause des taux bas - voire négatifs - sur le marché, les marges des banques commerciales sont sous pression, ces banques demandent que le plancher pour la rémunération des livrets d'épargne ! Mais ce discours ne passe pas auprès des épargnants belges, car les banques qui tiennent ce discours sont les mêmes qui affichent des profits assez conséquents, écrivent encore mes confrères de l'Echo. Le sentiment diffus des citoyens est qu'après avoir sauvé les banques en 2008, le contribuable belge est à nouveau sollicité, mais cette fois-ci comme épargnant pour qu'il accepte une rémunération plus faible de son épargne.Bien entendu, la réalité est plus complexe et les banquiers ont des arguments à faire valoir, mais le contribuable/épargnant n'est pas à l'écoute. L'épargnant belge, ou européen d'ailleurs, n'écoute pas, car il se sent légitimement coincé de toute part. Retirer son argent d'une banque pour le planquer sous son matelas ou dans son jardin n'a aucun sens, il sait qu'il perdra la garantie des 100.000 euros de l'Etat belge et mettra ses économies en danger de vol. Et s'il veut retirer son argent de ses comptes, cela lui prendra de toute façon du temps, car les préavis bancaires lui interdisent retirer plus de 5.000 euros par semaine - il faut compter un mois pour retirer 20.000 euros ! Louer un coffre-fort n'a pas beaucoup plus de sens: le prix pour un petit coffre tourne autour de 30 à 40 euros. Ce qui fait que l'épargnant a intérêt à y entasser un maximum de billets, car s'il n'y dépose que 10.000 euros par exemple, cela reviendrait à appliquer un taux négatif de 0,30%.Et quand je vous dis que la BCE essaie de coincer l'épargnant, ce n'est pas un vain mot. Posez-vous la question de savoir pourquoi cette même BCE veut supprimer les billets de 500 euros ? Officiellement, c'est pour lutter contre le crime et le terrorisme. Mais les criminels utilisent aussi les routes et l'éclairage public, comme l'écrit souvent la sémillante Simone Wapler, et on ne compte pas les supprimer pour autant ! La réalité est donc plus prosaïque: les autorités monétaires sont en train d'euthanasier lentement, mais sûrement, l'épargnant pour qu'il n'épargne plus et se mette à consommer pour relancer la croissance.